Arborant des brassards rouges, une trentaine de personnes ont manifesté, mercredi après-midi, dans les locaux de la société immobilière Finasen située au quartier résidentiel de Mermoz. Ils accusent l’immobilier qui est promoteur du lotissement «Les Baobabs» dans la zone de Grand Mbao, en banlieue de Dakar, de n’avoir pas respecté les clauses du contrat qui les liait. «Nous courons, depuis plus d’un an, derrière l’eau et l’électricité», lance Oumar Sarr, une des têtes de file des manifestants. Durant une demi-heure, en tapant sur une large table, les protestataires ont assiégé la salle d’accueil de ladite société en criant : «Nous voulons de l’eau ! Nous voulons de l’électricité !».
A part une personne qui tentait de les calmer au hall de l’immeuble, aucun autre employé n’a voulu réagir, préférant rester dans les bureaux. Habillé d’un costume sombre, Oumar Sarr explique que Marc Alain Aldasoro, administrateur général de Finasen fait courir une vingtaine de familles derrière une promesse de leur fournir de l’eau et de l’électricité. «Jusqu’à présent, rien n’est réglé. Nous n’avons pas vu un réseau d’adduction d’eau et de branchement en électricité. Depuis plus d’un an, nous vivons ce calvaire de sans eau, ni électricité», affirme M. Sarr. Qui ajoute : «La société s’est fondée sur une publicité mensongère pour nous vendre des terrains». Sarr souligne ensuite que lui et ses voisins ont rencontré plusieurs fois Aldasoro et chaque fois, ce dernier leur dit que le problème est réglé.
De même, il ajoute que, entre le 23 et le 24 avril dernier, ils ont demandé à la société de leur accorder une audience pour discuter du problème. «S’il ne peut pas nous recevoir, il n’a qu’à appeler quelqu’un pour nous le notifier», dit-il. Toutefois, les manifestants n’envisagent pas de porter plainte contre le promoteur immobilier. «Parce que nous ne voulons pas aussi avoir les mains liées. Mais nous avons informé le sous-préfet et le maire de la commune d’arrondissement de Mbao», lance Oumar Sarr et ses voisins qui sont allés se plaindre auprès du commissaire du Point E qui leur a promis qu’il va, à son tour, rencontrer l’administrateur général de Finasen.
«L’électricité, c’est pour la Sénélec et l’eau, je répare»
Dans l’après-midi d’hier, l’administrateur de la société Finasen que Walfadjri est allé trouver à son bureau a apporté sa version des faits. Marc Aldasoro est catégorique concernant la fourniture en électricité: «Ce n’est pas chez nous qu’il faut revendiquer». Brandissant des documents administratifs, l’administrateur de Finasen explique que, avec la Senelec, son entreprise a procédé, le 05 novembre 2008, à une réception provisoire d’électrification. «La baisse de tension, la moyenne tension et tous les câbles, tout était sur le site», indique-t-il. Il signale que les travaux ont été certifiés conformes et sans vice apparent. Donc pour Aldasoro, la réception provisoire est prononcée à compter du jour où le constat a été fait. Pour prouver ce qu’il avance, Marc Aldosoro exhibe des lettres que son avocat a adressées à la Senelec et au ministère de l’Energie.
Quand la Senelec a réceptionné les travaux en 2008, dit-il, en ce moment, cela devient le patrimoine de la Senelec. «Vous ne touchez à rien. Vous ne pouvez pas vous brancher au réseau de la Senelec sans leur autorisation. Malgré les nombreuses démarches entreprises, la Senelec n’a pas pu procéder au raccordement du réseau sous terrain en moyenne tension au point de raccordement du réseau MT prévu à l’est du site en bordure de la route nationale», affirme Aldosoro. Aujourd’hui, il indique que la Senelec a tout changé et que c’est le problème de ladite société. «Je ne peux plus toucher car ça devient la propriété de la Senelec», dit-il tout en signalant qu’il avait lui-même mis le compteur de courant de sa société à la disposition des personnes qui ont construit dans le site.
Concernant la distribution de l’eau, l’administrateur de Finasen d’indiquer qu’il s’agit des ouvriers qui ont occasionné des dégâts sur les conduites d’eau. Toutefois, il souligne qu’il est sur le point de rétablir la situation d’ici quelque peu. Il a présenté un employé qui était sur le site, hier, pour mesurer les dégâts afin de réparer les conduites d’eau.
Baba MBALLO