Si l’on y prend garde, c’est une autre révolte des marchands ambulants qui risque de se produire. La présentation, hier, du projet de recasement des ambulants initié par le promoteur dudit projet la ville de Dakar s’est achevée en queue de poisson.
Entre les ambulants, la ville de Dakar et le promoteur Assane Fall, on ne parle plus le même langage. Les premiers sont très révoltés contre le second, chargé de la réalisation du centre commercial de recasement des marchands ambulants sis à la rue Félix Eboué. Les ambulants sont également très remontés contre la ville de Dakar qui veut coûte que coûte que les tabliers et ambulants libèrent la chaussée. Et cette situation de mécontentement s’est manifestée, hier, lors de la présentation du projet de recasement des ambulants à la presse. La rencontre s’est finalement terminée en queue de poisson. Avec comme conséquence le promoteur et les représentants de la ville rangés d’un côté. Et de l’autre côté, les ambulants qui ont manifesté leur mécontentement et leur étonnement à la presse.
A l’origine du problème, le pourcentage de 25 % représentant près de 300 000 francs Cfa, somme jugée on ne peut plus excessive par les ambulants et qu’ils doivent débourser d’ici 15 jours pour pouvoir bénéficier d’un local dans le centre commercial en construction. Mais également le nombre de cantines qui s’élèvent à près de 4 900 cantines jugés relativement bas par les ambulants. Le différend s’est aussi fait sentir sur le délai, jugé, par les ambulants, «trop court». Ce délai a été institué par l’équipe de Khalifa Sall pour entamer la construction de pavage des trottoirs. C’est un déguerpissement qui ne dit pas son nom que différentes organisations d’ambulants qui ont assisté à cette rencontre ont suspecté. Suffisant pour manifester leur mécontentement. D’où le cri de cœur qu’ils ont lancé à la presse : «Ça ne passera pas !». Ils comptent ainsi passer à la vitesse supérieure si la Ville de Dakar et le promoteur Assane Fall ne revoient pas la donne.
Du côté de la ville de Dakar, on dédramatise. Les deux adjoints du maire de Dakar, Cheikh Guèye et Pape Seck sont revenus sur les contours du projet. A en croire le deuxième adjoint de Khalifa Sall, Pape Seck, «la ville de Dakar n’a pas choisi le promoteur, ce sont les ambulants eux-mêmes qui l’ont choisi». Occasion saisie pour rappeler que la mairie de Dakar a entamé une politique visant à améliorer le cadre de vie de la ville de Dakar. C’est dans ce cadre, précise Seck, que la ville de Dakar s’est payé un terrain d’une valeur estimée à 2 milliards pour recaser les ambulants. Rappelant que la Ville n’est pas impliquée sur le choix du promoteur devant réaliser ledit projet, les adjoints de Khalifa Sall ont invité les ambulants à respecter leurs engagements avec le promoteur, Assane Fall. Ce dernier, pour sa part, n’est pas passé par quatre chemins pour asséner ses vérités. Le directeur du Mads a soutenu que les personnes recensées doivent mettre la main à la poche et libérer l’apport de 25 % (soit 300 000 Cfa) pour pouvoir achever la construction et livrer d’ici 4 mois le chantier pour que la mairie puisse démarrer la construction des pavages sur les trottoirs.
Magib GAYE