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Catégorie : Contributions
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Publié le vendredi 30 mars 2012 11:00
Lors du choix d'un nouveau pape, quand le conclave a procédé à son élection, on annonce au monde entier depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre l'expression latine habemus papam qui veut dire en français «nous avons un pape»! Nous dirons au Sénégal : «Nous avons un président ! Tellement il nous en a manqué. Une ère nouvelle s'ouvre au Sénégal; fini l'injustice, l'arrogance, les remaniements ministériels interminables, les tripatouillages de la Constitution, le règne de l'argent, la banalisation des institutions, la perte des valeurs etc. Enfin ! Il était plus que temps !
Nous pouvons être tranquilles, il n'y aura plus de divisions dans les familles religieuses, dans les familles tout court, plus de passeports diplomatiques indus. Ainsi, malgré les nombreux sacrifices d'animaux, la répression sanglante, les achats de conscience, ils ont été laminés partout au Sénégal ; ils sont partis, avec leur char à eau chaude, leurs gourdins et leurs matraques électriques. Le président sortant, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, a félicité le vainqueur ; le fossé était énorme, il ne pouvait rien faire d'autre, mais il a eu le temps de s'en prendre à l'opposition.
Diouf n'avait pas eu un tel comportement, il était parti sans rien dire, la tête haute. A quoi sert-il, d'ailleurs, de pleurnicher sur son sort ? Les Sénégalais ne lui pardonneront jamais tous ces morts par la faute de son entêtement. Le nouveau président n'a pas, dit-on, d'état de grâce. Mais, il devra s'atteler aux urgences : la réduction des denrées de première nécessité : «primum vivere», vivre d'abord. Ce sera au tour de la justice, qu'il faudra nettoyer, en donnant leur chance à tous «ces juges dont Wade ne voulait pas».
Il n'y aura pas de chasse aux sorcières encore une fois, mais il y aura forcément une chasse aux coupables, il faut donc surveiller de très près les frontières; déjà le président sortant commence à blanchir son fils sans qu'on ait rien dit. Prend-il les devants ou cherche-t-il une protection auprès des chefs religieux ? En tout cas, ce serait trop facile de s'en tirer à si bon compte et d'aller se la couler douce avec le fruit du labeur des Sénégalais. Ce serait un précédent dangereux. Le peuple exige la lumière. Il n'a rien géré, dit-il. Et les infrastructures, et l'Anoci, alors ? S'il a les mains propres, il n'a rien à craindre. C'est à la justice de le blanchir, pas à son papa.
Yatma DIEYE, professeur d'anglais, Rufisque
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