Après plusieurs années de léthargie, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (Omvg), organise sa 37e session ordinaire du Conseil des ministres à Dakar. Et place la question de l’énergie au cœur de ses projets. Il s’agit, selon le ministre délégué chargé de l’Energie, Ibrahima Sar, «de donner un coup d’accélérateur aux projets énergie de l’organisation». Ceux-ci sont constitués du barrage de Kaléta (sur le fleuve Konkouré en République de Guinée) et de celui de Sambangalou (sur la Gambie). De plus, la mise en place d’une ligne d’interconnexion de 1 700 km environ, permettra de transporter les 368 mégawatts produits par les deux ouvrages hydroélectriques sus-nommés, au bénéfice des 4 pays de l’organisation sous-régionale (Sénégal, Gambie, République de Guinée et Guinée-Bissau).
Le coût de réalisation de ces infrastructures est estimé à 946 millions d’euros. 542 millions d’euros, à titre d’intention de financement, ont déjà été enregistrés auprès des bailleurs de fonds, suite à des rencontres tenues en octobre passé. Le reste (348 millions d’euros) sera assuré par le secteur privé et d’autres partenaires au développement, tels que la Chine ou l’Inde. Et sur le plan technique, tout est fin prêt, selon Justino Vieira, secrétaire exécutif de l’Omvg. «Toutes les études ont été réalisées et les appels d’offres seront bientôt lancés», assure-t-il. Reste maintenant la question de l’adoption prochaine de la Convention de Kaléta.
Celle-ci doit permettre aux différents partenaires du projet (bailleurs, secteur privé), de procéder à son évaluation, un préalable à toute signature des conventions de financement. Ces ouvrages hydroélectriques vont jouer un rôle essentiel dans la résorption des déficits énergétiques auxquels ces pays sont confrontés. Ainsi le Sénégal disposera, à travers les barrages de Sambangalou (128 mégawatts) et de Kaléta (240 mégawatts), de 40 % de la production. Ce qui pourra profiter, en principe, au réseau non connecté (Casamance, Kédougou, Tambacounda…).
SIGNATURE DE LA CONVENTION DE KALETA
Quand la Guinée traîne les pieds
La construction du barrage de Kaléta, sur le fleuve Konkouré en Guinée, est l’un des projets-phares de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (Omvg). A côté de celui de Sambangalou (Guinée Bissau) et d’une ligne d’interconnexion de 1 700 km. Mais Kaléta (240 mégawatts) est aussi un enjeu important pour la Guinée. Et justement, selon une source proche du dossier, la signature de la Convention dite de Kaléta (préalable à toute signature des conventions de financement du projet), achoppe du côté guinéen, peu enclin à coopérer et partager ses ressources. Il est vrai que Kaléta n’est pas sous la juridiction de l’Omvg. Sur les 368 mégawatts générés par les deux barrages, la Guinée aura 40 %, la Gambie 12 % et la Guinée-Bissau 8%. Cependant, ce solo de la Guinée à peu de chances de réussir. Car, «les bailleurs de fonds, dans ce cas de figure, n’accepteront de financer que des projets d’intégration», prévient la même source.
A. Oury DIALLO