Des problèmes se posent si la productivité augmente et que la commercialisation n’est pas réglée. Le manager de la chaîne de valeur mil-sorgho du projet de croissance économique (Pca) de l’Usaid soutient, en effet, que les acheteurs sont là mais qu’il se pose un problème de vendeurs. Concernant la commercialisation des récoltes, il faut, avec la dispersion des producteurs, arriver à faire une consolidation pour que les commerçants soient intéressés. Les producteurs sont le maillon le plus faible de la chaîne. «Nous mettons en place un dispositif d’incitation des commerçants vers les producteurs», soutient ainsi Alioune Ndiaye.
Il sera aussi question pour le Pce d’amener les producteurs eux-mêmes à négocier dans les marchés. Ils devront d’abord, selon Ndiaye, comprendre les dispositions du commerce. La question des semences est un point stratégique selon le représentant du Pce. C’est pourquoi, dit-il, «nous en faisons une chaîne de valeur spécifique. Nous devons y travailler en considérant la productivité, la qualité et la question du marché. L’accès aux terres est un problème qui se pose à plusieurs niveaux. La vision c’est comment participer à la chaîne de valeur sans pour autant avoir de la terre. Au Sénégal nous avons des exploitations familiales. Il faut donc positionner les acteurs dans d’autres maillons pour qu’ils soient intégrés dans une chaîne et créer plus de valeur».
Pour ce qui est du matériel agricole, le Pce s’adapte, selon le manager de la chaîne de valeur mil-sorgho. Il y a pour les petits producteurs qui n’ont pas accès aux gros investissements et des artisans qui sont formés pour produire localement le matériel. Aussi, des stratégies sont développées pour intégrer chaque acteur à la situation qui équivaut à ses conditions.
Au-delà de l’aspect exploitation familiale, une nouvelle technique pleine d’espoir pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire a fait ses preuves. La conservation Farming ou agriculture de conservation est en effet l’outil mis sur pied par l’Agence américaine de développement internationale (Usaid). Il s’agit d’un système de production basé la conservation des sols, voire l’amélioration de leur potentiel productif en vue d’obtenir des rendements optimums et réguliers à des coûts de production réduits. C’est une opportunité pour les petits producteurs d’améliorer la production en vue de l’autosuffisance alimentaire. L’engrais simplement ne règle pas le problème. Selon le spécialiste en production agricole du programme Usaid Wula Nafaa, il faut soigner la terre pour arriver à un niveau record. Cela nécessite d’intervenir très tôt dans les champs pour capter l’eau qui permet à la terre d’être suffisamment humide. Aussi, avec la conservation farming, la terre capte assez d’eau pour prévenir les aléas climatiques.
Cette nouvelle technique utilise les herbes sèches des champs comme composte. En plus, les ordures ménagères sont valorisées et utilisées comme du fumier. Ce qui réduit de plus de 50 % l’usage d’engrais chimique. Le travail peut se faire sans une bonne pluviométrie et un matériel agricole moderne. Le ripper est un outil comme la daba qui permet de fertiliser le sol sans en altérer la structure. Des études comparatives effectuées sur des champs ont montré que le rendement doublait presque. Cette nouvelle technique, à Fatick par exemple, a permis une augmentation de 66 % en mil en 2011.
Awa THIAM
(Stagiaire)