Le gaz butane est, depuis quelques jours, introuvable dans plusieurs quartiers de la capitale sénégalaise. Les boutiques ont épuisé leurs stocks et ne voient point de livreurs. Les ménages, éprouvés par le manque de gaz butanes, se tournent vers d’autres combustibles.
Le gaz butane se fait rare à Dakar. Depuis le début du week-end dernier, plusieurs boutiques de la capitale, qui ont épuisé leurs stocks de gaz butane, n’ont pas reçu la visite des camions qui fournissent les bonbonnes.A la rue 4 de Bopp, sur quatre boutiques, une seule dispose encore de quelques bonbonnes de gaz ; la plupart des bouteilles de son stock étant vides. Adama, un boutiquier de la même rue, affirme ne pas avoir vu de livreurs depuis trois jours, même si la demande existe bien. Un peu plus de 100 mètres avant, un autre boutiquier, dit aussi ne pas avoir de gaz butane.
Allongé devant sa boutique, un homme de la quarantaine, lui n’est pas au courant de la pénurie. Il explique, en effet, que la voiture qui les ravitaille est passée ce matin mais, le stock livré par celle-ci est épuisé. Si dans ce quartier de Dakar le gaz butane était introuvable, à la Cité port des Hlm, par contre, deux vendeurs ont encore des bonbonnes de gaz arrimés dans leurs boutiques. Dans un autre lieu de Dakar, aux Hlm Fass plus précisément, trois boutiquiers se sont pleins de la pénurie de gaz butane. L’un d’entre eux soutient que depuis une semaine il n’en a pas vendu.
A la rue 10 de Grand Dakar, Lamine lui a reçu une livraison dans la matinée du lundi, mais, vers 17 heures, le même jour, les clients ont tout acheté. Ce boutiquier affirme que le fournisseur a du même réduire la quantité commandée sous prétexte que c’est la limite du possible. Un autre boutiquier du même quartier allègue que c’est l’Etat qui retient le gaz butane. «Avec la diminution des prix, les fournisseurs retiennent le gaz butane» a-t-il soutenu.Trois autres boutiquiers de Grand Dakar aussi n’ont pas le combustible devenu luxueux depuis quelques jours.
A la station du rond point liberté 6, à 21heures le dépôt de gaz était quasi fermé. Les vendeurs se tenaient devant la porte. Le camion qui distribue d’habitude les bouteilles de gaz aux boutiques et autres usagers était stationné devant le dépôt, vide. Selon Niass, un des vendeurs, depuis 6 heures du matin, ils sont à la tâche.
Il renchérit : «Les usagers sont venus faire le rang devant le dépôt de gaz butane pour s’offrir le produit». A son avis, la pénurie du butane est causée par le retard de bateaux qui l’amène chez nous. Séance tenante, une dame de la trentaine débarque. Vêtue d’une robe noire et d’un foulard, elle est toute en sueur et supplie le vendeur qui s’apprête à fermer de lui céder une bonbonne de gaz butane. Cette résidente des Hlm où le combustible est introuvable informe qu’elle est obligée depuis la pénurie de se rabattre sur le charbon de bois pour la cuisine, même si ce combustible aussi est trop cher. Un homme lui qui est venu en voiture repart déjà, il s’est offert le précieux combustible.
Awa THIAM
(Stagiaire)