Le Pds n’est pas encore sorti de l’auberge. Après les frondeurs de «Bokk Guiss guiss», c’est au tour des responsables libéraux de Thiès, comme l’ancien ministre, Moustapha Sourang, de marquer leur désintérêt par rapport au parti de Wade. S’ils n’ont pas du tout quitté comme le député Abdoulaye Dramé, l’ancien baron socialiste et néo-libéral Mbaye Diouf ainsi que Bacar Diagne.
(Correspondance) - Wade devra faire sans la cité du rail pour les prochaines élections législatives. Ses soldats sont en train de quitter la troupe. A commencer par le «capitaine» Moustapha Sourang qui a gelé ses activités politiques au niveau de l’ancienne formation au pouvoir. Celui qui fut, tour à tour, ministre de l’Education, ministre de la Justice, ministre d’Etat auprès du président de la République, puis ministre d’Etat, ministre des Forces armées, dit ne plus manifester aucun engagement pour les prochaines élections législatives. Une façon implicite de dire qu’il rendait à son mentor toutes les responsabilités politiques dont il avait la charge tant au niveau communal que départemental.
L’ancien ministre d’Etat qui se définit comme un «souteneur» et non comme un militant du Pds dit tirer les conséquences de la décision de Wade qui avait libéré ses soutiens des Fal2012, au lendemain de la présidentielle, pour se concentrer sur son propre parti. Si ce n’est pas un lâchage en règle de la part de Sourang, cela y ressemble fort.
Comme s’ils s’étaient donné le mot, le mandataire départemental de Wade à Thiès a été suivi par le responsable moral et financier de la Génération du concret à Thiès, Bacar Diagne. Ce dernier qui ne jurait que par Wade et son fils Karim a, en effet, fait face à la presse, la semaine dernière, pour déclarer sans sourciller qu’il quittait la barque libérale pour rejoindre la nouvelle majorité. «Je ne suis d’aucune couleur, je travaille pour la nation et par conséquent, j’accompagne le pouvoir».
C’est presque cette version que le député libéral Mbaye Diouf a servie samedi dernier à ses militants et sympathisants. Celui qui fut l’argentier du Parti socialiste jusqu’en 2000 puis fervent défenseur du libéralisme jusqu’à la chute de son régime vient de déposer ses armes et bagages chez le nouveau tenant du pouvoir, Macky Sall.
Et pour expliquer son acte, il dira simplement n’avoir jamais été un socialiste encore moins un libéral. «Ce sont des chefs d’Etat qui avaient sollicité mon soutien. Je les ai soutenus avec mon mouvement jusqu’au bout». Mais, fait-il remarquer, «ces président, je les ai accompagnés sans jamais rien demander en contrepartie.
J’ai accompagné Abdou Diouf pendant 12 ans et il ne m’a jamais rien donné. Avec Abdoulaye Wade, le poste de député que j’occupe c’est le peuple qui me l’a donné». Mbaye Diouf de faire savoir à ses militants que, à partir de ce jour, eux et lui vont travailler à la réussite de la mission du nouveau président, Macky Sall. A cette vague de départs s’ajoute celui du député Abdoulaye Dramé. Un pur produit du Pds qui est l’un des rares sinon le seul responsable libéral de la cité à avoir fait toutes les instances du parti, de l’Utl à la section adulte, en passant par le Conseil consultatif. Un départ qui l’a, certes, éloigné des chemins menant vers Macky Sall, mais, pour le rapprocher de la coalition And Bokk Guiss Guiss où se retrouvent ses «frères» dissidents conduits par le président du Sénat Pape Diop. Laquelle coalition se réclame malgré tout du Pds.
Ces défections, à n’en point douter, vont sensiblement affaiblir la formation libérale et son leader Abdoulaye Wade à Thiès. Surtout quand on sait qu’à la veille de la présidentielle, le ministre d’Etat directeur de cabinet politique du président de la République, Abdou Fall, avait quitté le navire pour travailler autour d’un mouvement dit «Andou Nawle». Un mouvement qui, lui aussi, entend s’investir pleinement dans les législatives qui s’annoncent. Aussi ne serait-il pas hasardeux de dire que, dans la cité du Rail, la formation libérale est en pleine zone de turbulence sans personne au gouvernail.
Sidy DIENG