Le gouvernement du Sénégal a tenu, ce jeudi, sa première réunion du Conseil des ministres décentralisée dans la ville tricentenaire. Figurent dans les mesures qui sont sorties de cette réunion la création d’un Institut de supérieur d’enseignement professionnel dans la région de Thiès.
(Correspondance) - La région de Thiès va disposer d’un institut supérieur d’enseignement professionnel. Le Conseil des ministres, qui s’est réuni ce jeudi à Saint-Louis, a examiné et adopté le projet de décret portant création et fixant le statut et les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Institut. Le ministre porte-parole du gouvernement a rapporté, lors de la conférence de presse tenue ce jeudi au Conseil régional, la demande de mise en œuvre rapide du Projet de développement touristique de Saint-Louis d’un coût de 15,5 milliards Fcfa, formulée par le président Macky Sall.
Il en est de même, entre autres, pour l’exploitation du complexe agropole de Mpal dans les meilleurs délais et de plusieurs autres projets de développement de la région concernant la sécurité alimentaire dans le département de Podor. La construction des routes Richard Toll-Ndioum et Ndioum-Ourossogui, ainsi que les études et la réalisation de la route de désenclavement de l’Ile à Morphil, de Diatar à Saldé, sont également demandées par le président de la République.
Pour le secteur de la santé, le président de la République a invité le ministre chargé de la Santé à renforcer le contrôle par l’Etat et les collectives locales de la performance des établissements sanitaires. Le président de la République a également mis l’accent sur la nécessité d’asseoir une «gouvernance sécuritaire» de proximité en étudiant la mise en place d’un cadre réglementaire pour des contrats locaux de sécurité entre les collectivités locales, les forces de sécurité et les autorités territoriales.
Le président de la République a, également, insisté sur l’obligation pour l’Etat d’être économe dans la gestion des ressources. Ce, en vue de disposer de moyens suffisants susceptibles de faire face aux préoccupations et besoins multiples et légitimes des Sénégalais. Et à cette fin, le chef de l’Etat a instruit le Premier ministre de procéder au recensement des effectifs réels de l’Administration publique et des postes budgétaires du personnel y associés pour, entre autres, optimiser la répartition et l’utilisation des ressources humaines.
Selon le ministre porte-parole du gouvernement, le port de pêche sera lié à la réalisation d’un port minéralier pour l’exploitation du phosphate, sur instruction du président de la République. Macky Sall a procédé, au cours de ce conseil à six nominations individuelles. C’est ainsi Mouhamadou Mounirou Sy, titulaire d’un Doctorat en Droit public, a remplacé Ndèye Abibatou Youm Diabé Siby à la tête du Bureau sénégalais du droit d’auteur (Bsda). L’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (Anej) dispose aussi d’un nouveau patron, à l’image de Birame Faye, expert en management. Il remplace, ainsi, Abdou Khafor Touré.
SERIGNE MBAYE THIAM SUR LA DELOCALISATION DU CONSEIL MINISTERIEL : «C’est un coût à la limite dérisoire»
Interpellé sur le coût que supporte l’Etat du Sénégal sur la délocalisation, le porte-parole du gouvernement s’est retenu de s’y avancer. Occultant le poids financier, Serigne Mbaye Thiam a préféré s’épancher sur l’importance de la décentralisation du Conseil des ministres. «C’est un coût à la limite dérisoire», dira-t-il. «Qu’est-ce ça coûte une nuit d’hôtel à Saint-Louis ?», s’est-il interrogé. Les Sénégalais ont besoin d’être en contact avec les gouvernants du pays, a-t-il soutenu. «Les populations du Sénégal méritent que la réunion du Conseil des ministres soit décentralisée pour être en proximité avec le gouvernement».
Le ministre porte-parole du gouvernement s’est, par ailleurs, prononcé sur les audits entamés par la justice. «J’entends des personnes dire qu’ils ne vont plus déférer à une convocation de la justice. Tous ceux qui sont convoqués sont présumés innocents», a-t-il daigné préciser. Rappelant que le Sénégal est un Etat de droit, le ministre précise que tout citoyen a le devoir de répondre à la justice. «On n’accuse personne. La justice n’a pas encore délivré d’acte d’accusation. On est au stade de l’enquête préliminaire. Il faut que les gens gardent leur calme et apportent des éléments de preuve qu’ils n’ont rien à se reprocher», ajoute-t-il.
Aïda Coumba DIOP