En plaçant la classe politique bissau-guinéenne face à ses responsabilités, la Cedeao n'imaginait sans doute pas que le Paigc, l'ancien parti au pouvoir avant le coup d'Etat du 12 avril, rejetterait toute forme de compromis. Or la direction du parti, favorable à Carlos Gomes Jr et Raimundo Pereira, les deux dirigeants évincés par la junte, vient d'affirmer qu'elle ne participerait pas à la transition.
Risque d’implosion au Paigc
Le parti assure que ses députés ne voteront pas pour élire un nouveau président de l'Assemblée destiné à devenir président de la transition comme le souhaite la Cedeao. Mais cette décision ne fait pas l'unanimité au sein du Paigc. L'aile dissidente, emmenée par Serifo Nhamandjo, s'est dite favorable au plan de sortie de crise proposé par les Etats d’Afrique de l'Ouest. Conclusion, le Paigc risque fort d'imploser dans les jours qui viennent, ce qui créerait une situation de confusion inédite.
Du même coup, cette crise interne laisse la voie ouverte au Parti de la rénovation sociale (Prs), le parti de l'opposant Kumba Yalla pour prendre la direction de la transition. Le Prs est la deuxième force politique à l'Assemblée nationale. Il pourrait donc décider, avec l'aile dissidente du Paigc, de choisir les dirigeants de la transition. Bien évidemment, toute solution qui ne s'appuierait pas sur un consensus aurait pour résultat de fragiliser gravement le processus de transition. Le Paigc ne l'ignore pas mais, manifestement, la politique du pire n'effraie plus personne à Bissau.
(Rfi)