Les Français viennent de tourner la page de Nicolas Sarkozy en élisant François Hollande. Ce dernier a obtenu 51,7 % des voix contre 48,3 % pour Nicolas Sarkozy. Un score qui peut évoluer puisque les résultats définitifs ne sont pas encore connus. Le ministère de l'Intérieur devait les donner hier tard dans la soirée d'autant plus que le dépouillement n'était pas encore terminé.
(Correspondant permanent à Paris) - Dans quatre jours, il reviendra au Conseil constitutionnel de rendre publics les résultats définitifs qui consacrent François Hollande, président de la République. Ce dernier a, selon les dernières estimations, obtenu 51,7 % des voix contre 48,3 % pour Nicolas Sarkozy. Sitôt élu, Hollande a promis «le redressement économique de la France frappée par la crise, la réduction de la dette qui a atteint plus de 500 milliards d'euros, la préservation du modèle social, l'égalité entre les territoires, la priorité éducative avec l'école de la République, l'exigence environnementale avec la transition énergétique...» Au niveau européen, il a encore répété son désir d'inclure dans le traité européen, le volet de la croissance qui permettra, selon lui, de lutter contre la crise.
Grandeur. Du côté de Nicolas Sarkozy, la défaite est consommée. Ce dernier a dit qu'il se fondra dans la masse française. Il l'a dit lors de son discours prononcé à la Mutualité, à Paris. «Au moment où je redeviens un Français parmi les Français, j'ai l'amour de mon pays. Jamais je ne pourrai vous rendre tout ce que vous m'avez donné», a déclaré Nicolas Sarkozy. Il s'est dit «bouleversé par tous les Français vus au cours de ces rencontres».
Pour calmer les Français et prévenir les éventuelles divisions qui pourraient miner son parti, l'Ump, Nicolas Sarkozy lance à ses militants et aux barons de son parti : «Donnons l'image d'une France rayonnante, démocratique, ouverte qui ne baisse pas la tête, d'une France qui a su gagner avec moi en 2007 et reconnaître en 2012 sa défaite, qui sait que la vie est faite de défaites et de succès, d'une France qui n'a pas de haine au cœur. Vous êtes la France éternelle, je vous aime.» Il dit assumer la défaite car, «quand il y a une défaite, c'est le numéro 1 qui en porte la responsabilité». Il insiste : «Quand on défend des valeurs, le seul moyen d'être crédible c'est de les vivre (...).
Laissez-moi la liberté de vivre selon ce que je pense et de dire ma part de vérité à la France. Dans cette nouvelle époque, je resterai des vôtres, vous pourrez compter sur moi mais ma place ne pourra plus être la même, mon engagement sera désormais différent», prévient-il. Le président sortant a appelé à respecter le prochain président. «Je ne serai jamais comme ceux qui nous ont combattus. J'ai eu François Hollande au téléphone et je veux lui souhaiter bonne chance. Je veux que la France réussisse à traverser les épreuves. Il y a quelque chose de plus grand que nous : notre patrie, la grandeur de la France et le bonheur des Français», a-t-il fait savoir.
Prévisible. Depuis au moins un an, on sentait venir la défaite de Nicolas Sarkozy. Il n'a pas pu faire face à la crise qui secoue l'Europe et notamment la France. Et l'une des conséquences, c'est l'augmentation persistante du chômage. A cette crise s'est ajouté le renoncement à certaines des promesses de 2007. Il avait promis d'être «le président du pouvoir d'achat», il est passé à côté. Son bouclier fiscal a été critiqué du fait qu'il était beaucoup plus en faveur des riches. Et la crise l'a obligé à le supprimer. Sans parler de son comportement jugé «arrogant», de ses expressions déplacées, de la célébration de sa victoire de 2007 au Fouquet's et de l'utilisation du yatch de Bolloré. A tout cela se sont ajoutées ses relations exécrables avec les corps intermédiaires, notamment les médias et les syndicats.
Moustapha BARRY