AIBD, encore un rendez-vous manqué

La sonnette d’alarme a été tirée à de nombreuses reprises sans faire fléchir la volonté du président SALL d’inaugurer et de mettre en service l’Aéroport international Blaise DIAGNE (AIBD) le 7 décembre 2017.

Comme si un grand marabout avait donné des indications sur cette date, le régime de Macky SALL s’y est cramponné. A l’arrivée, l’amateurisme qui un trait caractéristique de ce régime a été vendu au monde entier.

« Cette situation est la conséquence d’un mouvement de grève des contrôleurs aériensde l’Asecna (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar), déclenché vendredi à 00H01 GMT et avec un préavis jusqu’à 23H59 ». C’est en ces termes que le consortium  Limak-Aibd-Summa, gestionnaire de l’aéroport s’est justifié, après les nombreuses complaintes de passagers mis devant le fait accompli et abandonnés à leur propre sort au milieu de la nuit. «Il y a 600 personnes ici. Ils nous ont abandonnés comme des moutons. Est-ce que ça c’est normal », a vigoureusement réagi un passager sur les ondes de la BBC. Pour d’autres, c’est vers 3 h 30 qu’ils ont été « jetés » dans le hall de l’aéroport avec leurs bagages. Tant que cela se passait au Sénégal, le régime de Macky Sall pouvait toujours se cacher derrière la presse et continuer à tenter de noyer le poisson. Seulement, avec cette situation, c’est le monde entier qui est témoin de l’amateurisme des dirigeants du Sénégal. Le consortium  Limak-Aibd-Summa aura beau aller au casse-pipe, leur responsabilité dans cet échec est plus qu’engagée.

La preuve de la précipitation

« L’Aibd va ouvrir ses portes le 7 décembre 2017 », avait indiqué le gouvernement. Et, comme pour montrer qu’il maitrisait son sujet, il avait ajouté «à 12 heures ».   Le conseil des ministres du 11 octobre 2017 avait adopté le projet de décret portant ouverture à la circulation aérienne publique de l’Aéroport international Blaise Diagne(Aibd) le 7 décembre 2017. Présidant, le 31 octobre dernier, un Conseil interministériel consacré à l’Aéroport internationale Blaise Diagne (Aibd), le Premier ministre avait indiqué que tout était fin prêt. « L’enjeu pour nous tous, comme l’a souhaité le chef de l’Etat, c’est que Aibd réunisse toutes les conditions d’une mise en exploitation optimale, et ceci dès le 7 décembre, afin que Dakar renforce sa position de plaque tournante du système du transport aérien en Afrique », avait soutenu Mouhamad Boun Abdallah Dionne. Embouchant la même trompette, Maïmouna Ndoye Seck avait assuré que « les cuves de kérosène de l’Aibd sont aujourd’hui totalement prêtes. Elles sont en train d’être chargées pour permettre aux avions de s’approvisionner. Il reste juste les derniers audits à faire par les compagnies aériennes, ça c’est la norme». Ainsi, une grande fête est organisée. Et au rythme des tambours le président Macky Sall s’est gargarisé d’avoir inauguré un aéroport parmi les plus modernes d’Afrique. Seulement, à l’arrivée, la désillusion est immense, les problèmes nombreux. En effet, moins d’une semaine après l’inauguration et la mise en service du nouvel aéroport, la précipitation que les autorités ont niée s’est plus que précisée. A la place des cuves dont le ministre des Transports aériens et du Développement des infrastructures aéroportuaires avait assuré la finition et la fonctionnalité, ce sont des citernes  qui sont mobilisés pour ravitailler les avions. Conséquence de nombreuses compagnies, dont Air France, ont accusé des tours d’horloge de retard dans leur plan de vol. Et ce, quelques heures seulement après que le président Sall a coupé le ruban inaugural de l’aéroport.  Sa responsabilité dans cet échec mis à l’index, la ministre Maïmouna Ndoye Seck va, dès le lendemain, engager la justification. Selon elle, il n’y aucun manquement ni précipitation dans la livraison de l’aéroport.  C’était sans compter sur les aiguilleurs du ciel pour être démentie. Oubliés lors de la bamboula de l’inauguration, ils se sont signalés en décrétant un mot d’ordre de grève. Maintenant que des centaines de passagers sont laissées en rade, le gouvernement peut être assuré que ce fiasco inaugural va se savoir au-delà des frontières du Sénégal.

Avec le président Macky SALL qui est attendu à Dakar, après un séjour de plusieurs jours à l’étranger, le gouvernement ferait mieux de trouver une solution pour lui éviter un atterrissage en Gambie.

 

 

 

 

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