Aminata TOURE : «En politique, l’ambition n’est pas un délit, au contraire»

Le moment venu, elle en parlera. Mais, que personne ne compte sur Mimi pour regarder passer les trains. Après avoir invalidé une éventuelle 3ème candidature, l’ancienne Présidente du Cese se montre de plus en plus intéressée par le challenge.

Lentement mais sûrement, l’ancienne Présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) pose des actes qui laissent peu de doutes sur son ambition présidentielle. Et c’est par doses homéopathiques qu’elle s’y prend. «En ce qui me concerne, ce n’est pas la fin de l’histoire», a-t-elle déclaré dans une interview accordée à l’hebdomadaire panafricain basé à Paris, Jeune Afrique. Mais, à chaque chose son temps, semble-t-elle insinuer. Elle promet, en effet, d’en «parler en temps voulu». Ce, parce qu’elle veut rester cohérente avec elle-même. «J’ai déjà dit que ce débat me paraissait prématuré. Tant de défis se posent à nous, notamment avec cette pandémie, qu’on ne va pas faire de la politique du matin au soir pendant les trois prochaines années», dit-elle. Ce qui ne l’empêche pas de déblayer la voie. En quoi faisant ? En s’exprimant «sur des positions de principe» et en rassemblant «ses amis comme on le souhaite». Il y a une quinzaine de jours, l’ancien Premier ministre avait, au cours d’une conférence virtuelle, organisée par le NDI, exprimé son opposition au 3ème mandat, rappelant au passage que le président de la République du Sénégal en est à son second et dernier. Elle le réitère. «Je l’avais dit avant la réélection du Président Macky Sall et je l’ai redit avant d’être nommée au Cese. Puis à nouveau pendant que j’exerçais cette fonction et je vous le confirme aujourd’hui», persiste-telle dans Jeune Afrique. «Sur le continent, depuis que ce type de limitation est inscrit dans les Constitutions, 21 chefs d’Etat dans 14 pays ont quitté leur fonction du fait des dispositions sur la limitation des mandats», argumente-t-elle. «Macky Sall a assuré à plusieurs reprises qu’il ne briguerait pas un troisième mandat. Je n’ai fait que le rappeler. Les dispositions adoptées en 2016 sont d’ailleurs claires sur ce point il suffit de relire l’article 27 de la Constitution : +Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs+», a dit l’ancien Premier ministre qui ne fait plus mystère de son ambition. «En politique, l’ambition n’est pas un délit, au contraire. Dans un système concurrentiel, on ne reste pas assis à regarder passer les trains. Un politicien sans ambition, c’est un politicien qui ne vous dit pas la vérité. Bien sûr, encore faut-il que cette ambition ne soit pas dévorante et ne vous conduise pas à la déloyauté. Mais, elle est le signe qu’on souhaite passer à une étape ultérieure pour être encore plus utile au pays», ajoute-t-elle.

Nos confrères de Jeune Afrique n’ont pas manqué d’interpeller l’ancien ministre de la Justice sur les différents revers de l’Etat dans le dossier Karim Wade à Paris, Monaco, devant le Groupe de travail des Nations unies à Genève et devant le Comité arbitral de l’Onu. Sur ce, elle a rappelé son rôle dans ces affaires et renvoyé le reste à son ex-patron. «C’est le président de la République qui définit la politique judiciaire de l’Etat. Et son Garde des Sceaux – fonction que j’ai assumée – a pour mission de la mettre en œuvre. Nous avons d’abord utilisé les outils que nous avons trouvés en arrivant au pouvoir. Mais, j’avais moi-même préconisé d’opter pour un parquet financier qui absorberait la Crei», précise-t-elle. Même si elle dit assumer «sans ambages les décisions prises lorsque j’étais ministre de la Justice». Sur la mission de l’Inspection générale d’Etat (Ige) qui serait à ses trousses pour fouiner sa gestion au Cese, Mme Aminata Touré s’est voulu imperturbable. «Je ne vois aucun lien entre mon activité politique et cet exercice de bonne gouvernance. Nous verrons bien. Pour l’instant, je n’ai reçu aucune notification officielle d’une telle vérification que j’attends avec sérénité. Cet audit portera apparemment sur une période de sept années (alors que) moi-même j’ai été à la tête du Cese pendant 16 mois», fait-elle remarquer.

 

 

 

 

 

 

Ibrahima ANNE

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Rédacteur en chef de walfnet.com

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