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Le contexte difficile qui règne au Mali, voisin, depuis lundi a empêché les journalistes de ce pays à commémorer hier la Journée mondiale de la liberté de la presse. La préoccupation était ailleurs.
Les journalistes sénégalais ont célébré hier la Journée mondiale de la liberté de la presse en organisant des conférences sur divers plateaux à Dakar. Leurs confrères maliens n’ont pas eu cette chance. Hier, ils n’ont pas commémoré cette date du fait de la situation de guerre qui prévaut depuis lundi dans la capitale malienne. Vice-président de l’Association des journalistes sportifs du Mali, Alou Badra Aïdara du journal L’Indépendant, estime que la conférence prévue par sa structure a du être reportée jusqu’à mercredi prochain parce que la situation actuelle n’était pas propice à la fête. Joint au téléphone hier, il soutient qu’au Mali la journée de la liberté de la presse est passée sous silence. Même la Maison de la presse n’avait pas le cœur à ça. Même témoignage reçu de son confrère de L’Essor, Youssouf Doumbia.
«En faite nous vivons actuellement à Bamako une situation de guerre. Depuis lundi nous n'avons pas deux heures sans coups de feu qui retentissent çà et là. Aujourd'hui jeudi est la plus calme car du matin à maintenant on en a pas encore entendu des tirs (c’était hier vers 17 heures : Ndlr). Néanmoins, les gens sont sur le qui-vive. Les bérets rouges du 33e bataillon des commandos para, si beaucoup ont été tués, ou blessés, certains encore dans la nature sont recherchés à travers les rues de Bamako. Dans ce contexte, c'est plutôt une question de survie, on ne pense pas à une quelconque célébration, même s'il s'agit de la journée mondiale de la liberté de presse», soutient Doumbia.
Les journalistes de la télévision malienne restent chez-eux depuis lundi. Car, affirme Aïdara, «il leur a été demandé de ne pas venir jusqu’à nouvel ordre». «Les militaires ont évacué le personnel non essentiel de l'Ortm (la télévision publique malienne), en expliquant que la station publique de radio télévision est un enjeu énorme pour les assaillants», fait savoir Youssouf Doumbia. Les confrères maliens soutiennent que nullement la liberté d’exercer leur travail n’a été mis en danger.
«Nous faisons notre travail correctement, on a les informations dont on a besoin aussi bien du côté de la junte que des autorités de transition», confirme le confrère de L’Indépendant. Selon Doumbia, les militaires auraient reçu la consigne ferme de respecter les journalistes. «Chaque fois que tu brandis une carte de presse ou autre signe témoignant que tu es de la presse, soit les hommes en armes te laissent passer, soit ils te reconduisent poliment mais fermement», raconte-t-il.
Ainsi, les journalistes bénéficient d'une certaine liberté dans la recherche de l'information. «Quant au traitement, nous faisons différents sujets, cela ne dérange aucunement les militaires», mais ajoute notre confrère malien, «les décisions impopulaires de la Cedeao ont contribué à éveiller le sentiment de patriotisme et de nationalisme chez les maliens en général et particulièrement au niveau des hommes et femmes de média. Tous les éditorialistes tirent aujourd'hui sur cette organisation sous-régionale».
Ce contexte est par contre paradoxal, car il est très favorable à la presse écrite, constate-t-on. «Certains titres comme le nôtre (L'essor), des quotidiens privés que sont : Info-matin, L'Indépendant, Les Echos, le Républicain, entre autre, tous doublent leur tirage depuis quelques temps. Les lecteurs les achètent comme de petits pains tous les matins. Nous avons même vu des journaux, qui ne paraissaient pas renaître de leur cendres. Dans ce genre de situation, le public préfère acheter le journal que de continuer à recevoir des rumeurs, car on fait confiance à ce que nos confrères écrivent», exposent les confrères.
Fatou K. SENE