Chapitre 16 : Médine (Partie 1)

CHRONIQUE DE SIDI

 

Le Message du Tout-Puissant est destiné à l’Humanité toute entière. Mais, plusieurs années après la Révélation, il peinait à être entendu par les Mecquois. Les quelques prêches publics autorisés étaient loin de permettre au  prophète Mouhamed (PSL) de faire changer d’avis ses voisins. Le prophète Mouhamed (PSL) avait donné des indications claires sur une caravane qui avait quitté la Mecque en partance pour la Syrie, lors de sa mise à l’épreuve par Abou Jahl. Quand la caravane fut de retour, les Mecquois qui l’avaient entendu n’avaient aucun doute sur la véracité de ce qu’il leur avait dit. Mais, ils refusèrent de l’admettre.  Certains parlèrent de magie et d’autres de sorcellerie. Les quelques Mecquois qui croyaient en son message étaient persécutés, harcelés. Le Prophète qui voyait l’Islam tellement grand ne pouvait se satisfaire de cette situation. C’est pourquoi, les contacts qu’il avait eu avec les tribus Aws et Khazraj, l’encouragèrent à engager les convertis sur le chemin de l’exil. Il leur demanda de migrer vers Médine.

Yathrib  ou Médine  n’était pas une cité quelconque pour Mouhamed (PSL). Hashim, son ancêtre, un homme honnête, généreux, s’y était rendu, suivant  une voix intérieure et mystérieuse.  Il y trouva Salma qui allait devenir son épouse. Chayba, le premier enfant du couple, comme nous l’avons vu dans les chapitres précédents, a été amené à la Mecque par son oncle paternel, Al-Muttalib.  C’est ce dernier qui changea le nom Chayba en Abd al-Muttalib (serviteur d’Al-Muttalib) pour cacher l’identité de l’enfant.  C’est à Yathrib  où le père de Mouhamed (PSL), Abdullah fils d’Abd al-Muttalib, avait rendu l’âme, atteint d’une maladie. C’est au retour de Yathrib,  où elle était partie en voyage qu’Amina, mère de Mouhamed (PSL), a été rappelée à Dieu. Une cité fondamentalement symbolique pour le Prophète. Al-Madīna al-Munawwara n’était pas jusqu’alors «la ville illuminée». Contrairement à la Mecque à laquelle le Prophète était particulièrement attaché. La cité centre du monde ! Celle-là que le prophète Ibrahim (PSL) avait bénie en y érigeant, avec Ismaël (PSL), la Ka’ba.  Le prophète Mouhamed (PSL) ne pouvait quitter la Mecque de gaité de cœur. Les circonstances l’incitèrent, le Seigneur le détermina.

A Médine, c’était l’effervescence. On avait hâte de voir celui qui était présenté comme le Dernier envoyé de Dieu. Les émissaires des Aws et des Khazraj, qui avaient rencontré le Prophète, avaient réussi, en quelque temps, à véhiculer ce qu’ils avaient reçu du Prophète. Très vite, beaucoup de Médinois se convertirent sans même voir Mouhamed (PSL). En outre, il y avait beaucoup des disciples du Prophète qui s’y étaient rendus comme on le leur avait recommandé. Par tous les moyens et sans préparation préalable, ceux-ci avaient bravé le désert pour rallier Médine.  L’Islam s’était accaparé de Médine, ou plutôt Médine s’était accaparé de l’Islam.

A la Mecque, le départ pressenti du Prophète inquiétait plus qu’il ne soulageait les nobles mecquois. Ce qui se passait à Médine était parvenu à leurs oreilles attentives au sujet. Ils entrevoyaient un danger pouvant venir de cette cité voisine où les rangs des partisans de Mouhamed (PSL) s’allongeaient de plus en plus. Pris dans leurs conjectures, ils décidèrent d’empêcher au prophète de rallier Médine. Une assemblée se réunit et les propositions se succédèrent. Certains trouvaient qu’il fallait l’emprisonner, le jeter au fond d’un cachot pour susciter l’oubli. D’autres proposèrent de l’exiler, de le sortir de la Mecque. Deux suggestions rejetées. Les deux cas étaient profitables à Mouhamed (PSL), avaient-ils conclu. Le mettre en prison, c’est en faire un symbole en mesure d’allonger les rangs de ses partisans qui pourraient faire de sa libération une raison de prendre les armes. L’exiler, c’est le jeter dans les bras des Médinois qui ne guettaient que de sa venue. Quelqu’un ajouta que Mouhamed (PSL) était un orateur hors pair qui n’aurait aucune peine à endoctriner les Médinois et à les monter contre eux. Une troisième proposition fut faite. Il fallait l’assassiner, un moyen radical et définitif. Mais qui le ferait, au risque de s’attirer la colère de tous ses partisans ? L’esprit maléfique de Satan leur inspira un meurtre collectif. Ils s’entendirent sur cette dernière proposition qui trouva l’assentiment des plus sceptiques. Ainsi, il était convenu que chaque tribu envoyasse un guerrier  et que tous ensemble, ils portassent un coup de sabre à Mouhamed (PSL).  De cette façon, ils pensaient tenir le moyen de n’engager la responsabilité d’aucun homme et d’aucune tribu dans cette forfaiture qui ne pouvait leur coûter qu’une indemnisation collective.

Ses partisans étaient, pour l’essentiel, partis. Mouhamed (PSL) était quasi esseulé dans une Mecque hostile. Ses nombreux et puissants ennemis s’apprêtaient à agir…

 

 

A lire chaque vendredi

Par Sidi Lamine NIASS

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