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Chapitre 3 : Rencontre

CHRONIQUE DE MAREME

 «L’amour n’est qu’un désir, l’honneur un devoir», Pierre Corneille.

 

 

Partie Ibou

Je me demande ce que je fais ici ? C’est la première fois que je viens dans ce resto qui a ouvert ses portes il n’y a pas longtemps. Depuis le temps que Magouné (mon meilleur ami) m’y invite, je n’ai jamais été assez chaud pour y venir. Même si le décor est pas mal et l’endroit convivial, je ne veux pas me rabaisser à fréquenter les restaurants de banlieue même si j’y habite. D’ailleurs je ne sais vraiment pas pourquoi papa a acheté une maison ici. À défaut d’Almadie ou Hann-mariste, il aurait pu acheter une maison à Point E ou Sacré-Cœur. Mais non, monsieur est trop pingre.

Certaines filles  sont venues m’aborder mais je les ai à peine répondus. Moi sortir avec une crasseuse ? Jamais. Je n’ai pas réfléchi deux fois quand Magouné m’a demandé de le rejoindre. Mais c’est surtout parce que j’avais besoin de sortir pour faire redescendre ma colère. Si je suis énervé jusqu’au cou c’est parce que Sacha vient de me fausser compagnie après m’avoir chauffé presque un mois entier. Shiipp, si elle croit qu’avec ça, elle va me retenir, elle se goure. Sacha est une cousine éloignée. Je m’étais juré de ne pas chasser sur le terrain familial mais quand j’ai vu Sacha pour la première fois, toutes mes résolutions se sont envolées. Cette fille est une vraie bombe avec un teint caramel, des yeux marron, une forme de guêpe…. Tout en elle est classe et fashion juste ce que j’aime et pour couronner le tout, elle est fliquée. Elle est revenue de Dubaï il y a deux mois ou elle était hôtesse de l’air dans une compagnie aérienne.  Sa maman est la cousine et meilleure amie de la mienne alors je vois ou elles veulent en venir. Dans ma tête, hors de question que je me marie de suite, je n’ai que 28 ans. Devant les mamans, Sacha est une sainte nitouche mais il suffit que l’on soit seule pour qu’elle se jette sur moi. Moi tout ce que je veux c’est prendre du bon temps, tirer de bon coup et pourquoi pas quelques sous. J’étais même prêt à écarter mes petites conquêtes quelque temps pour elle et voilà qu’elle joue aux filles difficiles. A qui d’autre pif. Trois semaines que je n’ai pas touché une femme et se soir alors que je pensais qu’on allait conclure, elle se retire à la dernière minute. Elle va me payer ça.

Magouné (ton taquin) : Alors halé bou rew (enfant gâté) ? On chercher toujours ?

Moi (prenant le verre qu’il me tend) : Je n’ai encore rien trouvé de consommable. Allons à Almadie, ici on perd du temps waye.

Magouné (regardant son portefeuille) : Tu as combien sur toi ?

Moi (grimace) : J’ai oublié mon Calpé à la maison.

Magouné (visage fermé) : Damalay nokhe dé (je te casse la gueule). Tu m’as confondu à tes go ou quoi ?

Moi (ricanant) : La banlieue te change, tu es devenu vulgaire, en plus….

Magouné (me coupant) : Regarde les minettes qui viennent d’entrer. Pas mal non. Je me tourne et vois deux jeunes filles dont l’une semble hésiter à entrer. Mon premier réflexe est toujours de regarder les formes. Hum j’adore, et quand elle se met à marcher, le déhanchement de ses hanches me fait de suite rêver. Malgré sa robe bouffante, on devine aisément ses formes qui semblent être généreuses, beaucoup généreuse. Exactement ce qu’il me faut, niam niam.

Magouné : Pas la peine que je te demande laquelle tu choisis ? Tu les as toujours voulus bien potelé.

Moi : Djiguène dafaye toye (une femme doit avoir des formes) mais franchement, les filles de banlieue là ah.

Magouné : Moi je les préfère parce qu’avec elle tu n’as pas besoin de dépenser une fortune.

Moi : Tu m’as déjà vu payer quoi que ce soit pour une fille ?

Magouné : C’est vrai, j’ai oublié. Walay tu as de la chance d’être si beau. Rire général.

Mon regard croise celle de la jeune fille que je matais tout à l’heure.

Pas vraiment belle mais elle a un peu de charme. Elle continue de me fixer et je lui souris en lui faisant signe d’approcher. Elle regarde sa copine qui semble être aussi sous mon charme. Ha ces minettes, qu’est – ce que je vais faire avec elle ? Ma beauté va finir par faire des victimes de crises cardiaque. Oui je sais, je n’ai aucune modestie. Je plisse les yeux car la fille en question reste toujours sur place et ne semble pas vouloir se joindre à moi. Sa copine lui tire la main pour la faire réagir et elle se décide enfin à bouger. Dans sa démarche claudicante, je vois à quel point elle est stressée. Hum, cette fille semble faire partie de ma panoplie de fanes club.

Plus elle avance plus son visage m’est familier et quand elle se met en face de moi, l’image de la jeune écolière de ce matin me parvient. Les yeux baissés, ses petites mains sont accrochées comme un bouet de sauvetage à sa robe. Je sens que ça va être de l’eau à boire vu à quel point je l’impressionne déjà. Je sors ma voie de caramel.

Moi : Bonsoir beauté.  Comme on se retrouve ?

Elle (cherchant ses mots) : Bon…Bonsoir….

Magouné : Vous vous connaissez ?

Moi (toujours en la fixant) : Oui, ce matin nous avons fait un accrossage digne de ce nom.

Sa copine (souriante) : Bonsoir Ibou, très heureuse de faire enfin ta connaissance ?

Moi (répondant à son sourire) : Vous connaissez mon nom ?

Sa copine (éclat de rire) : Qui ne le connais pas, tu es très célèbre au lycée.

Moi (flatté) : Ah bon ? Et comment vous vous appelez demandais – je en me tournant vers celle qui m’intéresse.

Sa copine : Moi c’est Coumbis et elle, c’est Mati.

Magouné (faisant signe de main) : Comme d’habitude moi on ne me connaît pas mais bon, je me présente. Magouné pour vous servir dit – il en faisant une grande révérence. Rire générale.

Moi (voix rauque) : Mati ! Jolie prénom. Je prends son bras subtilement avant de lui demander : Comment va ton corps avec cette grosse chute ?

Mati (les yeux baissés) : Ça va. Merci

Magouné : Quel âge avez-vous mes petites ?

Coumbis : Nous avons toutes les deux 18 ans et nous passons nos bacs cette année.

Moi : Formidable.  Je reporte mon attention sur Mati qui semble toujours être intimidé. Est – ce que ta copine parle ?

Mati (enfin elle ouvre la bouche) : Je ne m’attendais pas à te…à vous voire ici, je…elle se tait encore et baisse son regard. Waw trop timide pour moi. En plus elle semble faire partie de toutes ces multiples minettes complétement folle de moi. Elle relève sa tête et nos regards se fixent. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai ressenti à ce moment quelque chose. Cette fille est troublante. Nous sommes interrompus par la petite Coumbis qui fait des signes derrière moi. Je me retourne et vois un gosse hyper jump venir vers nous. Il enlace avec positivité cette dernière qui semble être sa petite amie. Le petit bonhomme me lance un regard tellement noir que je pouffe de rire direct.

Lui : Je peux savoir ce qui vous fait rire ?

Moi : Tout doux petit, Coumbis ne m’intéresse pas. Par contre je n’en dirais pas autant pour sa copine dis – je en me tournant vers Mati qui a ouvert grandement les yeux de surprise. Je luis fait mon plus beau sourire et pour la première elle y répond.

Le copain de Coumbis (ton froid) : On y va ?

Magouné : Pourquoi se précipiter, nous…

Le copain de Coumbis (le coupant) : Il se fait tard et nous devons diner. Si vous voulais bien nous excuser. Il tire sa copine qui le suit avec résignation. Mati quant – à elle semble hésiter.

Moi (lui prenant la main) : Si tu veux tu peux rester avec nous et je t’accompagnerais après. Tu habites dans le coin ? Elle ouvre la bouche, la referme, regarde sa main que je tiens, ferme les yeux, les ré-ouvre mais ne toujours pas un mot.

Magouné : Et si on la laissé diner avec ses amies pour ne pas qu’ils se fâchent contre elle et après on la dépose. Je plisse les yeux, mord ma lèvre et me prend le menton comme pour réfléchir. Là je suis en train de sortir mes gestes de drague. Elle me regarde comme si elle était devant Dieu et sa poitrine se soulève très fort Kèh, Kèh, Kèh.

Moi : On va faire ce que mon ami a dit et quand tu auras fini, je suis juste à côté. Ok ? Elle fait oui de la tête avant de tourner les talons. Juste deux pas, elle perd un peu l’équilibre, titube comme un soulard pour rejoindre ses amis. Nous nous retournons rapidement pour ne pas que ses amies nous vois pouffer de rire.

Magouné : Je croyais que tu n’aimais pas les crasseuses ?

Moi : Je ne sais même pas pourquoi je l’ai invité à nous rejoindre. J’ai ressenti de la pitié vue comme elle me dévorait des yeux. Hahahaha.

Magouné : Chi cette fille est raide dingue de toi. En plus tu lui fais ton numéro de Play boy ; vraiment aucun pitié.

Moi : Je suis tenté de la mettre dans mon lit.

Magouné : Pas elle. Tu as vu comme elle te regarde. Elle est déjà obsédé par toi, si tu couches avec elle, elle risque d’être le genre de colle force qui vont jamais vouloir te lâcher.

Moi : Je ne sais pas trop mais elle m’attire. Tu as vu la poitrine qu’elle a ?

Magouné : J’ai plutôt vue qu’elle s’apprêtait à exploser vu comment elle respirait. Encore rire général.

Moi : Je ne vais pas l’amener chez moi pour qu’elle ne se fasse pas trop d’idése. Juste un coup, surtout que je suis vraiment en manque.

Y’a-t-il un auberge dans le coin ?

Magouné (regardant vers Mati) : Tu crois qu’elle va te suivre. Elle est très timide et….

Moi : Pas quand elles sont seul avec moi. Y en a qui me viole presque et cette fille serait prête à me suivre au bout du monde. Je lève mon verre vers Mati qui n’arrête pas de regarder vers ma direction. A tout à l’heure bébé hum. Finalement ma soirée n’est pas gâtée.

 

Partie Coumbis :

 

Cela fait une heure de temps maintenant que nous sommes attablés. Mon copain a commandé deux poulets bien garnis mais c’est à peine si nous avons touché à nos assiettes. Surtout Mati qui semble très secoué. En tous cas, je l’envie à mourir. Ibou Diop en chair et en os. Non elle a gagné au loto. Je voudrais lui demander ce qu’ils se sont dit quand je les ai laissé mais vu la crise de jalousie que je me suis tapée, c’est jeter l’huile au feu que d’en parler.

Moi (ayant une idée) : Mati, tu m’accompagne aux toilettes.

Elle (se levant de suite) : Oui bien sûr dit – elle en me prenant la tête. On dirait qu’il n y a pas que moi qui veux une tête à tête. Nous avons fait de grand pas pour arriver rapidement dans les vestières pour dame. Dès que la porte s’est refermée, nous avons fait exploser nos émotions : dance, rire, accolade. C’est comme si nous venions de décrocher le bac.

Moi : Il t’a dit quoi ? Accouche vite….

Mati (prenant un grand ai) : Il voulait que je reste avec lui.

Moi (criant) : Watal

Mati (riant comme une enfant) : Barki Alkhourane (je le jure sur le Coran).

Moi (énervée) : Et qu’est – ce que tu es venu foutre avec nous ?

Mati (se rongeant l’ongle) : Je n’allais pas quand même vous abandonner.

Moi (lui donnant une tape à la tête) : Walaahi Mati do nite (t’es pas humain), si s’était moi, je te jure que je n’aurai pas de cruspile, non seulement je te mets direct au plan B mais je vais oublier jusqu’à ton nom même.

Mati (ricanant) : Tu fais quoi de ton mec.

Moi : Là où je te parle, j’ai envie de rompre et le renvoyer chez sa maman téter. Shiiipppp. Elle rit jusqu’à se tenir le ventre alors que je ne blague pas.

Mati (redevenant sérieuse) : Trêve de plaisanterie, je fais quoi pour tout à l’heure ?

Moi : Il a l’air de t’apprécier vu son regard, ce que je ne comprends toujours. On ne l’a jamais vu s’afficher avec une fille d’ici et……

Mati : Chi au lieu de parloter comme ça et dit moi plutôt ce que je dois faire. Je ne veux pas paraitre  une fille facile en acceptant tout de suite qu’il me ramène, en plus je ne le connais pas assez et….

Moi (surprise) : Wait wait (une minute), c’est quoi cette histoire de ramener ?

Mati (semblant perdu) : C’est vrai je n’ai pas eu l’occasion de te le dire mais tout à l’heure Ibou m’a proposé de me raccompagner quand j’aurai fini avec vous.

Moi (levant les mains au ciel) : Allahou Akbar. Non! Bilay?

Mati: Bilay!

Moi: Bilay, wallay, talay?

Mati (énervée) : Tu peux être sérieuse un peu et m’aider s’il te plaît.

Moi : T’aider en quoi ? Regarde-moi bien, quand Dieu applaudit il faut danser. Qu’est – ce que tu fous même encore avec nous. On retourne à la table, tu dis bye bye à machin là et tu le rejoints.

Mati : Soit gentil avec lui toi aussi en plus toute la semaine tu n’as pas cessé de me rabâcher l’oreille à son sujet….

Moi : Je lui en veux d’avoir gâté mon heure de gloire. Imagine la côte qu’on va avoir en le fréquentant ?

Mati : Donc si je t’entends bien, je dois accepter qu’il me ramène ?

Moi (criant) : On parle de Ibou Makhtar Diop là, tu es folle ou quoi ?

Mati (regardant vers la porte) : Chut doucement.

Moi : Je ne vais pas me calmer, tu es amoureuse de cet homme depuis plus de 2 ans et aujourd’hui que tu as une chance inouïe, tu veux tout foutre en l’air pour une question de principe ou machin quoi. Elle enferme son visage entre ses mains et fait un nom de la tête. Elle fait toujours ça quand elle est complétement déboussolée ou quand elle veut se retenir de pleurer. Excuse-moi ma chérie, je suis vraiment désolé. Qu’est – ce que tu veux exactement.

Mati (en pleur) : Je suis en panique totale et je n’arrive même pas à parler quand il est en face de moi alors imagine que l’on soit seule.

Moi (la soulevant) : Pour un début, je ne vais pas te laisser seule avec lui. Par contre il va falloir que tu domines ce stresse. Soit juste toi-même et s’il te demande un numéro ou te joindre, tu lui donnes le mien. Va te débarbouiller, je vais amener mon trousse de maquillage.  Dès que j’arrive à notre table Doudou m’attaque direct.

Doudou : Vous en mettez du temps. Que se passe t – il ? Je m’apprête à lui dire mes quatre vérités quand le serveur m’interrompt en posant l’addition devant nous. Oups si je me comporte mal avec lui, il risque de ne pas payer l’addition.

Moi (sourire béat) : Bébé, Mati n’est pas bien, il faut qu’on y aille. Je comprends pourquoi elle n’a rien mangé, elle qui est d’habitude si gourmande. Est – ce qu’on peut ramener le reste ?

Doudou (fronçant les cils) : Elle peut rentrer sans nous, ce n’est pas une enfant.

Moi (ouvrant grand les yeux) : Si Papa voit qu’elle est rentrée sans moi, il va piquer une crise.

Doudou (prenant l’addition) : Ah ! Je paye et on y va dit – il avec dépit.

Je retourne rapidement aux toilettes m’occuper de ma copine. A notre sortie, je vois Doudou nous attendre devant la porte. Il peut toujours attendre, shim. Je prends la main de ma copine et me dirige vers Ibou. Non le gars-là, il est trop beau. On ne voit que lui tellement il est parfait. Je regarde ses lèvres rosie par la boisson et le sourire charmeur qu’il nous lance quand il nous voie nous diriger vers lui, me met l’eau à la bouche. Je regarde d’un coin mon amie et comme moi, elle est complétement envouté. Thiey Yallah (Hè Allah).

Ibou (se levant) : De retour ?

Toutes les deux : Oui.

Ibou (prenant la main de Mati) : On y va alors ?

Entoure toutes les deux : Oui (sourire d’imalaya)

Il se lève avec son ami et nous guide vers la sortie. Je vois Doudou qui me regarde avec surprise.

Moi : Y a quoi, va là-bas ish. Il me jette un regard noir, me pointe du doigt avant de faire non de la tête et de tourner les talons. Ibou et son ami éclate de rire et nous guide vers la sortie. Une minute plus tard, nous étions dans la voiture de beau gosse, un Peugeot 406 qui sent le cuire. Wawe qui l’aurait cru. En plus le gars a invité Mati à s’assoir avec lui devant comme si elle était déjà sa copine. Téki mo gawe (elle a vite fait son ascension). J’ai hâte de raconter ça à l’école. Je ne sais pas comment je vais m’y prendre mais il faut que je la prends en photo avec Ibou, sinon ces jalouses ne vont jamais me croire.

Ibou regardant ma copine : Tu es dans quel lycée ?

Mati (bégayant) : Limamoulaye.

Magouné : Très bonne école. J’espère que tu es une bonne élève.

Moi : Elle est la première de la classe.

Ibou (sourire) : Magnifique, j’adore les femmes avec une grosse tête.

Magouné (s’approchant de moi) : Vous êtes sœurs ? Je le regarde vraiment pour la première fois et me rend compte que le gars n’est pas mal du tout. Il me lance un sourire tellement franc que j’y réponds volontiers. Le fait de n’avoir eu d’yeux que son ami a fait que je n’ai pas fait attention à lui. Alors tu me réponds ? Je reviens à la réalité toute honteuse.

Moi : Non, non, c’est ma meilleure amie. J’habite à deux pâté d’ici dis – je pour cacher mon trouble. Tu prends la première rue à droite m’adresse – je à Ibou.

Ibou (me regardant dans le rétroviseur) : Vous êtes si pressé de nous fausser compagnie. Moi et Mati, nous nous regardons instinctivement. J’avais pensé vous amener quelque pars histoire de faire un peu plus connaissance continue t – il.

Je regarde ma montre. 22h 20mn. Le couvre-feu c’est 23h.

Moi : Ce n’est pas loin j’espère car nous devons rentrer à 23h.

Magouné : c’est trop tôt ça et pourquoi pas 00h. Moi et Mati, nous nous regardons encore. Je ne vais pas gâter cette chance inouïe à Mati de rester un peu avec Ibou.

Moi (prenant un grand air) : d’accord juste une heure de plus après vous nous ramenez chez nous.

Ibou (appuyant sur l’accélérateur) : C’est partie les filles. J’ouvre mon sac et éteint mon portable. Je dirais à papa que s’était déchargé et que nous avions envie de rester encore un peu au restaurant. Magouné encercle son bras autour de moi et me tire un peu plus à lui.

Magouné (chuchotant sur mon oreille) : Tu es très belle tu sais. Je recule et le regarde méchamment. C’est à ce moment que la voiture se gare. Il va falloir que je remette cet homme à sa place dis – je dans ma tête en descendant. Mais quand je vois là où Ibou a garé, mon cœur a commencé à battre à cent à l’heure. J’ai cherché Aicha du regard et comme moi, elle semble surprise.

Ibou (avançant vers l’allée) : On y va dit – il en tendant la main à Mati qui le regarde comme s’il était un extraterrestre. Je n’ai pas que ça à faire continue t – il d’un ton impatient. Yaa.

Mati (balayant violement sa main) : Pour qui tu me prends ? Mon amie est revenue sur terre.

Ibou et Magouné yeux de hibou.

Moi (ton froid) : Je crois que vous vous méprenez. Nous ne sommes pas des filles de rue dé.

Ibou (s’approchant avec câlin vers Matin) : Si tu me suis, tu vas découvrir l’extase.

Mati (le regardant droit dans les yeux) : Je ne suis pas intéressée. Coumbis on y va. Elle tourne les talons et je la suis sans hésiter. Nous marchons rapidement et quand je prends le risque de jeter un coup d’œil vers eux, c’est le regard colérique d’Ibou que je vois avant de tourner la rue. Moi-même je n’arrive pas à croire que Mati vient de rejeter Brad Pitt. Eupeuleuw…

 

A lire chaque LUNDI…

Par Madame Ndèye Marème DIOP

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