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Chapitre 5 : La confirmation

CHRONIQUE DE MAREME

Partie Ouli Biteye (mère de Coumbis)

Je suis revenue de Dubaï il y a de cela une semaine maintenant. Ma fille m’avait appris que son père avait accepté que son amie Mati passe quelques temps chez nous. J’ai été très surprise de l’apprendre étant donné qu’il n’a jamais autorisé un membre de sa famille et de la leur de rester plus de deux jours. Ibra est un toubab fini et qu’importe ce que les gens disent ou pensent, il s’en fout de vivre en écart. Quand ma fille m’a expliqué le pourquoi exact du problème de Mati, j’ai été soulagé car je connais le côté généreux d’Abdallahi.

Mais maintenant que je suis rentrée, ma pensée est tout autre. Abdallahi ne rentre plus à la maison à une heure tardive et ne rate plus aucun repas. Cette envie d’être tout le temps présent à la maison, le fait qu’il s’intéresse maintenant aux études de sa fille jusqu’à aller leur proposer son aide m’a mis la puce à l’oreille. Au début je me suis focalisée sur Mati et je n’ai vu aucun comportement suspect ou déplacé de sa part. Je n’avais aucun reproche à lui faire. Cette fille est polie, gentille et extrêmement serviable. En plus de cela, elle pousse ma fille à donner le meilleur d’elle-même. Coumbis est plus stable, moins colérique et capricieuse. J’ai reporté toute mon attention sur mon mari et là j’ai surpris plus d’une fois son regard plein de désir, j’irai plus loin son regard amoureux. Il éprouve une forte attirance pour Mati et cela se sent surtout sur son appétit sexuel de ces derniers jours. Aujourd’hui, il m’a fait l’amour en pleine journée juste après que l’on ait pris le thé. Je n’ai eu droit à cela que durant nos premiers jours de mariage. Quand je regarde Coumbis, je me pose la question de savoir qu’est- ce qu’elle lui trouve. Certes, elle est jeune, mais sans aucune artifice, ni rien.

 

Je voulais en parler avec Abdallahi mais j’ai changé d’avis à la dernière minute. Je me suis rappelé de ce que ma mère disait : « il ne faut jamais mettre un homme au pied du mur sinon il risque de se rebeller ». Alors j’ai adopté une tactique en me comportant avec Mati  comme si c’était ma propre fille. Déjà le connaissant je sais qu’il doit éprouver une énorme culpabilité vue que c’est l’amie de sa fille. Alors, plus je me comporterais comme une mère pour elle plus Abdallahi aura honte de dévoiler ses sentiments ou de tenter quoi que ce soit… Et dans cette guerre de psychologie, je suis aidé par Rougie, qui sans le savoir, a décidé de faire de Mati la fille qu’elle n’a jamais eue. Même si elle le fait sans arrière-pensée, au moins elle ajoute du piment dans la sauce.

Hier (samedi), nous sommes allées toutes les quatre au marché et Rougie comme moi, nous lui avons acheté des tas d’habits. La pauvre ne portait que des torchons et quels torchons. De vrais habits de mec, je ne sais pas ce qui a pris sa mère de lui acheter de si gros tee-shirts et jeans. Mati avait les larmes aux yeux, elle n’arrête pas de nous remercier la pauvre. J’étais dans ces réflexions quand ma fille vint me sauter dessus, me faisant sursauter grandement. Je lui jette un regard noir qui l’a fait rire.

Elle : Tu es très pensive ? A quoi…

Moi (faisant la fâchée) : Ne t’avise plus de me faire si peur ssshhhiiiipppp. Elle rigole et se tourne vers sa chambre.

Elle (criant) : Mati sort d’ici waye, arrête de faire ta timide ah. Coumbis se tourne vers moi en chuchotant. Elle ne veut pas quitter la chambre avec les habits que tu lui as achetés.

Moi (surprise) : Pourquoi ?

Elle (ricanant) : Tu ne l’as jamais vue avec jean serré et autre. Mati a une forme de ouf, un mélange de Jennifer Lopez, Pamela Anderson et Beyonce. J’avale ma salive et regarde droit devant la porte. Quand elle sort enfin de la chambre, boum boum. J’ai failli étouffer. J’avais deviné ses formes généreuses mais je n’aurai pas pensé qu’elle était si sexy et pulpeuse. Sans le savoir, j’ai déclenché le compte à rebours de la bombe. Je regarde vers le salon ou Abdallahi regarde son match avec quelques amis. Il ne faut surtout pas qu’il la voit. La tête baissée, Mati nous rejoint et me fait sa genoux – flexion. Bilaye nak cette fille est trop bien éduquée. En plus elle ne me regarde jamais droit dans les yeux.

Mati (tirant sur le body) : Tata, je ne suis vraiment pas à l’aise avec ça. En plus si ma mère me voit, elle va piquer une crise.

Coumbis (faisant non de la tête) : Complétement démodée cette fille. Il nous reste beaucoup de travail à faire pour elle. Sinon, maman, tu peux me donner 25 000 Fr s’il te plait. Je vais exploser si je reste ici à attendre demain.

Moi : Vous allez où ?

Coumbis : En ville, prendre un pot. Mimi et Fatou nous rejoignent là-bas.

Moi : Demande à ton père, je n’ai plus un sous sur moi. Elle se lève et cours vers le salon. En milieu de chemin, elle se tourne vers Mati. Tu viens ?

Moi (instantanément) : Non non. Elles me regardent toutes les deux interrogatives. Il a beaucoup d’invités dans le salon et Mati est très timide, va y toute  seule. Ma fille acquiesce de la tête et reprend son chemin. Ouf…

Dix secondes plus tard, elle en sort, le sourire aux lèvres en tendant l’argent.

Moi : Ne rentrez pas tard s’il te plait car vous devez vous coucher tôt.

Coumbis : On sera là pour le diner. Aller vient dit – elle à l’encontre de Mati. Celle – ci se lève, tire encore sur son body et la rejoigne. Je ne peux m’empêcher de regarder le déhanchement de ses hanches, ses grosses fesses… Chi qu’est-ce que j’ai fait moi. Si moi, je ne peux empêcher mes yeux de la dévorer du regard, je comprends aisément Abdallahi. Je me suis toujours demandé, ce qu’il lui trouvait mais maintenant je sais : son physique.  A cet instant mon mari sort du salon. Je le savais, il ne peut pas s’en empêcher. Une colère noire m’envahie pour la première fois et le regard de convoitise qu’il lui jette m’énerve encore plus. Le salaud, il n’a pas pu s’en empêcher.

Moi (criant) : Abdallahi ! Il sursaute comme s’il venait d’être pris la main dans le sac.  Nous nous défions du regard un bon bout de temps. Maintenant il sait que je sais…..

Partie Mati :

J’ai l’impression que je rêve debout. Je ne pensais pas que des gens pouvaient être aussi généreux que çà. Je ne sais pas comment je vais faire quand je retournerais à ma vie d’antérieur. Sans le faire exprès, je me suis habituée à cette vie de princesse. Ici j’ai ma propre chambre et quelle chambre. Je mange bien, trop bien même et à part ma chambre, je ne fais aucuns travaux ménagers. Comme la bonne ne vient pas les dimanches, je me propose toujours de faire la cuisine au grand plaisir de tout le monde.

Ce calme dans ma vie m’a permis de me concentrer encore plus dans les études. Déjà que j’avais le niveau, aujourd’hui, je sais que je vais réussir le bac haut la main. Il m’arrive de penser à Ibou et même s’il a été un vrai goujat, il est et restera l’homme de ma vie. Il doit avoir l’habitude de filles faciles d’où son comportement peut orthodoxe. Mais bon, au moins j’aurai réalisé un de mes rêves qui était de parler avec lui.

Nous sommes arrivé en ville vers 16 h. Coumbis me conduit à un restaurant magnifique mais au lieu de s’installer, elle traverse la grande salle qui bifurque sur une grande terrasse. La vue est juste époustouflante.

Coumbis (me faisant un clin d’œil) : N’est – ce pas c’est jolie ? J’adore cet endroit.

Moi (éblouit) : Ho oui, c’est magnifique Coumba. Et tes amies ? Elles viennent quand ?

Coumbis sortant son téléphone : Je vais les appeler ? Nous nous asseyons sur une table et je regarde les alentours. Il y a un monde fou et les jeunes filles sont habillées, les unes plus audacieuses que les autres. Un instant je suis attirée par le rire cristalline d’une fille qui me fait retourner et là boum. Je vois Ibra, chuchotant à l’oreille de la fille en question et qui semble être aux anges. Nos regards se croisent et refusent de se détacher. Il me fait un clin d’œil avec ce sourire charmeur avant de lever son verre pour moi. La fille qui jusque-là était de dos, se tourna instinctivement et le regard noir qu’elle me jeta me poussa automatiquement à détourner le mien. Mon cœur bas à cent à l’heure comme à chaque fois que je le vois.

Coumbis (tapotant les mains) : Il vient de lever son verre pour toi. Ça veut dire qu’il n’est pas fâché et donc il va essayer de retenter quelque chose avec toi.

Moi (rêveuse) : Arrête de dire des bêtises, tu as vu la bombe avec qui il est. Ibou n’en a rien à foutre de moi.

Coumbis : Alors pourquoi il vient vers nous.

Moi (sursautant) : Quoi ?

Ibou (s’assoyant devant moi) : Comme on se retrouve ? Comment tu vas. J’ouvre la bouche, la ferme, la ré-ouvre, la referme encore.

Coumbis (venant à mon aide) : Bonjour Ibou ? Nous allons très bien, on est venu se décompresser un peu avant de plonger dans les examens de demain.

Ibou (me regardant toujours avec malice) : Oui c’est vraie. J’espère que vous êtes prêtes.

Coumbis : Plus que jamais.

Ibou : En tout cas, après ton examen, j’aimerai bien te revoir.

Coumbis (sur la défensive) : Pour que tu nous amènes dans un de tes endroits miteux. Non merci.

Ibou (fronçant les cils) : Je ne te parle pas toi. Alors si tu viens laisser  Mati répondre à ma question.

Moi (naïve) : Tu te souviens de mon nom.

Ibou (voix cajoleuse) : Mais bien sûr comment pourrais – je l’oublier, tu…

Une voie derrière moi : Chouchou, tu en prends du temps ? Tu viens ? Ibou lui fait signe de la main et retourne son attention sur moi.

Ibou (regarde de braise) : Est – ce que je peux avoir ton numéro s’il te plaît. Il sort son portable et me le tend. Je le prends, les mains tremblantes. Je n’arrive pas à croire qu’il m’est demandé cela. J’oublie de suite mon numéro. Ha oui je ne vous l’ai pas dit, oncle Abdallahi m’a offert un portable pour que je puisse communiquer avec maman librement. Je réfléchis cinq secondes encore et tape le numéro. Au moment où je  lui rendais son portable, la fille avec qui il était tout à l’heure, le prend comme une éclaire. Ibou se lève de suite de la chaise et se met en face d’elle. Ils se défient une minute du regard avant qu’Ibou lui face signe de la main de lui rendre son téléphone. S’en suit une crise de nerf de la fille attirant ainsi le regard de toutes les personnes présentes dans la terrasse. Sans dire un mot, il reprend son portable de force et quitte les lieux en maugréant. La fille en question le suit en l’insultant de tous les noms. En tout cas, elle est très belle, avec son teint clair, son maquillage de star, son cheveux naturel qui lui tombe jusqu’au fesse et cette petite robe rouge vive.

Je regarde Coumbis qui me répond à mon sourire béant.

Moi (la main au cœur) : Tu t’imagines ? Il voulait mon numéro.

Coumbis : Malheureusement sa copine ne l’a pas laissé faire. Mais ne t’inquiète pas, ce sera facile de le revoir. N’est – ce pas que tu connais tout de lui.  Par contre, tu devrais essayer de vaincre ta timidité car tu fais pitié quand tu es devant lui et avec ce genre de mec, il faut être tenace.

Moi (soufflant grandement) : Je n’arriverais jamais à être normal avec lui, en plus je suis sûr que ça n’ira pas loin. Malgré qu’il soit l’homme de mes rêves c’est un gars à femme. Il va me bouffer tout cru si je me permets de le fréquenter.

Coumbis : Moi aussi j’en ai peur. Certes tu es une femme forte et très digne mais de la façon dont tu es si piquée, j’ai peur que tu ne cèdes à lui quand il commencera à sortir avec toi.

Moi (outrée) : Tu veux dire coucher avec lui ? Jamais.

Coumbis (sourire aux lèvres) : On en reparlera un jour.

Cinq minutes plus tard, ces amies nous rejoignent et leurs joies de vivre me fait oublier quelques instants, ce qui s’était passé. Vers 18 H, un serveur vint se présenter devant moi.

Lui : C’est vous Mati ?

Moi (fronçant les cils) : Oui pourquoi ?

Lui (il me tend une feuille) : Ibou Diop m’a demandé de vous donner son numéro et s’excuse de ce petit incident de tout à l’heure.

Moi (bégayant) : je je je…Vous êtes sûr que c’est de moi qu’il parle.

Lui (sourire moqueur) : Oui, jean noir, teeshirt rose, troisième table à droite. Il vous a bien repéré ma jolie. Bonne fin de soirée.  Il pose la feuille sur ma main tremblante et tourne les talons. Le cri excité des filles me ramène à la réalité. Je les suis dans leurs délires. Ho my Goooddd.

 

Partie Abdallahi :

 

Je regarde pour la énième fois l’heure et décide d’appeler ma fille. Elle décroche à la troisième sonnerie.

Moi (énervé) : Tu as vu l’heure ? On dirait que tu n’as pas examen demain.

Elle (agacée) : Papa, toi aussi, il est 20 h moins cinq.

Moi (me retenant de crier) : Et il sera plus de 22 h avant votre retour. Prend moi ce foutu taxi et ramène tes fesses ici. Je raccroche énervé au plus haut point.

Voix derrière : De mieux en mieux. Je sursaute n’osant affronter le regard que je sens colérique. Ouli est une femme très intelligente, j’étais sure qu’elle allait être la première à me démasquer. Pourtant j’ai essayé, Walaahi. Je me suis battu de toute mon âme contre ces sentiments mais je n’y arrive plus. Il est certes vrai que le fait de l’avoir vu en petite tenue à réveiller quelque chose en moi mais c’est plus que ça. Les quelques semaines passées avec Mati, m’ont appris à mieux la connaitre, mieux l’apprécier et surtout nous avons beaucoup de points en commun. Quand nous commençons à discuter d’un livre ou de politique, je ne vois même pas l’heure passée et c’est ça qui me  manquait. Avoir une personne avec qui on peut partager les mêmes hobbies.

Oumi (se mettant fasse à moi) : Tu n’as pas le droit de tomber amoureuse de ta fille.

Moi (fuyant son regard) : Ce n’est pas ma fille.

Oumi : Tu n’as pas honte de dire ça. Je te jure que si tu tentes quoi que ce soit avec elle, tu vas voir.

Moi : S’il te plait Oumi, ne me menace pas. Je sors de la chambre ne sachant quoi rajouter. Dans ce genre de situation, mieux vaut faire profil bas. Ce qui m’arrive n’est pas facile. Jamais je n’aurais pensé que je tomberai amoureux fou de la meilleure amie de ma fille. La situation me pèse mais je ne fais rien contre ces sentiments qui s’agrandissent chaque jour un peu plus.

Oumi (me rejoigne au salon et se met en face de moi) : Elle partira dès que son examen sera fini et qu’importe sa situation. Nous ne sommes pas ses parents donc ce n’est pas à nous de la protéger.

Moi (prenant un grand air) : Je sais tout ça et ne t’inquiète pas, je l’ai déjà dit à sa maman qui vient la reprendre samedi Inchallah.

Oumi : Donc tu ne vas rien tenter  avec elle ?

Moi (mentant) : Non, qu’est – ce que tu crois ? Elle se prend le visage des deux mains.

Oumi (voix émue) : Mais tu es amoureux d’elle. Tu aurais dû refreiner tes pulsions au lieu de te laisser aller comme ça. Je ne te reconnais pas Mon Dieu…

Moi lui tendant la main : Vient ici. Elle se lève et viens se recroqueviller entre mes bras en pleurant. Ne t’inquiète pas, je ne suis pas un monstre et jamais je n’essayerai de sortir avec elle, même si j’ai des sentiments pour elle.

Oumi (entre deux sanglots) : Promet le moi

Moi (fermant les yeux) : Je te le promets.

Cette nuit je n’ai pas dormi car pour la première fois de ma vie je ne vais pas tenir parole.  Je lui ai dit ça pour la réconforter et surtout pour qu’elle n’intente rien. Oumi ne sais pas que j’ai pris ma décision depuis une semaine qui est d’épouser Mati. Continuer de lutter contre mes sentiments est au-dessus de mes forces. Par respect pour mes femmes et pour ma fille, je ne tenterais rien avec Mati ici. Mais dès qu’elle quittera ce lieu, je vais commencer à attaquer. Advienne que pourra.

Il y a une semaine, j’ai demandé à ma secrétaire de chercher un appartement de deux chambres et un salon pour Mati et sa mère. Celui-ci ne doit pas être loin de l’université car je suis sûr à 100 % qu’elle va réussir vu son niveau. Aussi, j’ai demandé à un client à qui j’ai rendu plusieurs fois des services de la prendre comme réceptionniste. Mon ami m’a dit qu’il paye 100 000 Fr à ces derniers et je lui ai demandais de lui donner chaque mois 150 000 Fr de plus qui va sortir secrètement de mes poches. C’était le seul moyen pour moi de camoufler mon aide. Car je sais que si je paye l’appartement directement, Mati va le dire innocemment à Coumbis qui va s’empresser de le dire à sa mère.  Mon tactique est de faire profil bas et de tisser petit à petit mon toile autour d’elle. Mati n’est pas une femme intéressée alors je vais faire en sorte d’être indispensable à sa vie, d’être son amie avant de lui avouer ma flamme et ce jour-là j’espère qu’elle acceptera.

 

Une semaine plus tard :

 

Partie Coumbis :

Je marche depuis plus d’une heure sur le hall de l’école, le cœur battant à 200 à l’heure. Qu’est – ce qu’ils attendent pour délivrer ? ll y a déjà deux élèves qui se sont évanouis depuis ce matin. L’attente est vraiment insupportable et je risque de les suivre si on ne proclame pas les résultats. Tinte tinte…. Je me tourne vers Mati qui vient de recevoir un message et vu son sourire ce n’est pas la peine que je lui demande qui s’est ? Depuis une semaine, elle et Ibou s’envoie des messages du matin au soir. J’ai même peur qu’elle ne réussisse pas le bac tellement elle est tête en l’air en ce moment. C’est un rêve éveillé qu’elle vit et j’ai peur pour elle vu quel genre de mec elle a affaire.

Approché approché….. C’était partie, mes jambes ont commencé à trembler tellement fort que je me suis agrippée à Mati. Alors que le gars n’avait même pas encore commencé à lire la liste, des cris fusaient de partout. Il faut se le dire, ici au Sénégal, le bac est l’examen le plus attendu dans la vie d’une personne. La pression ne vient pas seulement des études mais surtout de ce brusque intérêt de toute la famille autour de ta personne. Même dans le quartier, tu es le centre d’intérêts de toutes les conversations.

Voici les résultats du bac 2007 :

– N° 196, Amadou Coulibaly Premier du centre mention bien avec une moyenne de 14, 34.

N° 432, Mati Sonko, deuxième du centre mention bien, moyenne 14, 1.

Nous nous enlaçons fortement mais aucuns cris de joie ne sort tellement l’émotion est forte. Le monsieur continue de lire la liste et plus il avançait plus je n’arrivais plus à tenir sur mes deux jambes. J’ai essayé de m’agripper à Mati mais je ne la voyais plus, je n’entendais plus rien autour de moi. J’ai juste sombré.

Quand je me suis réveillée, j’ai d’abord entendu au loin, des voix avant qu’elle ne soit très proche. Les paupières lourdes, je ne tente même pas de les relever, tellement j’ai mal à la tête. J’entends papa chuchoter à quelqu’un.

– Quelle branche a tu choisis à l’université ?

– Médecine mon oncle.

– Tu as de l’ambition, c’est bien et c’est pour ça que je t’aime. Là j’ai ouvert direct mes yeux et le regard amoureux de papa devant mon amie a failli me replonger dans le noir. Je dérive mon regard vers  Mati pour voir sa réaction et elle a baissé les yeux. Je veux dire je t’aime comme ma fille Coumbis continue t – il en bégayant. Son gêne confirme encore plus ce qu’il vient d’avouer sans le faire exprès.

Non, ce n’est pas possible. Son comportement très protecteur et jaloux de ces dernières semaines me saute à la figure. Je comprends maintenant pourquoi il nous appelé tous les soirs au salon histoire de nous aider à réviser ou à parler tout simplement. Moi qui étais si heureuse de le voir pour la première fois s’intéressait en ma personne. Donc s’était ça, il est amoureux de ma meilleure amie. Papa sentant mon regard se retourne et sursaute avant de sourire grandement et de me prendre dans ses bras.

Papa (m’embrassant sur la joue) : Ton père est fier de toi. Tu l’as eu, hamdoulilah. Mes larmes coulent et je ne sais pas si c’est seulement de joie ou sur l’horreur que je viens de découvrir….

 

 

 

A lire chaque LUNDI…

Par Madame Ndèye Marème DIOP

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