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Cherté du traitement, rupture de médicaments… : Les hémodialysés lancent un énième cri du cœur

Les personnes atteintes d’insuffisance rénale vivent un véritable enfer. Regroupés autour d’une association, ils ont tenu ce week-end dernier, le macadam pour dénoncer avec la dernière énergie les difficultés qu’ils rencontrent pour se soigner. 

Un million de personnes souffrent d’insuffisance rénale aigüe au Sénégal. Parmi elles, seules 20 mille savent qu’ils ont cette maladie. Et sur les 20 mille malades, l’Etat ne s’occupe que les 1 400 répartis comme suit : 750 malades dans les structures publiques et 250 au niveau du privé. Et chaque jour 2 personnes meurent dans les centres de dialyse et chaque an 4 000 nouveaux cas sont dénombrés. Chaque deux jours le patient paie 65 mille F Cfa pour faire la dialyse, 196 mille F Cfa la semaine, 840 mille par mois et 9 millions 600 mille F Cfa dans l’année pour suivre correctement le traitement. «Il y a 25 centres de dialyse et parmi ces 25, il n’y a que 13 qui fonctionnent un peu. Et ces derniers aussi sont pleins aussi. Par contre il y a de la place dans les 4 centres privés, malheureusement, le traitement est inaccessible pour les pauvres patients. Pour se faire traiter dans ces centres privés, il faut dépenser 1 million de F Cfa par mois», explique Pr El Hadji Hamidou Diallo, président du Miirs. C’était ce week-end lors d’une marche à la Place de l’Obélisque.

Pour le président de Miirs les patients sont mis, aujourd’hui, entre deux feux. Parce qu’il y a une dialyse gratuite impossible à avoir dans le public et une dialyse disponible au privé mais inaccessible à cause de la cherté du traitement. Rien que pour avoir le rein artificiel, explique-t-il,  le malade doit débourser 45 mille F Cfa et la dialyse 65 mille F  Cfa alors qu’à côté en Côte d’Ivoire la dialyse est facturée à 5 mille F Cfa.  Pour lui, ce n’est pas normal. A l’en croire depuis 10 ans, les malades alertent les autorités étatiques sur les ravages que cette pathologie est en train de faire dans notre pays. Malheureusement ils se heurtent à un mur de silence. «Nous menons, aujourd’hui, une campagne pour sensibiliser les populations de limiter la consommation des bouillons. Parce que ces produits sont en grande partie responsables de cette maladie. C’est une maladie plus grave que le VIH/Sida et le cancer, parce qu’il ruine économiquement le patient et sa famille», indique-t-il.

Chargé de communication du Miirs, El Hadji Ndiaye fustige l’insuffisance du personnel soignant au niveau des centres de dialyse. Il révèle que la majorité des néphrologues c’est-à-dire les 90 % qui sont affectés dans les centres de dialyse publics sont des étrangers. Mais ils ne respectent pas les patients, parce qu’ils ne sont pas des Sénégalais. Pis encore, certains d’entre eux abandonnent les malades dans les structures publiques pour aller monnayer leur talent dans le privé, où ils sont beaucoup mieux payés. «Les médecins peuvent s’absenter deux à trois mois sans mettre les pieds dans les centres publics. Ils nous laissent avec des infirmiers qui n’ont aucune qualification pour soigner les patients. Ce n’est même pas leur domaine. Ces infirmiers n’ont aucune expérience de dialyse. Ce sont des gens qui ont été capacités sur le tas pour venir achever les malades», dénonce-t-il.

Autre difficultés rencontrées par les hémodialysés, c’est le manque récurrent d’intrants pour accompagner la dialyse. De son avis, dans les centres publics, si ce n’est pas l’eau qui manque, c’est la ligne ou l’acide. Et si l’un de ces éléments manque affirme-t-il, le patient ne peut faire la dialyse. Une situation dit-il, qui conduit chaque jour à des décès des patients par arrêt cardiaque parce qu’ils n’ont pas pu faire leur dialyse.

 

 

 

 

Samba BARRY

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