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CHRONIQUE DE MAREME : WASSANAM (Pardon)

    Chapitre 2 : Nouveau départ

 

« Il est difficile d’être heureux quand tu refuses de laisser toutes les choses qui te rendent triste. »

Partie Dibore, la tenace

 

Mon mari est un homme merveilleux, gentil, compréhensif, extrêmement généreux envers sa famille et qui m’aime tendrement. Mais, comme pour toute chose, il y a une faille, pour Ngoor, son talon d’Achille, c’est sa famille. Le père de mon mari avait trois épouses et chacune a essayé d’engendrer des héritiers au maximum. Pour lui, en bon cultivateur traditionnel, plus on a des bras, plus la récolte sera bonne en qualité et en quantité. Ainsi mon oncle, avait en tout 18 enfants et, comme dans presque tous les foyers, une rude concurrence s’est installée entre leurs mères. Chacune voulait que ses enfants soient meilleurs que les autres. Après la récolte, la plupart des hommes et des femmes migraient vers Dakar ou Mbour pour travailler comme maçon ou ménagère. Ngoor, quant à lui, s’était fidélisé dans un hôtel à Fatick comme jardinier.

Mon oncle (le père de Ngoor en même temps demi – frère de mon père) avait de plus en plus du mal à assurer les dépenses. Ses fils ayant pris des femmes qui, à leur tour, eurent de nombreux enfants. Seuls deux de ses fils, sur les huit, avaient quitté le domicile familial. Pour ses dix filles, les six étaient dans leurs foyers, les deux autres, ayant des maris pauvres, vivaient avec nous dans la maison. Enfin, il y’ avait Mbène et Mariétou. Divorcées et mères de 4 et 5 enfants respectivement, elles sont revenues vivre avec leurs enfants chez leurs parents comme 95 % des femmes au Sénégal. Pour moi, c’était scandaleux de voir ces deux femmes, mariées depuis des dizaines d’années, être chassées de leur foyer du jour au lendemain, sans rien. La vie n’a pas été tendre avec elles et malheureusement cela les avait rendues aigries et hargneuses, d’où leurs crises de colère perpétuelles pour un rien. Avec tout ce monde réunis sous un même toit, la maison ressemblait à une cocotte-minute pouvant craquer à tout moment. A cette époque, les enfants s’entassaient comme des sardines dans les chambres. Il devenait de plus en plus difficile pour mon oncle de subvenir aux charges de cette grande famille dont le nombre avait fini par être un poids (plus de 50 personnes). Il s’endettait chaque jour un peu plus et n’arrivait plus à acheter de l’engrais pour son champs. Ainsi, la pauvreté gagnait la famille Ndiaye qui s’agrandissait chaque jour davantage, aggravant la situation précaire qui nous étranglait.

Un jour, Ngoor rencontra à l’hôtel un homme d’affaire qui voulait acheter des camions d’arachide pour l’exporter. La chance lui avait souri. Comme dit mon père : «quand Dieu distribue ses semences, prions de faire partie de la liste». Il eut l’idée de proposer à l’homme d’affaire de cultiver pour lui, en lui assurant qu’il pouvait avoir jusqu’à 10 camions à la récolte. Un an plus tard, le succès était total et une nouvelle ère avait commencé.

C’est à cette période que je l’ai rencontré, je suis tombée tout de suite sous son charme. Quand j’ai rejoint le domicile conjugal, j’ai eu droit à des reproches comme quoi j’allais apporter la poisse du fait que ma famille n’avait pas accompli le mariage sérère comme il se doit.  Mais, contrairement à ce que ses sœurs prédisaient, la famille Ndiaye s’est beaucoup enrichie, avec le projet d’exportation arachidière qui s’était agrandi. Le promoteur avait de nouveaux clients et le champ familial ne suffisait plus. Avec la salinisation des sols à Fatick, il était difficile voire impossible de trouver les 30 hectares que le promoteur voulait. Bakel fut choisi pour ce grand projet financé par les Taiwanais. Ngoor était devenu la fierté de la famille mais surtout de ses parents. Mon mari était fils unique du côté de sa mère et n’avait comme grande sœur que Mbène et Mariétou. Quand elles ont divorcé, c’était la honte pour sa mère qui, déjà, ne supportait pas le fait d’avoir le moins d’enfants parmi les femmes de mon oncle. La réussite de son fils l’avait plus que rendue heureuse et celle qui, pendant longtemps, rasait les murs, se pavane maintenant en chantant dans la cour de la maison.

Heureusement pour les hommes, cette rivalité sans faille des mamans n’avait pas déteint sur leurs relations. En tout cas, c’est ce que l’on croyait à cette époque. L’argent est l’opium de l’Homme, il les change et les rend mauvais. Pendant les trois ans qui ont suivi, les trente hectares d’arachide cultivés à Mbacké, sous la direction de mon mari, ont plus que donné des résultats. Les milliers de tonnes d’arachide étaient mises dans des camions et directement acheminées à Dakar où un bateau l’attendait. La vente était une réussite totale et l’homme d’affaire et la famille Ndiaye ne pouvaient que se frotter les mains. Malheureusement, la rivalité et surtout la jalousie a commencé à s’installer entre Ngoor et ses frères. Cette entreprise familiale qui avait si bien démarré allait être détruite. Pour cause, mon mari était plus réfléchi et moins dépensier que ses frères qui n’arrêtaient pas de convoler en noces à gauche et à droite au lieu de mettre au confort leurs familles et d’assurer l’avenir de leurs enfants. Quand il eut assez d’argent, il voulut acheter un petit terrain où il pourrait construire une maison pour loger sa mère et moi voyant à quel point la maison était bondée. Il disait qu’il était hors de question pour lui de faire subir à ses futurs enfants les conditions précaires que vivent ceux de ses frères et sœurs. Mais son père ne voulut pas qu’il quittât le domicile familial et lui proposât de lui vendre les 100 mètres carrés de terrain libre à l’aile gauche de la maison. Quand Ngoor lui remit les deux millions de Francs du terrain, il prit à témoin toute la famille pour qu’il n’y ait pas de problème à sa mort. Seulement, nous sommes au 21ème siècle et ces accords tacites ne suffisent plus. Ainsi, il y construit  un joli appartement de trois chambres et un salon. En plus de cela il m’avait ouvert une cantine de tissu au marché, comme il était presque tout le temps à Mbacké. Et comme lui, j’ai eu une ascension fulgurante qui fait que, en deux ans, j’ai ouvert une boutique. Comme disait son père, nous étions des enfants bénis. En voyant leur frère bien installé dans un appartement joliment équipé avec une femme commerçante, ils ont commencé à râler. Ils pensaient que Ngoor les dupait sur le partage des bénéfices.  Les spéculations ont commencé, les disputes ont suivi. Ça a été plus dur pour moi qui n’arrêtais pas de recevoir des insultes venant surtout de mes belles-sœurs et mes nombreux woudj péthiorba (femmes du frère). Elles rejetaient tous leur malheur sur moi, l’épouse heureuse dont son mari prenait soin. Le fait de ne pas tomber enceinte fut le prétexte idéal pour trouver une autre femme à mon mari. Mais, plus elles se donnaient toutes les peines du monde à détruire notre couple, plus elles le rendaient encore plus fort. Par contre, les disputes entre frères ne cessaient d’augmenter. Cela prenait une telle ampleur que Ngoor pensait sérieusement à se séparer d’eux et c’est là que je suis tombée enceinte. Il était si heureux qu’il prit l’habitude de venir plus souvent à Fatick laissant ses frères gérer les récoltes à Mbacké. Il trouvait triste et dommage que sa mère mourut un an plutôt, elle qui voulait tant un petit fils. J’ai accouché en pleine période de vente, Ngoor pris congé pour la première fois depuis cinq ans et laissa ses frères se charger de la vente. Quand ce fut l’heure du versement, ces derniers ne donnèrent que le tiers de l’argent. Le promoteur mécontenté, décida de porter plainte. Et, ils mirent tout sur le dos de Ngoor qui fut mis aux arrêts. Un vrai scandale, le cœur de mon pauvre oncle lâcha, il en mourut. Dégoutée, j’ai quitté la maison familiale pour me réfugier chez une tante avec mon fils Menoumbé. J’avais décidé d’écouler mes marchandises et de retourner chez mes parents car je ne supportais plus cette famille méchante et hypocrite. Heureusement pour mon mari, le promoteur comprit qu’il avait été piégé et retira sa plainte disant que c’était une erreur. Ngoor fut relâché. Mais, le préjudice était énorme et l’homme d’affaire ne voulut plus travailler avec eux. Les cinq frères qui avaient volé l’argent de la production déménagèrent avec femmes et enfants. Quelques années plus tard, ils sont revenus, sans honte, vivre à la maison complétement démunis. On finit toujours par payer les conséquences de ses actes. Dans ce conflit, le terrain familial fut vendu et des disputes éclatèrent encore sur le partage. De l’argent reçu de l’héritage, mon mari  acheta un petit terrain et continua d’exercer ce qu’il savait si bien faire.  Avec ce que je gagnais au marché, nous avons continué de vivre décemment. Nous n’étions pas riches mais nous arrivions à joindre les deux bouts. Je ne comprenais pas pourquoi Ngoor continuait de vouloir rester dans cette famille où il avait été diabolisé, trompé et trahi. Notre mariage a traversé une véritable crise à cette période mais je ne pouvais pas le quitter sachant à quel point il était meurtri par la trahison de sa famille. C’est l’arrivée de Aicha, presque un an plus tard, qui apaisa notre relation. Il me dira plus tard qu’il avait promis à son père de ne jamais quitter la maison familiale et de pardonner à ses frères. Pour lui, les liens du sang devaient être au-dessus de tout.

Aujourd’hui, vingt ans plus tard, alors que j’avais perdu espoir, il décide enfin de partir. Voir Mbène faire ce scandale devant tout le quartier, a été un déclic, la goutte d’eau qui a fait déverser le vase. Pourquoi continuer…. Il ne comprenait pas pourquoi sa grande sœur soit si injuste avec lui qui avait tant fait pour elle. Mbène était d’une ingratitude et d’une jalousie démesurées envers moi. Et elle prenait toujours un malin plaisir à comploter avec les femmes de ses frères pour me nuire. Ngoor croyait qu’avec le temps toutes ces guéguerres allaient s’estomper ; mais au contraire. Maintenant que ses enfants grandissent, il n’était pas prêt à les faire subir ce qu’il a vécu, particulièrement sa fille chérie. Aicha est tout pour lui, son espoir perdu, son avenir.

Aujourd’hui est un grand jour, je n’arrive pas à croire que nous allons déménager et vivre en paix avec mon mari et mes trois enfants. Je ne sais pas comment il a fait mais Ngoor a trouvé très rapidement une petite maison à la cité Escale, en plein centre-ville près de la mairie de Fatick. Je sais qu’il est très économe mais je me demande comment il a fait pour avoir les clés de cette maison en si peu de temps. Trop heureuse de partir, je n’ai pas voulu lui poser la question, ce qui avait été une erreur monumentale.  Le  camion de déménagement ne va pas tarder, j’ai hâte de voir la tête qu’ils vont faire. En même temps, c’est aujourd’hui que les résultats de Aicha vont sortir mais je ne suis pas inquiète, ma fille est plus intelligente que toute la famille réunie. Je me demande d’où lui vient cet esprit si vif. Je suis excitée comme une puce et heureuse comme je ne l’ai jamais été. Fini les disputes incessantes, fini les insultes, fini les injustices faites à mes enfants, fini la peur des complots et des maraboutages… Oui la paix, enfin la paix. Comme qui dirait cou mougne moûgne (plus la patience est grande et plus belle sera la  récompense).

 

Partie Aicha, l’envol

J’ai regardé ma montre au moins cinq fois en moins de dix minutes, l’heure est au ralenti comme à chaque fois que l’on attend quelque chose d’important, de précieux. Qu’est – ce qu’ils attendent pour annoncer les résultats, déjà que trois élèves se sont évanouies depuis ce matin tellement l’attente est insupportable. Cette façon de donner les résultats des examens du Brevet et du Bac est vraiment déplorable. On nous avait dit que les résultats allaient sortir à 15h  et, il est presque 18h. D’après le peu que j’en ai entendu, c’est si catastrophique qu’ils sont en train de voir comment repêcher au maximum. Depuis que cette rumeur circule, les pleurs ont augmenté et moi, qui étais rassurée depuis le début, j’ai commencé à transpirer. Je ne sais pas quelle serait ma réaction, si je n’ai pas mon BFEM. Je me suis tant donnée, j’ai tellement bossé que je ne suis que l’ombre de moi-même. Que le bon Dieu fasse que je réussisse, pour moi, pour mes parents qui croient si fort en moi. Ils se décarcassent tant pour nous offrir le maximum alors je n’ai pas droit à l’erreur. Une larme tombe sans que je ne puisse l’arréter.

  • Quoi, tu te fous de nous ; pourquoi tu pleurs ? Dit Sigua avec un air de reproche.
  • Shiim sof rèk (énervante quoi). Dans tout Fatick, tu es la première avec une moyenne de 16 et tu oses pleurer, renchérit Moussa.
  • Rien n’est acquis…. Tous me coupent la parole en parlant en même temps.
  • Si toi, tu ne l’as pas, personne ne l’aura.
  • Tu es la meilleure de toutes.
  • Tu seras la première personne à être appelée sur la liste, c’est sûr.

APPROCHEZ, APPROCHEZ…, s’écria un homme dans la quarantaine. On aurait dit que c’est le jour du jugement dernier. Tous les élèves sans exception avaient les yeux grands ouverts. Certains tremblaient de tous leur corps en s’approchant à pas de loup. D’autres couraient vers le monsieur qui réclamait le silence. Sigua, Binta Moussa et moi nous nous agrippions l’un contre l’autre pour nous soutenir. L’homme, debout sur la plus haute estrade de l’école, regarde une dernière fois autour de lui avant de crier très fort.

Voici les résultats du brevet de fin d’étude moyen de l’année 2003. Et, il commença par énumérer…

Sur les 1632 élèves qui ont passé l’examen, 51 ont été admis d’office, et 135 à l’oral. Catastrophique, même pas le quart, pensais– je.

N° 135, Aicha Ndiaye première du centre avec une moyenne de 15, 35.

Aicha, Aicha crièrent mes amis. Comme eux, j’avais entendu mon nom, mais je n’arrivais pas à bouger ni à parler. Comme toujours, se sont mes larmes qui font office d’expression. Mes larmes coulèrent abondement tout au long de mes joues se frayant un chemin jusqu’au cou où ils disparaissent sous le col de ma chemise. Je tiens encore plus fort la main de Sigua. L’heure à l’effusion de joie n’était pas encore possible, il restait mes amis donc il fallait d’abord que le monsieur finisse la liste des résultats. Les cris de détresse fusaient de partout et les élèves tombaient de plus en plus en syncope. L’atmosphère était devenue insupportable, on aurait dit un deuil. Je m’efforçais de garder mon calme, vu le désespoir qui se lisait sur les visages de mes amis au fur et à mesure que la liste avançait. Enfin, j’entendis le nom de Moussa, ensuite celui de Sigua. Il restait encore Binta et la liste des admis d’office était bouclée. Heureusement, elle se rattrapait à l’oral, et c’était plus que ce qu’on pouvait espérer. Vu l’année chaotique qu’elle a passée, ce n’était pas une surprise. Son père a convaincu sa mère de la marier en lui promettant de la laisser à la maison au moins jusqu’après l’examen. Mais, un mois plus tard, son mari l’enlevait pour, dit – il, prendre son dû. Ça a été horrible pour elle et nous sommes allés la voir à chaque fois  que c’était possible pour convaincre son mari de la laisser continuer ses études. Dans ce genre de situation, même si nous étions dégoûtés, nous ne pouvions le montrer  pour ne pas envenimer les choses. Heureusement pour Binta, son mari semblait être quelqu’un de compréhensif. Nous avons eu des problèmes avec  sa belle – mère qui était farouchement contre l’école Pour elle, la femme doit rester au foyer. Finalement, après un mois de négociations, Binta avait repris les cours avec deux mois de retard. Nous savions tous que si elle ratait cet exam, elle n’aurait pas une deuxième chance. Le mariage précoce était quelque chose de tellement répandu qu’il était devenu naturel voire rationnel. Dans mon quartier, deux filles sont mortes cette année en accouchant. Elles n’avaient que quatorze ans. Heureusement pour moi, mon père m’a promis de me laisser continuer les études au moins jusqu’à 25 ans. Là, j’aurai déjà ma maîtrise, donc je ne me sens pas trop concernée. Si seulement je savais.

Nous avons couru comme des fous pour annoncer la nouvelle. Sans faire attention au camion qui était garé devant la maison, je suis entrée chez moi en criant : j’ai réussi, j’ai réussi, je l’ai eu… Et, tous les enfants me suivirent dans mon délire.

  • Ham waye (taisez – vous), hamadi, rèwe (insolente, impolie) cria ma tante Mbène. Elle criait en se tapant les mains et en essayant de nous disperser. Ha celle – la, toujours à gâcher les  bons moments. Sans me soucier de ses insultes, je continuais de crier avec les enfants jusqu’à ce que j’entende des cris d’hommes venant du salon.
  • Aicha vient vite, dit ma mère en sortant de sa chambre.
  • Allez ouste, va rejoindre ta sorcière de mère, je savais qu’elle allait finir par nous séparer de notre frère. C’est à ce moment que j’entendis les cris d’hommes venant du salon. Alors j’ai commencé à prendre peur. Je me dirigeais rapidement vers maman en l’interrogeant du regard. Dès que je me retrouvais à sa hauteur, elle me tira la main et m’enferma dans la chambre. Là, je remarque un désordre total, il y avait Menoumbé qui tentait de fermer une grosse valise. L’armoire et le lit sont mis en pièces détachées, les affaires éparpillées un peu partout.
  • Mais qu’est ce qui se passe ici ?
  • On déménage, cria Menoumbé avec joie. Je me tourne vers ma mère qui me sourit malicieusement.
  • Félicitations ma fille, je suis si fière de toi. Allez viens nous aider, le temps que ton père finisse avec ses frères. Toujours debout devant la chambre, j’essayais de me rendre compte de ce qu’elle venait de me dire. La surprise passée, je commençais à danser et à crier comme une folle, mon grand frère se leva et me suivit dans la danse. Je crois que c’est le plus beau jour de ma vie.
  • Taisez-vous et finissons-en rapidement avant que votre père ne revienne. Vous aurez tout le temps de vous réjouir après. Pour l’instant, prions de sortir de cette maison sain et sauf.

Ma mère me fit comprendre que depuis ce matin, mes oncles essayent de faire changer d’avis à mon père et tous les moyens étaient bons pour. Ils avaient même fait venir le doyen de la famille pour qu’il revienne sur sa décision. Mais c’était impossible vu qu’il avait déjà vendu l’appartement et qu’il avait acheté une maison à Escale en pleine centre-ville. J’étais si heureuse que je n’arrivais pas à tenir sur place. Je me dépêchais au maximum comme si j’avais peur qu’ils ne changent d’avis. Heureusement, qu’il ne restait que la chambre des parents et à trois, c’était vite fait. Quand je sortis de celle – ci, je vis ma mère en train de pleurer dans les bras de Yaye daro qui essayait tant bien que mal de se retenir. Elle était son plus grand allié dans la maison, elle et ses enfants.  Dans la précipitation et l’enchantement, j’en avais oublié moi aussi mes complices, amies et partenaires. Alors je me tournais à la recherche de mes trois cousines, avec qui j’ai partagé 11 ans de chambre commune. Sous le conseil de ma mère, je dis au revoir à tout le monde et le tiers ne m’a pas répondu. Quand ce fut l’heure de départ, alors les pleurs ont commencé. Même si nous n’arrivions plus à vivre en paix dans cette grande maison des Ndiayènes, la séparation fut très émouvante, triste. Mon père, même s’il n’était pas l’aîné de la famille, en représentait le pilier. Tout le quartier avait été ameuté et ce qui devait être un simple au revoir, prit la tournure d’un adieu déchirant. Chacun essayant de son mieux de convaincre mon père de rester. Impossible, répondait – il, les larmes aux yeux. Les gens disent que nous ne savons pas ce que nous avons avant de l’avoir perdu. Moi je dis que nous le savons, seulement nous ne nous attendions pas à le perdre. Malgré tout ce qu’il a enduré, il est toujours resté et aujourd’hui, alors que personne ne s’y attend, il décide de couper le cordon ombilical. On ne peut recoller un miroir brisé sans risquer de se blesser. Mon père a mis du temps pour le comprendre. Aujourd’hui, il sait que cette rupture est certes douloureuse; mais elle est plus que nécessaire.

Suite lundi prochain…

Par Madame Ndèye Marème DIOP

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