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Construction de l’Université Amadou Makhtar MBOW de Diamniadio : Vers un autre «big tordu» de Bictogo

Des scandales, on en a connu ces sept dernières années. Mais, avec l’histoire de la construction de l’université Amadou Makhtar Mbow de Diamniadio, on s’achemine vers le plus gros depuis que Macky Sall est aux affaires. Et cela risque de dépasser toute imagination. Car, après l’affaire des visas biométriques où il avait touché un joli pactole de 12 milliards de francs Cfa, l’affairiste ivoirien, Adama Bictogo, va frapper un autre gros coup chez ses parents «Gorgui » avec l’arbitrage qu’il préconise dans la rupture du contrat.

Revoilà Adama Bictogo. Non content d’avoir empoché 12 milliards de francs Cfa au Sénégal pour une erreur de jeunesse du pouvoir de Macky en terme de dommages, après l’annulation de la réciprocité du visa que le Sénégal avait imposé aux pays qui en demandent à ses ressortissants, l’ancien ministre ivoirien, reconverti dans les affaires, est au coeur de ce qui risque d’être l’un des plus gros scandales du septennat. Cela, avec le marché de construction de l’Université Amadou Makhtar Mbow de Diamniadio que lui a encore filé le gouvernement du Sénégal, à travers sa société Marylis Btp, filiale de son Groupe Snedai. Ce qui sonne comme une insulte au privé national dans la mesure où le pays dispose de suffisamment d’entreprises Btp en mesure de réaliser cette infrastructure. Car, les entreprises Cse d’Omar Sow, Mar Thiam, Baïdy Agne Btp, Eiffage de Gérard Senac, ou même le tandem Madani Tall-Aminata Niane, qui a fait ses preuves à Diamniadio, ont été laissées sur le carreau pour aller chercher cet ex-ministre de Ouattara, que certains de nos confrères ivoiriens surnomment «Tabarly » (le navigateur solitaire). Lequel n’a aucune expertise dans les Btp. Et cela fait même rire, nous diton, tout Abidjan que de le voir apprendre aux Gorgui comment on fait des amphithéâtres. Toute l’Afrique de l’ouest rie sous cape. Cet ancien ministre ivoirien de l’Intégration que son président a mis à la porte pour «soupçon de corruption» dans l’affaire des déchets toxiques, selon la presse ivoirienne à l’époque s’est bien intégré chez Senghor. Car, le Sénégal de Macky Sall l’a recyclé dans son tissu économique, mettant de côté toutes les entreprises des divers secteurs où il se donne des compétences alors que c’est un journaliste de formation qui n’a aucune qualification ou référence dans le Btp. Et l’entendre parler d’arbitrage doit donner un mal de tête à certains.

Dans ce contexte de mise en oeuvre du Plan Sénégal émergent (Pse), il faut que ce régime arrête la plaisanterie avec ses amis du «Patron » car en Côte d’Ivoire, il n’y a aucune entreprise sénégalaise qui y gagne des marchés de cette taille. Nous n’avons rien contre nos parents ivoiriens, mais c’est l’affairisme seulement que nous dénonçons.

Alors que le Président Macky Sall a résilié le contrat, Bictogo commence à agiter la menace d’un «arbitrage » à Paris, sans doute pour encore se faire grassement indemniser comme pour la fameuse affaire des visas biométriques où il a été dédommagé plus qu’il n’en faut. Même si cela ne sera pas perdu pour tout le monde. En effet, l’Ivoirien cherche à obtenir du Sénégal une réévaluation du projet initialement arrêté à 60 milliards de francs Cfa.

Il y a dix jours, au lendemain de l’annonce de la résiliation de son contrat, après les complaintes de Macky Sall à Paris lors du Forum avec les investisseurs au lendemain du Groupe consultatif du 15 décembre dernier, Adama Bictogo s’est fendu d’un communiqué de presse ivoirienne, où il nous a traité avec beaucoup de condescendance, soutenant qu’il n’a reçu à ce jour aucune notification du gouvernement sénégalais pour le retrait de ce projet de construction et qu’il n’y a qu’une façon de le retirer, c’est l’arbitrage. «Je voudrais d’abord m’inscrire en faux sur cette information erronée publiée par le journal Libération pour dire qu’on continue de travailler sur le chantier. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que depuis pratiquement neuf mois, nous sommes en négociation de réévaluation avec le gouvernement sénégalais», a-t-il dit. Non sans ajouter que le projet était sous évalué et qu’il avait prévenu les autorités. Mais enquête faite, c’est archi faux. «Au mois de juin, j’ai rencontré les autorités sénégalaises, notamment le ministre des Finances et le ministre de l’Enseignement supérieur pour leur dire, le projet est sous-évalué, il nous est difficile de continuer la construction de l’Université qui initialement était prévue pour 128 000 m2 et on se retrouve à construire 250 000m2, soit une augmentation de 50 % de surface à construire», dit l’ex-ministre d’Ado qui a eu à travailler avec Charles Konan Banny et qui déteste Ameth Bakayoko, le ministre d’Etat, ministre de la Défense dont il est viscéralement jaloux de la popularité et de sa proximité avec le Premier ministre.

Un spécialiste du bâtiment soutient que c’est du n’importe quoi. Parce que la première chose à faire dans un projet pareil, c’est l’étude de sol. Donc, il le savait bien avec de s’engager. Il ne cherche qu’un avenant.

 

 

 

Seyni DIOP

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