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CONTRE LE SYSTEME DE TAXATION A L’ESSIEU ET LES TRACASSERIES SUR LES ROUTES… Les mareyeurs décrètent 72 heures de grève

A cause des amendes de la surcharge à l’essieu et des tracasseries, entre autres, les mareyeurs du Sénégal ont entamé depuis hier une grève de trois jours. Un mouvement d’humeur très suivi au marché central au poisson de Pikine où les acteurs ont croisé les bras et se priver de revenus pour tenter de contraindre l’Etat à desserrer l’étau autour de leur secteur.

Risques de pénurie de poisson. L’Union nationale des mareyeurs du Sénégal (Unams) a entamé, depuis hier, une grève de 72 heures. Elle proteste contre le système de taxation à l’essieu et les tracasseries routières. «Nous allons aller en grève pendant trois jours, à compter du 15 janvier. Car, nous n’arrivons plus à travailler correctement. Nous n’en pouvons plus des amendes infligées sans justifications et autres tracasseries sur les routes», se désole Mame Goor Fall, un des responsables de l’Unams.

Selon Mohamed Sylla, un autre responsable de cette entité, cette grève était inévitable puisque leur structure a épuisé toutes les voies de recours. «Nous avons rencontré notre ministre de tutelle, Alioune Ndoye, et celui en charge du Transport, Omar Youm. Mais nous n’avons pas trouvé de solutions. Donc, nous n’avons que la grève comme arme de lutte pour nous faire entendre par le président de la République sur nos dures conditions de travail», dit-il.

Hier, premier jour de leur grève, le mot d’ordre a été bien suivi à Pikine. C’est le constat fait au Marché central au poisson, l’un des plus grands centres d’approvisionnement en ressources halieutiques de la banlieue. A notre arrivée sur les lieux, vers 9h, tous les tabliers l’avaient déserté. C’est un calme plat qui y règne. Pour le garage des camions qui acheminent les produits, n’en parlons pas puisqu’il est presque vide. Les rares chauffeurs de camions trouvés sur place se réjouissent du suivi du mot d’ordre de grève, même s’il y a un manque à gagner. «Le mot d’ordre est bien suivi. Et cela signifie que le secteur a des problèmes», a fait savoir Modou Cissé, un chauffeur de camion. Et d’ajouter : «Nous sommes fatigués des tracasseries sur les routes et du système de taxation à l’essieu mais aussi du manque d’aires de stationnement. Partout, nous sommes chassés comme des malpropres. Et pourtant, sans nous, personne ne mange du poisson».

Les responsables des organisations de mareyeurs partagent cet avis du chauffeur. D’après l’un d’eux, Djiby Ndiaye général «les mareyeurs étouffent à cause de ce système de taxation à l’essieu géré. Car, les machines ne sont pas fiables. Il y a aussi les tracasseries policières, douanières et celles de la Gendarmerie sur les routes. Il y a trop de postes de contrôle». Son collègue Modou Sow, un autre responsable des mareyeurs ajoutera qu’ils n’arrivent plus à avoir leur gagne-pain avec ce système de taxation à l’essieu.

Sur les raisons de leur contestation de la taxation à l’essieu, Mame Gor Fall explique : «Si vous dépassez le poids, on vous fait payer 300 mille francs d’amende. Et, on vous demande d’enlever le poisson qui est à l’intérieur. Ce qui fait que vous êtes obligés de louer un autre véhicule pour transporter le produit frais. De plus, dès qu’un homme de tenue voit votre véhicule, il vous arrête pour vous coller encore une amende».

Autre problème soulevé par ces mareyeurs, c’est la cherté de la carte de mareyeur qui est aujourd’hui achetée à 30 mille francs et renouvelée à 50 mille francs. «Sous Wade, on achetait la carte de mareyeur à 1 000 francs. Mais avec Macky Sall, c’est 30 mille francs et 50 mille francs pour le renouvellement. Ça, c’est trop cher», déplore Coumba Mbaye, une femme mareyeuse.

Des sources de WalfQuotidien signalent que ces grévistes ont rencontré les autorités en charge de la Pêche et des Transports pour discuter sur leur plateforme revendicative. Et finalement, ils sont tombés d’accord pour lever leur mot d’ordre de grève et mettre fin à ce mouvement qui avait déjà commencé à dégarnir le plat de riz des Sénégalais.

Théodore SEMEDO

 

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