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Départ de Zuma : Ne pas applaudir sa descente aux enfers (Par Ibrahima SENE)

CONTRIBUTION

Le vice-président de la République d’Afrique du Sud, devenu récemment président de l’Anc, parti majoritaire à l’Assemblée nationale, est devenu le remplaçant du président Jacob Zuma déchu ! Paradoxalement, il ne s’est trouvé personne à s’étonner de l’empressement du nouveau président de l’Anc à occuper le fauteuil de Zuma, dont le mandat à la tête de l’Etat arrive à terme dans moins de neuf mois ! Accusé de corruption, Jacob Zuma quitte le pouvoir sous la pression de son parti à l’instigation de son président. Ainsi, voilà quelqu’un qui s’est enrichi à travers l’exercice du pouvoir, et qui veut se présenter en fer de lance de la lutte contre la corruption, qu’il présente comme un objectif principal ! J’espère qu’il ne va se planter dans sa croisade contre la corruption.

En effet, avec les affaires privées, l’on n’est jamais loin de la corruption. La présidente Dilma Rousseff, au Brésil, n’a-t-elle pas été démise de ses fonctions pour «protection présumée d’un Lula accusé de corruption» par une majorité de parlementaires dirigée par des corrompus ? La présidente de la Corée du Sud n’a-t-elle pas été démise de ses fonctions pour protection de sa confidente accusée de «corruption et d’abus de pouvoir» ? La lutte contre la corruption est donc devenue une arme difficilement maîtrisable pour éviter son instrumentalisation. N’est-ce pas pour cela que notre opposition crie toujours à l’instrumentalisation politique de la lutte contre la corruption, dès qu’un de ses leaders est épinglé ?

Ce qui vient de se passer en Afrique du Sud ne devrait surtout pas entraîner un discrédit total de l’Anc jusqu’à lui faire perdre la majorité qualifiée aux prochaines législatives. Le départ précipité de Zuma est présenté comme nécessaire à l’Anc pour conserver sa majorité qualifiée à l’Assemblée nationale. Mais c’est ce piège, que les «juges anti-corruption» risquent de lui tendre en cherchant à discréditer davantage de dirigeants de l’Anc, avec l’appui des grandes puissances occidentales anti-Brics et le grand capital aux mains des Blancs, pour mettre fin à son pouvoir. L’Anc est à la croisée des chemins, et tous les panafricains devraient retenir leur souffle, au lieu d’applaudir à la descente de Zuma aux enfers.

Ibrahima SENE

Pit/Sénégal

 

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