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DIACK laminé, WADE vengé, exceptionnelle réussite de Macky SALL

Chronique de WATHIE

En pleine pandémie du Coronavirus, alors que tous ceux qui ont son âge sont chouchoutés, préservés, lui, du haut de ses 87 ans, arpente les couloirs d’un palais de Justice étiqueté « inculpé ». Celui qui a jadis porté tout haut les couleurs du Sénégal avant de présider aux destinées de l’une des plus importantes associations du monde, en est arrivé à raser les murs, à se faufiler entre les quidams, dans l’indifférence la plus absolue. Il est certes beaucoup question, de nos jours, de « Black Lives Matter », mais dans cette affaire, il n’est guère opportun de convoquer les forfaitures impunies de Sepp Blatter ou de Michel Platini. L’erreur fatale de Lamine DIACK a été de financer Macky pour combattre WADE.

 

Les autorités russes doivent se poser toutes sortes de questions sur la politique intérieure du Sénégal. En finançant l’opposition sénégalaise en 2012 à hauteur d’un million et demi d’euros, ils ne s’attendaient sans doute pas au scénario qui aboutit aujourd’hui à l’arrestation et au jugement de celui qui a contribué par leur biais au changement de régime au Sénégal. Lamine DIACK qui avait comme objectif de « renverser le pouvoir en place» n’a-t-il pas réussi ? La réponse est a priori oui puisque Me Abdoulaye WADE, en dépit de son forcing pour un troisième mandat, a été battu à plate couture. Pourquoi alors l’un des bailleurs des opposants devenus nouveaux gouvernants est dans le pétrin ?

 

Certains diront à juste titre que c’est parce qu’il a fauté, mais ne diront pas pourquoi Michel Platini n’est pas poursuivi. En dépit des aveux de l’ancien président de l’UEFA, la justice suisse, à travers le procureur du Ministère public de la confédération helvétique (MPC), qui l’avait petitement bousculé, a décidé de classer sans suite cette vraie affaire de corruption. 1,83 million d’euros, que Joseph Blatter, alors président de la FIFA, a indument versé à l’ancien capitaine de l’équipe de France de football, s’évaporent entre la France et la Suisse sans que le personne ne moufte. Il est vrai que ces deux délinquants en col blanc n’intéressent guère le Parquet financier de Paris. Mais avec Lamine DIACK, il ne décélère pas. Et justement, en Hexagone, cette institution judiciaire française créée en décembre 2014 est au cœur de l’actualité.

 

« Le Parquet national financier était devenu un bras armé pour assassiner politiquement notre candidat ». Ces propos de Nadine Morano, députée européenne, sont aujourd’hui devenus le leitmotiv de tous les « Les Républicains » qui ont écouté la sortie de l’ex procureure financière Eliane Houlette sur l’affaire François Fillon. La magistrate indique avoir été victime de pressions hiérarchiques. « Cette élection, elle était considérée comme imperdable. Imperdable, donc il fallait bien opérer d’une manière un peu plus violente et tactique… On a bien vu cette célérité de la justice, du parquet national financier, qui sur la base d’un article du Canard Enchaîné s’autosaisit avec une rapidité incroyable », s’indigne Nadine Morano. Comme elle, beaucoup considèrent que le « vol » de la dernière présidentielle française ne pouvait être opéré sans le Parquet financier français. Le JDD jauge son poids dans cette élection : « Le PNF (Parquet national financier) a changé le cadre juridique de l’enquête sur ­Fillon et son épouse, le 24 février 2017. Ce ­jour-là, ­Éliane ­Houlette interrompait subitement l’enquête préliminaire ouverte un mois plus tôt sur la base d’un article du ­Canard ­enchaîné et ouvrait une information judiciaire. Loin d’une simple étape procédurale, cette ­décision transférait la responsabilité de l’enquête de la police à un juge d’instruction ; et surtout, elle ­ouvrait la possibilité d’une mise en ­examen, alors que le candidat avait ­proclamé que seule une telle poursuite l’obligerait à se retirer ». Dans un autre article, le Journal Du Dimanche montre comment, comme au Sénégal, ce Parquet choisit ses dossiers. « Le PNF n’avait pas jugé utile de se pencher sur un contrat de vente de 36 avions Rafale passé en 2016 avec l’Inde. Dans le montage apparaissait une société ayant contribué au financement d’un film produit par Julie Gayet, la compagne de François Hollande, alors chef de l’État, bien que la presse ait souligné ce possible conflit d’intérêts. Il n’avait pas non plus estimé nécessaire de revendiquer la conduite des investigations autour de soupçons de financement irrégulier de la campagne d’Emmanuel Macron en 2017, via des réunions organisées à Lyon avec l’appui du maire Gérard Collomb. Le parquet local a depuis classé le dossier. Enfin, c’est le procureur de Paris, et non le PNF, qui avait ouvert une information judiciaire pour favoritisme dans l’affaire d’une soirée donnée à Las Vegas en janvier 2016 autour d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie. L’enquête est toujours en cours et des soupçons visent l’actuelle ministre Muriel Pénicaud, alors directrice générale de la société organisatrice de l’événement », écrit le journal.

 

Comme  Nadine Morano le soutient, le Parquet financier français est un bras armé qui choisit bien ceux qui reçoivent ses coups. Ainsi, Lamine DIACK, qui était sur sa ligne de mire, est invité à donner une conférence organisée à Paris par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Il débarque dans la capitale française le 1er novembre 2015 et est appréhendé avant d’être placé en garde à vue le même jour. Un guet-apens fatal à l’ancien de l’IAAF mis en examen et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire français. Mais pourquoi Lamine DIACK ? D’autant que, selon une circulaire de janvier 2014, reprise par le JDD, la mission du Parquet financier français est : « lutter de manière déterminée contre toutes les formes de fraudes et d’atteintes à la probité portant atteinte tant à la solidarité nationale qu’à l’exemplarité de la République ». Lamine DIACK a certes bourlingué mais a jalousement gardé sa nationalité sénégalaise. Alors comment il a porté atteinte à la solidarité et à l’exemplarité de la République française ? Ces magistrats considèrent-ils le Sénégal comme une province française ? Pour comprendre l’origine des déboires de l’ancien maire de Dakar, il n’est pas pourtant utile de s’attarder sur le Parquet financier français qui, comme tout bras, est manipulé.

 

« Je suis bloqué ici. Le traitement qui m’est réservé est profondément injuste ». C’est dans un cimetière qu’a retenti cet appel à l’aide de Lamine DIACK. Où est l’opposition qui a jadis partagé les plus de 982 millions de F CFA décaissés par la Russie ? L’Etat du Sénégal n’a pas uniquement ignoré l’un de ses plus prestigieux fils comme l’a soutenu clairement le ministre de la Justice. « Mon regard en tant que ministre et peut-être en tant que ancien avocat.  De LOIN, je CROIS que tout se passe bien. Ce n’est pas une surprise parce que Lamine DIACK est bien entouré, il a des avocats de son choix, il a tous les moyens pour se défendre, nous ATTENDONS le résultat ». C’est la réaction de celui qui sert de ministre de la Justice au Sénégal. Sur les ondes de la RFI, il étale la posture officielle du Sénégal. Il serait encore heureux pour Lamine DIACK si le Sénégal s’était limité à observer. « Valentin Balakhnichev faisait partie de l’équipe Poutine et, à ce moment -là, il y avait des problèmes de suspension des athlètes russes à quelques mois des championnats du monde en Russie. Moi, il fallait que je gagne Dakar. Nous nous sommes entendus. La Russie a financé. C’est Valentin Balakhnichev qui a organisé tout cela. C’est Papa Massata DIACK qui s’est occupé du financement avec Valentin Balakhnichev. Je n’ai jamais rencontré M. Poutine pour cela et ne sais pas si cette information lui est remontée». Ces déclarations de Lamine DIACK qui reconnait avoir demandé le financement de l’opposition sénégalaise en contrepartie du report des sanctions contre des athlètes russes incriminés lui valent sans doute tous les déboires. En finançant Macky SALL, notamment, pour combattre le régime d’Abdoulaye WADE, l’ancien ministre socialiste était loin de se douter qu’il ne s’agissait, en réalité, d’un seul et unique camp. C’est Me WADE qui savoure mais c’est le leader de l’APR qui a voulu en premier la chute de DIACK. Et ce n’est pas par hasard si Macky SALL qui a partagé le pétrole sénégalais entre les Français, les Britanniques et les Américains a envoyé à deux reprises Mankeur NDIAYE en Russie le 19 avril 2017 ensuite le 30 avril 2019. Alors qu’il était pour la presse question de pétrole, Macky SALL tranquillisait les Russes quant au rôle que tiendrait le Sénégal dans cette affaire de corruption qui éclabousse également la Russie. Pour ce qui concerne la France, le guet-apens tendu à Lamine DIACK par le bras armé qu’est le Parquet financier est juste un petit service rendu à quelqu’un qui a dépouillé son pays pour elle.

Sans être candidat à rien, Lamine DIACK comme beaucoup de Sénégalais à l’époque, était prêt à tout pour barrer la route à Me WADE qui avait fini par totalement défigurer la démocratie. Certains avaient risqué leur vie, lui avait mis ses sous. Macky SALL les a tous trahis et est prêt à tout pour que se réalise le rêve de WADE de voir les libéraux régner pendant 50 ans au Sénégal.

 

 

 

 

 

 

Mame Birame WATHIE

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