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Discours à la Nation : Macky égrène un chapelet de grandes promesses (texte intégral)

Le président SALL s’est adressé, ce vendredi, à la Nation, à la veille du soixantième anniversaire de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale.  un anniversaire qui ne sera célébré que « sobrement et symboliquement », à cause de la pandémie du Coronavirus qui a focalisé l’essentiel du discours de Macky SALL. Contre la propagation de celui-ci, le chef de l’Etat a brandi une batterie de promesses allant de la prise en charge des factures d’eau et d’électricité des plus démunis à la l’achat de vivres de soudure.

Mes chers compatriotes,
Demain, 4 avril 2020, nous célébrons le 60e anniversaire de l’accession de notre
pays à la souveraineté internationale.
A chacune et à chacun de vous, j’adresse mes chaleureuses félicitations. Je salue
avec respect et affection nos anciens combattants. Vos sacrifices immenses, chers
anciens combattants, resteront à jamais gravés dans nos coeurs et notre mémoire
collective. Puisse votre exemple inspirer notre jeunesse et semer en chaque enfant
de notre pays la graine du patriotisme qui nourrit le destin des grandes Nations.
A vous, officiers, sous-officiers et militaires du rang, je renouvelle ma confiance dans
vos missions au service de la Nation et de la paix dans le monde, souvent loin de vos
familles. Ces missions ne sont pas sans risque. Je salue la mémoire de nos soldats
tombés au champ d’honneur et forme des voeux de prompt rétablissement pour les
blessés. Aux familles des défunts et aux blessés, je veux assurer que l’Etat restera
toujours à leurs côtés.
Mes chers compatriotes,
Cette année, nous célébrons soixante ans de liberté retrouvée et de fraternité
constamment revitalisée. Nous devons ce parcours paisible et convivial à notre
commun vouloir de vie commune, à l’abri des turbulences qui déchirent les peuples
et froissent leur destin. Ce legs des anciens nous engage à tenir ferme le flambeau
de la liberté, de la paix et de l’unité nationale, afin qu’il continue d’illuminer notre
voie et celle des générations futures.
Un grand défilé civil et militaire devait marquer l’éclat de nos 60 ans d’indépendance.
Mais les circonstances exceptionnelles liées à la sévère pandémie du COVID-19 ne
permettent pas un tel évènement. En lieu et place du défilé, je présiderai demain, au
Palais de la République, une cérémonie de levée des couleurs, sobre et symbolique.
Toutes les autres manifestations initialement prévues sont annulées sur l’étendue du
territoire national.
Dans le contexte de lutte contre le COVID-19, le thème de la fête de l’indépendance
porte cette année sur « Le rôle des Forces de défense et de sécurité dans la gestion
des pandémies et autres catastrophes ». Voilà qui rappelle que nos Forces de
défense et de sécurité, fidèles au concept Armée-Nation, font corps et âme avec la
Nation, et en ressentent chaque pulsation.
Ainsi, au-delà des opérations liées à l’état d’urgence, l’Armée soutient également
notre vaillant personnel de santé, dont je salue, à nouveau, la disponibilité, le
dévouement, le courage, la compétence et surtout le professionnalisme. Cette
pandémie COVID-19, inédite par sa brutalité, son ampleur et ses effets paralysants,
renseigne à suffisance sur les nouvelles menaces qui pèsent sur l’Etat-Nation.
Nos Forces de défense et de sécurité doivent donc s’adapter davantage à la prise en
charge de ces périls, au double plan stratégique et opérationnel. Je poursuivrai le
renforcement des capacités de nos Armées à cette fin. Face à cette pandémie sans
précédent que nous vivons, je suis rassuré que toutes nos forces, toutes nos
intelligences sont unies dans le même élan de lutte.
Les consultations élargies que j’ai tenues la semaine dernière montrent que les
ressorts de notre Nation restent solides. Ne baissons pas la garde. Restons mobilisés
dans l’observance des règles d’hygiène individuelle et collective. Respectons les
mesures édictées par l’état d’urgence. Limitons nos déplacements. Restons à la
maison. Prenons, très au sérieux, cette maladie.
Evitons la stigmatisation, pour une maladie certes très contagieuse, mais pas du tout
honteuse. Signalons aux services de santé tout cas suspect, pour une prise en
charge précoce. C’est en observant ces règles que nous éviterons une propagation
générale du virus que nos structures de santé ne pourront pas contenir.
Mes chers compatriotes,
Comme partout ailleurs, notre économie subit de plein fouet l’impact du COVID-19.
Des secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, les transports, le
commerce, la culture, les bâtiments et travaux publics, entre autres, sont durement
affectés. Notre croissance économique soutenue sur plusieurs années est
brutalement freinée et passera de 6,8% à moins de 3%.
Mais ce soir, mes pensées vont particulièrement à toutes celles et à tous ceux qui
souffrent de l’impact de la crise du COVID-19. Je pense aux millions de pères, mères
et soutiens de familles menacés de précarité. Je pense à notre diaspora, si
généreuse envers la Nation et aujourd’hui éprouvée. Je pense aux nombreuses
entreprises et à leurs salariés, tous victimes de cette crise imprévue.
Je veux dire à tous et à toutes que l’Etat ne vous abandonnera pas.
Devant l’urgence, et en attendant une évaluation complète des effets de la crise sur
l’économie nationale, j’ai mis en place un Programme de résilience économique et
sociale, afin de renforcer notre système de santé et soutenir nos ménages, notre
diaspora, nos entreprises et leurs salariés.
Ce programme est décliné en quatre axes .
Premièrement, le soutien au secteur de la santé à hauteur de 64,4 milliards, pour
couvrir toutes les dépenses liées à la riposte contre le COVID-19.
Deuxièmement, le renforcement de la résilience sociale des populations. L’Etat
prendra en charge les dépenses suivantes :
– 15,5 milliards, pour le paiement des factures d’électricité des ménages abonnés de
la tranche sociale, pour un bimestre ; soit environ 975 522 ménages ;
– 3 milliards, pour la prise en charge des factures d’eau de
670 000 ménages abonnés de la tranche sociale, pour un bimestre ;
– 69 milliards, au lieu des 50 initialement prévus, pour l’achat de vivres au bénéfice
d’un million de ménages éligibles ;
– 12,5 milliards, pour aider la diaspora.
Troisièmement, l’Etat sauvegardera la stabilité macroéconomique et financière pour
soutenir le secteur privé et maintenir les emplois à travers un programme d’injection
de liquidités assorti de mesures fiscales et douanières.
Ainsi, 302 milliards seront consacrés au paiement dus aux fournisseurs de l’Etat. Les
règles et priorités de paiement concourant à l’objectif de stabilité économique seront
publiées et connues de toutes les entreprises. Ces dernières s’engageront à
maintenir les salaires.
Une enveloppe de 100 milliards sera spécifiquement dédiée à l’appui direct des
secteurs de l’économie les plus durement touchés par la crise, notamment les
transports, l’hôtellerie mais également l’agriculture. De même, en rapport avec le
secteur financier, l’Etat mettra en place un mécanisme de financement à hauteur de
200 milliards, accessible aux entreprises affectées, selon une procédure allégée.
L’Etat procèdera au remboursement des crédits de TVA dans des délais raccourcis
pour remettre de la trésorerie aux entreprises. Des remises et suspensions d’impôts
seront accordées aux entreprises qui s’engageront à maintenir leurs travailleurs en
activité pour la durée de la crise, ou à payer plus de 70% du salaire des employés
mis en chômage technique pendant cette période.
Cette facilité de trésorerie concerne les retenues opérées sur les salaires et les
cotisations sociales que les entreprises du secteur privé versent à la Caisse de
sécurité sociale et à l’IPRES. Pour la mise en oeuvre de cette mesure, l’administration
fixera, en toute transparence, les règles concernant lesengagements de l’Etat et la
responsabilité des entreprises.
Les Petites et Moyennes Entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à
100 millions de francs CFA, et les entreprises évoluant dans les secteurs les plus
impactés par la pandémie, notamment le tourisme, la restauration, l’hôtellerie, le
transport, l’éducation, la culture et la presse, bénéficieront d’un différé de paiement
des impôts et taxes jusqu’au 15 juillet 2020.
Au titre du soutien à l’investissement, il y aura une prolongation du délai général de
paiement de la TVA suspendue recouvrée par la douane et les services fiscaux de 12
à 24 mois ; ce qui représente un report de paiement de 15 milliards sur l’année
2020. Il sera accordé une remise partielle de la dette fiscale constatée au 31
décembre 2019, due par les entreprises et les particuliers, pour un montant global de
200 milliards.
De même, l’Etat procèdera à la suspension du recouvrement de la dette fiscale et
douanière des entreprises les plus affectées par le COVID-19. En contrepartie, elles
devront s’engager à maintenir les salaires de leurs employés ou à payer plus de 70%
du salaire des employés mis en chômage technique. Les entreprises et personnes
physiques qui soutiennent le FORCE COVID-19 sous forme de dons versés au compte
ouvert au Trésor public, pourront déduire ces dons de leur futur résultat fiscal.
J’ai également ordonné une réorganisation du budget par des coupes sur les
dépenses de fonctionnement et d’investissements reportés ; ce qui correspond à une
économie de 159 milliards de francs CFA. En outre, le gouvernement sécurisera 178
milliards pour couvrir partiellement des pertes de recettes budgétaires induites par la
crise.
Quatrièmement enfin, le Programme de résilience économique et sociale permettra
d’assurer l’approvisionnement régulier du pays en hydrocarbures, produits médicaux,
pharmaceutiques, et denrées de première nécessité.
Le gouvernement veillera particulièrement à lutter contre toute pénurie artificielle et
hausse indue des prix. L’ensemble des dépenses liées à la mise en oeuvre du
Programme de résilience économique et sociale seront couvertes par le Fonds de
Riposte contre les Effets du COVID-19, FORCE-COVID-19, doté de mille milliards de
FCFA, financé par l’Etat et des donations volontaires.
Au nom de la Nation, je remercie celles et ceux qui ont déjà contribué au FORCECOVID-
19 : secteur privé, personnes physiques et partenaires au développement.
J’invite toutes les bonnes volontés à se joindre à cet élan de solidarité nationale.
Afin d’assurer les meilleures conditions d’inclusion et de transparence, le FORCECOVID-
19 sera supervisé par un Comité de pilotage qui comprendra des
représentants de l’Etat, de l’Assemblée nationale, toutes sensibilités confondues, et
de la société civile. Au demeurant, cette crise doit aussi nous faire réfléchir
davantage sur nos limites et nos vulnérabilités.
Nous avons fait de grands progrès dans la production agricole pour assurer notre
souveraineté alimentaire. Mais nous devons encore produire plus, et mieux
consommer sénégalais pour être moins dépendants des marchés extérieurs. Je tiens
particulièrement à la mise en oeuvre accélérée du Programme d’autosuffisance en
riz.
Mes chers compatriotes,
Dans un contexte global marqué par de nouvelles menaces transfrontalières comme
le COVID-19, la vulnérabilité de l’Etat-Nation rend encore plus pertinent
l’attachement de notre pays au panafricanisme. Parce que l’unité africaine est pour
nous un impératif de premier ordre, je poursuivrai sans relâche mes efforts à
l’échelle sous régionale et continentale pour un front commun de l’Afrique dans la
gouvernance mondiale et la prise en charge de l’impact du COVID-19. Quand une
crise frappe toutes les économies, les plus faibles sont évidemment les plus
affectées.
Je renouvelle par conséquent mon appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux à
appuyer nos efforts en annulant la dette publique et en réaménageant la dette privée
selon des mécanismes à convenir. Du reste, la tourmente qui secoue le monde a fini
de révéler au grand jour la fragilité de tous les pays et leurs vulnérabilités
communes. Alors, il est temps de repenser l’ordre des priorités.
Il est temps de travailler ensemble à l’avènement d’un nouvel ordre mondial qui met
l’humain et l’humanité au coeur des relations internationales. Ensemble, mes chers
compatriotes, tenons bon. Ensemble, restons debout et combatifs. Ensemble,
gardons le cap sur l’objectif d’émergence, par le culte du travail, de la discipline et du
civisme.
Dans le temps long de la vie d’une Nation, le 60e anniversaire de notre
indépendance est moins un aboutissement qu’une étape symbolique ; une halte pour
revigorer notre marche solidaire et résolue vers un futur meilleur. Nous sommes à la
fleur de l’âge qui ouvre l’âge de la belle saison. Et l’histoire nous enseigne que c’est
en subissant l’épreuve du feu que le fer gagne en éclat. Il en est de même de la
Nation pour la sauvegarde de sa liberté. La liberté est un combat de tous les jours.
Et c’est à l’épreuve de ce combat qu’un peuple teste ses capacités de dominer
l’adversité pour rester libre et réaliser son destin. Unis et solidaires, j’ai foi en notre
détermination à hisser nos capacités à la hauteur de nos ambitions pour accomplir
notre grand dessein.
Vive le Sénégal en paix, toujours plus uni, plus libre et plus prospère ! Bonsoir et
bonne fête de l’indépendance.

 

 

 

 

 

 

 

 

One thought on “Discours à la Nation : Macky égrène un chapelet de grandes promesses (texte intégral)”

  1. Moi je ne m’y retrouve pas trop en tant que retraité.
    Les retraités dans le cadres des familles élargies ne peuvent même pas être concernés par l’électricité.

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