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Dr Cheikh SECK : « les autorités n’ont plus où mettre les patients »

Cheikh Seck ne partage pas la nouvelle trouvaille du ministère de la Santé et de l’Action sociale notamment les hospitalisations à domicile et les tests réservés désormais qu’aux patients pré-sentant des symptômes de la Covid-19.

le Chirurgien kinésithérapeute et rééducateur à l’hôpital Pr Idrissa Pouye, ex-Cto de Grand Yoff, estime que ces changements ne sont pas planifiés par le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf et ses services. Pour lui, c’est plutôt la situation qui les impose ce réajustement. Car, au début de l’épidémie au Sénégal, Diouf Sarr et son équipe ne parlaient que de cas contacts. Et d’ailleurs, rappelle-t-il, ces cas étaient recensés et mis en quarantaine dans les hôtels en attendant de faire des tests pour voir s’ils doivent être confinés ou pas. Le spécialiste rappelle qu’actuellement notre pays compte plus de 2 mille malades sous traitement. Et de son avis, ce chiffre est supérieur au nombre de lits dont disposent les structures hospitalières. «J’ai fait des recherches sur la situation des hôpitaux au Sénégal et j’ai des statistiques même s’il faut les réactualiser. Ce que je sais des hôpitaux, c’est que le plus grand en termes de capacité n’a pas 450 lits pour tous les services réunis. Et le nombre de lits pris par les patients de Covid-19constitue le neuvième ou le dixième du nombre de lits total.Si vous prenez tous les lits de Fann ; Le Dantec ; Principal ;Dalal Jamm et l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, ils ne peuvent pas contenir les 2 mille patients de Covid-19. Cela veut dire qu’aujourd’hui, les autorités n’ont plus où mettre les patients. Et on ne peut pas tester tous ces patients et les laisser dans la nature. Il faut qu’on les hospitalise.Et c’est très grave. C’est ce qui explique ces tests seulement sur les symptomatiques», explique Dr Seck.

Maintenant pour faire croire aux populations que c’est un changement de stratégie,note-t-il, le ministère de la Santé parle d’hospitalisation à domicile.Mais ce n’est pas un traitement à domicile. Pour la blouse blanche,«c’est très dangereux ce qui est en train de se passer au Sénégal avec cette pandémie». Sinon comment peut-on, s’interroge-t-il, traiter un patient de Covid-19 dans son domicile d’autant plus

qu’on sait que c’est une maladie pudique, les patients ne veulent pas que les gens sachent qu’ils sont atteints de coronavirus. De son avis, tout le monde sait que dans notre société, il suffit qu’on entende qu’un proche, parent ou voisin est malade, par sympathie on est pressé d’aller lui rendre visite.Parce que si l’on ne fait pas, on n’est considéré comme quelqu’un qui est sans cœur. Et qui dit visite,dit forcément rapprochement entre le patient et son hôte. Sans compter aussi les membres de la famille du patient traité à domicile. «Aujourd’hui, combien de personnes vivent dans des maisons en fa-mille où la distanciation physique est impossible ? Donc toutes ces personnes qui vivent avec les malades dans les maisons ne sont pas à l’abri. Elles risquent toutes d’être contaminées. Alors quand on hospitalise le malade même le médecin ou l’infirmier qui le soigne obéit à un protocole notamment à une désinfection ;un port de masque et tous les supports nécessaires pour ne pas choper le virus. Est-ce que toutes ces conditions sont remplies dans les maisons ? Non. Le ministère de la Santé est en train de créer,aujourd’hui, des bombes dans les maisons. Et le virus continuera toujours à se propager dans la communauté», alerte Dr Seck.

Qui invite Diouf Sarr et son équipe à arrêter de courir derrière cette pandémie et d’essayer de briser la chaîne de contamination du virus plutôt que de penser à comment traiter la maladie. Pour lui, les personnes âgées et les plus vulnérables doivent être isolées, parce qu’elles sont les principales victimes. Dr Seck reste convaincu qu’on ne peut pas lutter contre cette pandémie et penser à des intérêts économiques. C’est une  question de choix. Malheureusement, regrette-t-il, les autorités ont mis en avant l’aspect économique au détriment de la santé.

 

 

 

 

 

 

 

Samba BARRY

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