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ENTREPRISES SENEGALAISES EN DIFFICULTE : Le privé sur la piste de la coordination

Les sociétés sénégalaises ont besoin d’une bonne coordination entre les acteurs de l’écosystème de l’entreprise. Cela, en vue de sauver celles en difficulté. Le secteur privé, le patronat, les travailleurs, l’Etat sont en réunion depuis hier, à Dakar, pour trouver des pistes de solution.

Les entreprises sénégalaises sont en difficulté. C’est en cela que le privé sénégalais est revenu sur la situation des sociétés nationales. Il plaide, par la voie de Mansour Kama, président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), pour une meilleure coordination afin de prendre en charge les entreprises en difficulté. «Le problème que nous soulevons, c’est d’abord, celui de coordination, parce que vous ne pouvez pas avoir un dispositif avec autant de structures et qu’on ne soit pas à la hauteur. Cela veut dire que nous avons un problème de coordination», a expliqué Mansour Kama du Cnes, en marge de l’atelier, destiné à faire le diagnostic des entreprises en difficulté au Sénégal. M. Kama souligne, par exemple, que pour la commande publique, si toutes les règles étaient respectées, il y aurait beaucoup moins d’entreprises en difficulté. «Malheureusement, l’Etat est le premier à être en difficulté pour payer les entreprises. Cela a un effet sur les sociétés. Après vous avez la cascade. Vous ne pouvez pas remplir vos obligations fiscales. La banque est obligée de mettre en route son mécanisme de recouvrement…», analyse-t-il.

En revenant plutôt sur les facteurs qui plombent les entreprises sénégalaises. Dans son diagnostic, il analyse que cela peut être le marché qui n’est pas acquis en permanence. La compétitivité quand le produit n’est pas suffisamment compétitif. Il peut aussi être question des lourdeurs administratives lors des passations des marchés publics.

De l’avis de M. Kama, la question de fond, c’est quelle est l’efficacité du dispositif mis en place pour que les entreprises ne demeurent pas longtemps en difficulté, au risque de disparaître ? Il y a donc, d’après lui, à interroger le dispositif juridique, financier, la fiscalité, mais aussi les capacités de l’entrepreneur à faire face.

C’est compte tenu de tout cela qu’il faut, selon Mansour Kama, une démarche holistique qui repose sur la disponibilité de l’information. Dans ses explications, les entreprises vivent, en outre, des situations difficiles à cause de la dette, de la concurrence déloyale dans le secteur industriel, agroalimentaire, la transformation, la fraude. Le patron du Cnes fait le diagnostic sous la barbe d’Alioune Ndiaye, Directeur de cabinet du ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération et d’Innocence Ntap Ndiaye du Haut conseil du dialogue social (Hcds).

L’émergence avec des entreprises en difficulté

Dans la même veine, d’après Alioune Ndiaye, «c’est une approche holistique qu’il faudra avoir». Ce qu’on a commencé à avoir dans le cadre de la stratégie national de développement du secteur privé dont l’une des composantes majeures sera les entreprises en difficulté. «Il faut donc une cartographie plus profonde pour avoir des solutions pertinentes et adaptées», reconnait-t-il.

Interpelé, plus tôt, sur la carte des entreprises en difficulté, M. Ndiaye rappelle qu’en matière de croissance, c’est l’entreprise qui créé de la richesse, des emplois. Dans ces conditions, toutes les entreprises doivent avoir une oreille attentive du gouvernement. Cela en rappelant le recensement de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) qui avait permis d’avoir une idée de la cartographie du tissu économique au Sénégal, des entreprises en difficulté et des secteurs d’intervention.

Pour Innocence Ntap Ndiaye, il faut une recherche stratégique face aux difficultés des entreprises, car pour atteindre l’émergence, il faudrait compter sur des entreprises qui ne sont pas en difficulté. Plus tôt, Mme Ndiaye a laissé entendre : «Nous voulons mettre en place tous les acteurs de la chaîne de travail, pour toucher du doigt cette question des entreprises en difficulté, dans un contexte économique, marqué par l’exploitation future du pétrole et du gaz». Selon elle, puisqu’on parle de préférence nationale, la situation des entreprises doit être revisitée. Il s’agit d’aller au delà du constat et voir ce qui peut être fait pour les remettre à flots pour qu’elles atteignent les objectifs pour lesquels elles ont été créées, mais aussi maintenir les emplois et participer à la création de richesses.

 Emile DASYLVA

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