Categories ActualitésEconomie

ESCROQUERIE A GRANDE ECHELLE : la Section de recherches démantèle un réseau

La gendarmerie a demantelé un groupe de cinq jeunes soupconnés d’avoir escroqué un Espagnol, à hauteur d’un milliard 500 millions Fcfa. Soumis au feu roulant des questions des enqueteurs, les mis en cause ont balancé de gros bonnets de la République.

Une affaire d’escroquerie portant sur 1,5 milliard de FCfa a atterri, hier, devant la table du commandant de la Section des recherches. Dans ce dossier, sont impliqués cinq jeunes dont quatre, à savoir Moustapha Diop, Babacar Diop, Bassirou Mbengue et Pape Bâ. Ils ont passé la nuit d’hier entre les mains des enquêteurs. L’autre répondant au nom de Pape Baba Mbaye est déjà en prison, incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour depuis le 09 décembre dernier. C’est lui qui a indiqué aux enquêteurs les endroits où se refugient ses complices.

La victime de ces faits est un ressortissant espagnol installé au Sénégal en 2017, pour y dérouler son business. Après des investigations personnelles et des conseils d’amis, il décide de se lancer dans la livraison de produits alimentaires aux grossistes. Pour ce faire, il crée une entreprise dénommée «Sénégal Food plus Suarl» la même année. C’est dans ce cadre qu’il a démarré avec des importations de produits alimentaires venant d’Europe, d’Amérique, etc. destinés à la livraison de ses clients.

Ne pouvant effectuer seul ce travail, on le met en contact avec les cinq jeunes précités qu’il recruta en qualité de commerciaux. Leurs contrats assurés, ces jeunes lui serviront de relais avec lesdits grossistes. Pour les motiver, il met en place des commissions pour celui qui parviendra à décrocher le plus de clients. Un an après, les choses commencent à marcher. Sa société anonyme au capital d’un million, commence à faire des recettes. En 2018, les jeunes lui rapportent plus de 150 millions de francs Cfa par semaine.

Ce rythme ne durera pas longtemps car  quelques mois après, le patron de l’entreprise constate un gap financier. Une situation qui réveille une sorte d’angoisse chez lui parce qu’un écart important a été noté entre les produits livrés et la somme d’argent reçue par la société. Suffisant pour qu’il procède à un inventaire, afin de situer les problèmes. Avant cela, il a fait connaître aux jeunes qu’il ne peut plus fonctionner avec ces pertes. D’où la décision de ne plus leur donner de produits à livrer. A sa grande surprise, les grossistes l’appellent directement pour s’enquérir de la situation puisqu’ils ne lui doivent aucun sou.

Les mis en cause en garde à vue

C’est dans ces échanges que les masques sont tombées. Selon notre source, les grossistes au cours des entretiens avec l’Espagnol, ont révélé qu’ils versaient aux jeunes leur argent comptant. Interrogés, les cinq jeunes nient en bloc les accusations. Il aura fallu qu’il fasse le tour des magasins pour savoir réellement qui chantent faux entre les commerciaux et les grossistes. Cela, après avoir recueilli la version de ses proches collaborateurs. «Au départ, les sommes d’argent étaient transmises main à main. Quelques mois plus tard, les grossistes imposent aux commerciaux de changer de méthodes de paiement en leur demandant le numéro du compte bancaire de l’entreprise. Cela leur permettra d’effectuer directement des transferts car la cognotte commençait à dépasser les 150 millions par semaine», confie une source. «Au lieu d’en parler à leur patron, les jeunes se concertent en catimini pour ouvrir chacun un compte bancaire. Lesquels comptes bancaires seront passés à leurs clients respectifs pour le règlement des transferts. Sans vérification, les grossistes, à leur tour, commencent à y verser de l’argent tout en gardant des reçus pars devers eux», ajoute-t-elle. A l’en croire toujours nos informateurs, au lieu de verser à l’Espagnol son argent, les jeunes en abuse jusqu’à ce que ce dernier se rende compte que son entreprise va en faillite. Parce qu’un manque à gagner d’un milliard 500 millions de francs Cfa a été révélé par les auditeurs.

Pour l’heure, les cinq mis en cause sont placés en garde à vue dans les locaux de la section de recherches.

Salif KA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *