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Exploitation de carrières : Après Ngohé,  les Chinois mettent la main sur  Notto Diobass

La boulimie des Chinois dont l’expansion au Sénégal ne cesse de croitre est loin d’être satisfaite. Après avoir mis la main sur les carrières  de Ngohé, dans la région de Diourbel, la China Road and Bridge Corporation (CRBC)  vient de faire une nouvelle acquisition : les carrières  de la Commune de Notto Diobass.

Comme à Ngohé, les autorités les accueillent et les Chinois se chargent des populations récalcitrantes. A Notto Diobass, c’est le ministre du Commerce et celui des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement qui leur ont ouvert la porte ; après que le premier, Alioune SARR, maire de la commune a balisé leur chemin. Lors d’une cérémonie aux relents politiques, les trois parties (l’Etat, la commune et les Chinois) ont expliqué aux populations certains des points de leur accord de partenariat.

«Les parties s’engagent à nouer un partenariat en vue d’une exploitation responsable des carrières avec notamment la réalisation de projets sociaux et économiques au profit des populations en marge de l’exploitation des carrières situées sur les terres cultivées par les populations. Les parties prenantes s’engagent à appliquer les principes de la transparence, d’équité et de concertation dans le cadre des domaines couverts par le protocole d’accord», ont déclaré les associés, sous une salve d’applaudissement des militants du ministre membre de l’AFP.

Donnant des gages, le directeur général de la China Road and Bridge Corporation Zhang Jianguo s’est épanché sur les multiples projets que son entreprise entend mettre en œuvre dans le cadre de la Responsabilité sociétale des Entreprises (RSE). «Nous voulons faciliter le déplacement de la population le long du projet Ila Touba. Nous nous engageons à exécuter au minimum 25 km de piste. Ces travaux seront terminés dans 4 mois », a-t-il promis. Ainsi,  le tour est joué et la pilule de l’acquiescement passe.

Pourtant, selon nos informations, nombre d’entre les populations dont les terres arables sont visées restent perplexes et attendent de savoir à quelle sauce elles vont être mangées. Une prudence instinctive qui pourrait très vite se justifier. Car, pour la China Road and Bridge Corporation tous les moyens s pour extraire les carrières ont bons.

A Ngohé, l’entreprise chinoise n’a pas seulement donné des coups à l’environnement. Un villageois, indigné par l’exploitation du sol et des hommes, s’est fendu d’une contribution pour dénoncer les faits d’armes des Chinois dans sa localité.

«Après avoir connu la tranquillité, même si c’était la plus misérable, les habitants des villages de Yerady et de Nganème dans la commune de Ngohé, se sont réveillés un jour dans une poudrière insolente. Ils ont débarqué un matin des étrangers étranges par leur morphologie et leurs actes. Avec leurs voitures, machines et autres bulldozers, ils ont dérangé notre sommeil pour exploiter une soi-disant carrière latéritique. Et cela au cœur de notre village, aux portes des maisons, NA BITAKE NO MBIND KE. Et puisqu’ils n’ont pas rencontré assez de résistance de la part des populations, ils ont commencé leurs travaux. Mais c’est la faim, encore la faim; NOUS SOMMES TOUS AFFAMES. Comment peut-on céder son champ pour 200.000 f Cfa. C’est parce que nous avons tellement faim que nous pouvons nous rassasier des miettes. Ou bien c’est qu’on nous a menacés. On nous a dit que si vous refusez ces miettes, vos terres seront confisquées et toute opposition sera réprimée. Et si on dit cela à un sérère qui pense que toute personne qui fait la prison est foutue à jamais, il va capituler. C’est comme cela qu’on a intimidé nos sages mais ignorants parents. Et cela de la part d’une autorité censée représenter la collectivité locale mais qui en fait ne représente que ses intérêts. Mais il semble qu’elle n’était au courant de rien et que tout lui est tombé dessus; c’est ce qu’elle dit au moins. Faut-il simplement se demander comment les chinois sont-ils au courant de l’existence de cette carrière? Qui les a mis au parfum? Qui les a autorisés? Ce n’est pas un inconnu. Et si on met sens dessus dessous les coins et recoins de la maison c’est parce que le maître des lieux l’a voulu, au moins il est au courant. Mais c’est encore la faim, toujours la faim. Quand le père de la grande famille sacrifie les siens pour des miettes c’est parce qu’il ressent lui aussi une grande faim. En sus de cela il fait la sourde oreille aux plaintes et complaintes des populations qui depuis longtemps demandent la construction de leur école primaire en abri provisoire depuis près de 15 ans. Ces âmes assoiffées demandent aussi l’approvisionnement en eau de leur village car chaque matin, elles font la queue autour de leur puits pour étancher leur soif et celle de leurs troupeaux. Mais ce qui est plus déshonorant, c’est quand celui qui devait s’occuper et éviter autant que possible les menaces de dégradation environnementale et expositions sanitaires vous amène la peste de la poudrière et vous refuse ne serait-ce qu’une boîte de pharmacie. Et pourtant tout le monde peut imaginer qu’avec cette poussière il y aura forcément des pathologies. Mais le comble du déshonore, c’est quand, non satisfaits d’avoir pollué notre environnement, ces chinois pervertissent aussi nos mœurs en montrant à nos enfants et femmes des vidéos pornographiques ».

 

 

 

 

Mame Birame WATHIE

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