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Hommage à Sidy La Mine du savoir… (Par Abdoulaye FAYE)

CONTRIBUTIONJe déroge ici de mon sujet habituel pour rendre un énième hommage à un homme hors du commun. Le 04 Décembre 2018, le Sénégal a perdu l’un de ses défenseurs les plus acharnés. Évidemment, je veux parler de Sidy Lamine, la mine du Savoir .

Des mois seulement avant qu’il ne nous quitte, il nous a averti sur ce que nous sommes entrain de vivre. Rien ne laissait présager que la mine du savoir allait partir et franchement, je lui en veux un peu d’être parti si vite. Non Niass n’avait pas le droit de mourir, pas maintenant. Nous avions encore besoin de lui. Nous avions besoin de son verbe. Nous avions besoin de son érudition. Nous avions besoin de sa fougue. Nous avions encore besoin du baroudeur de la défense des intérêts du peuple souverain. Pourtant on n’y peut rien. La mort nous tombe dessus comme ça, sans avertir. Elle nous arrache ceux qu’on aime pour ne nous en laisser qu’un souvenir. J’ai reconnu son combat il n’y a pas si longtemps alors que j’étais un jeune assoiffé des combattants comme lui. Il ne mâchait pas ses mots ce mine . Je me souviens très bien de ces combats où il n’hésitait pas à qualifier publiquement les ennemis de la république de bandits, de voleurs, de crapules et de rapaces. On pouvait bien lui reprocher ses opinions parfois tranchées, mais à l’ère de l’hypocrisie et de la rectitude politique, une telle franchise avait un je-ne-sais quoi de rafraîchissant.

Censurer un homme comme lui était hors du domaine du possible. Sans cesse il nous rappelait l’affaire des traîtres et il a même était arrêté pour son combat auprès du peuple. Il avait une grande affection et une grande confiance envers les jeunes. Avec cette mentalité toute particulière qu’il avait héritée de son très cher père Khalifa Niass ( RTA), il nous rappelait sans cesse à nous, les jeunes, nous étions l’avenir de notre pays. Son message était clair, nous avions le devoir de prendre le flambeau. Sidy s’appliquait à préparer la relève et c’est pour cette même raison qu’il tenait tant à transmettre ses connaissances en arts oratoires.

Ainsi nous enseigna-t-il à nous exprimer, à utiliser des images et des figures de style, à parler tantôt calmement, tantôt avec vigueur. Parfois avec émotion, parfois froidement. À utiliser les silences et les variations. Bien que retraité, il n’a jamais renoncé à l’enseignement et nous a beaucoup appris. Un départ aussi précipité nous rappelle à quel point chaque moment passé est unique. Bon vivant, il aimait la religion, l’histoire, la politique, la philosophie. Mais il était d’abord et avant tout un croyant et un patriote. Ce kaolakois d’origine était, comme la plupart des gens de localité, un combattant, un croyant, un maître coranique et disciple de Cheikhou Tidiane.

Pendant toute sa vie, il s’est battu pour la libération du peuple, donnant conférence sur conférence, livrant discours par-dessus discours. C’est ce 04 Décembre que s’est arrêté son chemin et nous le continuerons pour vous Sidy lamine su savoir… Salut Patriote !

 

 

 

 

 

 

Abdoulaye FAYE

Panafricaniste saafi de Diass

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