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La société qui a gagné le marché de confection des cartes d’identité «a raflé 168 milliards par entente directe en 2007 et 2016», selon Jubanti Sénégal

Qui se cache derrière Iris? Une question pertinente si l’on sait que cette entreprise ne cesse de rafler de juteux contrats au Sénégal. D’après Jubanti Sénégal, Iris a raflé 168 milliards par entente directe en 2007 et 2016. A preuve, le 03 septembre 2007, elle signe un contrat pour l’établissement des passeports numérisés avec l’Etat. Le marché a été approuvé par le Premier ministre de l’époque Macky Sall quelques jours après.

D’après Mamadou Mouth Bane, le leader de ce mouvement politique, le montant de ce marché s’élève à 118 072 260 000 de francs sur 20 ans et équivaut à une moyenne annuelle 5 903 613 000 de francs. Selon lui, il est prévu la production de 10 millions de passeports électroniques sur toute la durée du projet, soit 500 000 passeports par an, au taux unitaire de 11 807 de francs. «Cependant, les statistiques montrent que, de 2004 à 2007, la production totale cumulée était de 416 604 passeports. Donc, celle-ci reste inférieure au nombre annuel de passeports fixé dans le contrat», dit la Cour des comptes, cité par ce dernier.

Mouth Bane qui note par ailleurs que la déconcentration a permis de créer, au niveau national, six centres, ajoute que les travaux relatifs à ces différents centres ont été confiés à un prestataire par l’ancien directeur du budget et des matériels du ministère de l’Intérieur, Ibrahima Diallo, devenu aujourd’hui directeur de l’automatisation du fichier. A propos de la réalisation de ces centres, la Cour des comptes a relevé de graves manquements. «Les opérations ont été liquidées et réglées sur la base de fausses certifications. Pour ces raisons, il n’est pas surprenant de constater que les centres de Matam et Tambacounda n’ont pas vu le jour. Les dispositions du contrat signé avec Iris ont prévu l’ouverture de centres de production de passeports à l’extérieur. (…) Les centres de Djeddah, Bamako, Abidjan et Libreville, prévus dans le contrat, n’étaient pas encore ouverts. Cette situation constitue un manque à gagner pour l’Etat du Sénégal dans la mesure où le nombre de passeports à produire chaque année est loin d’être atteint», note la Cour des comptes dans son rapport de 2009, toujours cité par Mouth Bane.

En outre, d’après lui, il résulte des dispositions de ce marché que l’Etat est lié à Iris par un Bot (Built Operate Transfer), en français Cet (Construction, Exploitation et Transfert). En effet, ces dispositions précisent que durant la période du Cet, Iris reconnaît au gouvernement du Sénégal toutes les licences d’exploitation nécessaires. En effet, il y est déclaré que «le projet couvre une période de vingt ans, au cours de laquelle Iris en sa qualité d’entrepreneur construira le Spe, dont il restera propriétaire et assurera la gestion. Mais à l’expiration du contrat, la propriété du système sera transférée au gouvernement du Sénégal». Cependant, regrette Jubanti Sénégal, aucune des procédures relatives aux contrats de construction, d’exploitation et de transfert n’a été respectée.

 Aussi, en 2009, elle recommande de traduire Ibrahima Diallo devant le conseil d’Enquête pour toutes les «irrégularités» qu’il a commises dans le cadre de la passation des marchés publics et de l’exécution des dépenses publiques et pour manquement aux devoirs de sa charge et de renégocier le contrat passé avec Iris. «C’est ce même Ibrahima Diallo qui est envoyé au charbon par le pouvoir pour défendre ce marché de gré à gré de 50 milliards de francs passé sur le dos des Sénégalais», se désole Jubanti Sénégal.

WALF

 

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