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Macky, Ismaïla Madior, Idy, Karim : Mody NIANG largue des bombes (INTERVIEW)

Enseignant de carrière et inspecteur de l’enseignement à la retraite, Mody Niang s’est fait connaitre dans tout le Sénégal à travers ses tribunes au vitriol contre les différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays, particulièrement ceux de Wade et de Macky Sall.

Une constance qui donne à ses prises de position cette neutralité rare chez les observateurs de la scène politico-sociale. Une distance critique qui fait que ses points de vue sont scrutés sur tous les sujets qui cristallisent l’actualité nationale. Entretien.

 

Walf Quotidien : Le gouvernement vient de trouver un accord avec les syndicats qui étaient en grève depuis plus de 4 mois. Conséquence : l’année scolaire a été prolongée de deux semaines. Objectivement, peut-on encore sauver l’année scolaire?

Mody NIANG : Nous sommes déjà en avril. Il ne reste que les mois de mai et juin et vous savez qu’au mois juin et un peu avant c’est l’installation de l’hivernage dans certaines régions, particulièrement dans le sud. S’aventurer à dire qu’on peut sauver l’année scolaire c’est osé. On peut sauver ce qu’on peut sauver, mais sauver carrément l’année scolaire je ne le crois pas. Trop de temps a été déjà perdu.

(…)

L’Etat propose de repousser les examens de deux semaines. Est-ce la solution?

Les repousser de deux semaines ne règle pas le problème. Et encore, les enseignants disent qu’ils ne travailleront pas au-delà du 30 juillet parce que c’est la fin de l’année scolaire et personne ne peut les obliger à travailler au-delà de cette date. Vous voyez donc que c’est compliqué. Je ne crois pas qu’on puisse régler ce problème. L’année scolaire 2017-2018 est presque perdue. On peut la «sauver» pour faire des examens et concours dans des conditions qui ne sont pas des conditions idéales et pour donner probablement les diplômes parce que le quantum horaire compte dans une éducation. Or, nous avons perdu énormément de temps. Quand on doit travailler neuf mois, alors qu’il nous en reste deux, trois au maximum, il est extrêmement difficile de rattraper le temps perdu. Donc, sauver l’année scolaire, je n’y crois pas.

L’Etat a décidé de ponctionner les salaires des enseignants grévistes cela ne compromet-il pas davantage la situation ?

C’est vrai que le salaire, ce sont des jours travaillés. Normalement, puisqu’ils n’ont pas travaillé, ils ne doivent pas percevoir de salaire, même si généralement on passe dessus pour sauver ce qu’on peut sauver. Mais cette année comme c’est un véritable bras de fer entre les enseignants et le gouvernement, ce dernier a dit : puisqu’ils insistent, ils n’ont pas travaillé depuis quelque temps, ils ne seront pas payés ce temps non travaillé.  Je pense que cela, on ne peut pas le reprocher au gouvernement, mais ça n’arrange pas la situation.

Globalement que faut-il faire ?

Il faut remonter aux causes lointaines parce que si on ne le fait pas on ne peut pas régler ce problème. C’est pourquoi dans une de mes contributions  publiées dans vos colonnes, quand vous les lisez, vous vous rendez compte qu’il faudrait remonter très loin aux causes qui ont créé cette situation-là. Je me rappelle avoir publié une contribution que j’ai intitulée : «Me Wade et l’incendiaire.» Parce que, à l’époque, comme cette année, le front social était surchauffé. De partout c’étaient des grèves et dans tous les secteurs, au niveau de l’éducation, de la santé, de la justice, etc. Effectivement, c’est lui l’incendiaire, c’est lui le principal responsable de la situation que nous connaissons aujourd’hui.  Macky Sall est venu. On  pensait qu’il allait peut-être régler ce problème, mais il a pris le même chemin.

(…)

Parlons maintenant politique. Le retour de Souleymane Ndéné Ndiaye vous inspire quoi ?

Ces retours ne surprennent pas parce que c’est pratiquement rentré dans les habitudes maintenant cette détestable transhumance. Wade l’a pratiquée, Diouf l’a pratiquée, à un moindre degré évidemment. Macky la pratique à outrance. Il l’a bénie d’ailleurs, lui-même. Et il y a recours à tout moment. Il l’a érigée pratiquement en stratégie, en politique de gouvernance. Cela n’étonne plus personne qu’un libéral aille rejoindre Macky Sall. Parce que Macky Sall est lui-même libéral. Ils ont appartenu à la même école. Ils ont été allaités à la même source de sorte que ce n’est pas étonnant que Souleymane Ndédé Ndiaye ou qu’un autre libéral le rejoigne parce que la transhumance est acceptée chez lui alors que c’est quelque chose de détestable.

Dans vos premiers livres vous parliez de rêve brisé du Sopi. Est-ce que ce rêve n’est pas plutôt en train de se réaliser avec le retour des libéraux au pouvoir ?

Pendant 26 ans, Me Wade nous a promis de changer la manière de gouverner de façon transparente, de façon plus efficace. Il est venu, il a fait pire que les socialistes. Ce Sopi pour lequel nous l’attendions, pour lequel nous l’avions élu n’a pas eu lieu. Les gens ont été déçus du Sopi. Ce qu’ils attendaient n’est pas intervenu. C’est la raison pour laquelle, le rêve du Sopi est brisé. Le rêve de changement, Me Wade l’a brisé complètement.

Est-ce qu’ils peuvent revenir, est-ce que le rêve peut être réhabilité?

Moi, je ne vois pas pourquoi. Parce que Me Wade a gouverné pendant 12 ans. Sa gouvernance, tout le monde l’a remarquée, a été une mal gouvernance, jalonnée de scandales aussi graves les uns que les autres, gravissimes parfois. Je ne vois pas comment et pour quelle raison, six ans après avoir quitté le pouvoir lui et ses hommes, les Sénégalais leur accorderaient encore leur confiance. Maintenant, les Sénégalais sont les Sénégalais. Parfois, ils étonnent. Ils m’ont étonné, en particulier, quand, après plusieurs années d’absence, Me Wade est revenu et a été accueilli par un monde fou pratiquement. Je ne comprends pas pourquoi les Sénégalais ont fait ça après tout ce qu’il a fait ici pendant 12 ans de règne. C’est vrai qu’il y a beaucoup qui croient en lui. La preuve, pendant les dernières élections législatives, le Pds s’est retrouvé avec 19 députés. Si Me Wade n’était pas venu, ça ne se serait pas passé de la même manière. J’en suis sûr. Donc, il y a des Sénégalais qui, malgré les lourdes fautes que sa gouvernance a entrainées, lui font confiance. Est-ce que c’est au point que le Pds pourra revenir au pouvoir et son candidat gagner éventuellement l’élection de 2019 ? Je ne le crois pas, mais on ne sait jamais avec les Sénégalais.

Je n’oublie pas les propos de Wade qui disait à propos de nous : «Les Sénégalais ont de la peine à se rappeler leur dîner de la veille. Ils n’aiment que l’argent et les honneurs.» Et c’est sur cette conception malheureuse de l’homo senegalensis qu’il nous a gouvernés pendant 12 ans. Peut être que ces Sénégalais n’ont pas de mémoire, parce c’était que cela qu’il disait ; ils sont amnésiques. C’est ce qu’il croit : ils ne croient qu’à l’argent. Si les Sénégalais sont effectivement comme ça, ils sont bien capables d’aller encore se jeter dans les bras de Me Wade ou de son fils. Mais, jusqu’à présent, je ne peux pas y croire.

«Quand on doit travailler neuf mois, alors qu’il nous en reste deux, trois au maximum, il est extrêmement difficile de rattraper le temps perdu. Donc, sauver l’année scolaire, je n’y crois pas.»

Que pensez-vous du parrainage ?

Ils ont dit que c’est pour rationaliser les partis politiques dans un premier temps. Mais il ne s’agit pas de partis politiques, il s’agit de candidats à l’élection présidentielle. Ils partent de l’argument qu’il faut être juste avec tout le monde. On l’impose aux candidats indépendants. Il faut maintenant, généraliser à tout le monde. Par conséquent, les candidats à la prochaine élection présidentielle doivent être soumis également au parrainage. Chacun d’eux devra obtenir 1 % de l’électorat. Cela nous mène à 65 mille signatures. Vous imaginez 65 mille signatures dans les régions du Sénégal ! Le temps, l’effort, les moyens que cela va demander à nos pauvres candidats et qui auront à faire face après à la campagne électorale pour l’élection  présidentielle de 2019. Eux (les gens du pouvoir, Ndlr), ils ne connaissent pas ce problème. Ils ont les moyens de l’Etat, ils en usent, ils en abusent. Ils ont commencé d’ailleurs à faire leur campagne alors que la loi n’est même pas encore promulguée. Ils commencent à l’appliquer. Cela nous donne une idée de ce que ces gens-là sont. Macky Sall, le président-politicien, est animé que d’une seule préoccupation. C’est de se faire réélire dès le premier tour. Et pour atteindre cet objectif, il est prêt à recourir à tous les subterfuges, à tous les moyens y compris les plus illicites.

Vous aviez établi un lien entre le parrainage et le référendum…

Macky est là, depuis six ans. S’il tenait vraiment à rationaliser et à imposer le parrainage, pourquoi il ne l’a pas fait jusque-là ? Pourquoi il attend à dix mois de l’élection présidentielle pour le mettre. Il en avait eu l’idée depuis le référendum, surtout depuis les élections législatives. Si vous voyez les gens regretter les 47 listes présentes aux élections législatives, parmi ces têtes de liste, vous pourrez en relever de nombreuses qui ne sont pas capables de mobiliser 500 mille francs Cfa. Ce sont des gens pour lesquels le président-politicien a donné la caution. Il y a deux à trois d’entre eux qui l’ont reconnu parce que c’était les élections législatives. Avec le mode «raw gaddu» (système majoritaire), plus les voix sont éclatées, mieux ça l’arrange. C’est la raison pour laquelle, il a fait de sorte que les listes atteignent ce nombre-là. C’est son choix. Il faut que les Sénégalais le sachent. Et à partir de ce moment, il s’est dit «voilà j’aurais l’occasion, le moment venu, de dire : avec autant de candidats, on ne peut pas organiser une élection présidentielle acceptable. Nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir 40-50 candidats à l’élection présidentielle». C’est prendre les Sénégalais pour des demeurés. Tout le monde sait qu’avec le niveau de la caution nous ne pouvons pas dépasser 10-12-13-14 candidats comme cela a été le cas dans les années précédentes. Ça, il le sait. Avec le parrainage, d’abord, il se fera une idée de ce que représente chaque candidat potentiel et il est capable, également, disposant de l’Administration, du Conseil constitutionnel, de la Justice avec la complicité de ces gens-là, d’invalider les candidats. Parce que dans ce parrainage, il faut que les Sénégalais le sachent, si un candidat bénéficie de la signature de trois ou quatre mêmes personnes, leurs candidatures sont invalidées. Dans cette perspective, avec tous les moyens du président-politicien, sa préoccupation d’être élu coûte que coûte au premier tour, il est capable de mobiliser des gens pour qu’ils aillent donner leurs signatures à Y et également à X. Quand c’est constaté, leurs deux signatures sont invalidées. Voilà le gros risque. C’est pourquoi, les gens doivent tout faire pour ne pas accepter cela.

Et que pensez-vous des recours de l’opposition après l’adoption de la loi sur le parrainage ?

Il y a des juristes qui disent que l’opposition ne peut pas saisir le Conseil constitutionnel pour lui demander de déclarer inconstitutionnelle cette loi. Ça m’étonnerait. Madické Niang, notamment, l’a dit. C’est lui qui veille à la régularité des lois, y compris la Constitution. L’opposition devrait pouvoir le saisir. Même si, effectivement, il était avéré que l’opposition pouvait légalement saisir le Conseil constitutionnel, je n’attends rien de ce recours-là. Je ne vois pas ce Conseil constitutionnel donner raison, satisfaction à l’opposition et invalider la réforme que l’Exécutif vient de voter. Je ne vois pas le Conseil invalider cette réforme que les députés viennent de voter. Le président de l’Union des magistrats du Sénégal dit que l’Exécutif a une mainmise sur la justice, donc on doute de l’indépendance de la justice. Je ne vois ni le Conseil constitutionnel, ni la Cour suprême aller dans le sens souhaité par l’opposition parce qu’ils ne seraient pas libres.

Pourquoi ?

Sept membres du Conseil constitutionnel créés pour rien ! Le travail qu’ils sont en train de faire, trois d’entre eux peuvent le faire. Depuis qu’ils sont là, ils ont été saisis une fois par le président de la République pour leurs avis, conseils, décisions par rapport à la volonté de diminuer le mandat de sept à cinq ans et de se l’appliquer. Au dernier moment, il a eu peur, il ne sait pas s’il sera réélu en 2017, alors il s’adresse au Conseil constitutionnel pour demander son avis alors qu’il avait trois ans, quatre ans pour demander cet avis. Avant d’être élu président de la République, comme il avait cet engagement dans son programme, il devait s’en tenir à cela. Il attend la dernière minute pour les saisir. Depuis lors, c’est le travail qu’on leur connait. Pour ça, on n’a pas besoin de sept magistrats, de sept membres du Conseil constitutionnel et avec des salaires extrêmement élevés. Ils ont chacun, si mes informations sont exactes, au minimum cinq millions de francs Cfa par mois plus une indemnité de logement de 1 million de francs Cfa. Cela fait déjà au minimum 6 millions de francs Cfa sans compter les véhicules, le carburant et les autres avantages invisibles. Pour ne pas exagérer, chacun des membres devrait nous coûter sept millions au moins. S’ils sont sept. Cela fait sept fois sept, 49. Près de 50 millions chaque mois pour le travail qu’ils font. Je pense que c’est de l’argent jeté par la fenêtre.

Que pensez-vous du professeur Ismaïla Madior Fall ?

Il m’a profondément déçu. Il a déçu beaucoup de Sénégalais. C’est un garçon pour qui j’avais beaucoup de respect, un garçon pour qui j’avais beaucoup d’admiration. C’était normal parce que c’est un professeur émérite de droit constitutionnel, respecté par les étudiants, bénéficiant de considération parmi ses étudiants et ses collèges. Il bénéficiait d’un grand prestige et même en dehors du Sénégal. Ses interventions, ses conférences étaient suivies massivement par les Sénégalais y compris par moi-même. A chaque fois que, dans mes contributions, je devais aborder une question d’ordre juridique, pour en avoir le cœur net, je l’appelais pour lui demander son avis. Et il ne tardait pas à me donner son avis très rapidement avec beaucoup de disponibilité. Vraiment, j’ai eu d’excellentes relations avec lui. Mais aujourd’hui, il m’a profondément déçu parce que, pour me résumer, les positions qu’il défend aujourd’hui avec véhémence sont le contraire exactement de toutes les positions qu’il défendait avant de devenir le conseiller spécial de Macky Sall puis son Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Il s’est renié comme Macky Sall s’est renié. Comme Me Wade s’est renié. Toutes les aptitudes qu’il défendait avec véhémence, avec conviction, au moins une conviction apparente, nous l’entendons aujourd’hui, défendre tout le contraire.

Quelques points de reniement ?

Vous l’entendez ces derniers temps dans des vidéos qui circulent dans le net dire les conditions dans lesquelles doit se faire une révision constitutionnelle. Il déclare qu’une révision ne doit pas se faire sans que le projet ait été discuté avec les membres de l’opposition, avec la société civile, pratiquement tout le monde. Vous l’entendez dire qu’on ne doit pas voter une réforme constitutionnelle sans un consensus. Il est vrai, il le dit, que la majorité compte mais la majorité on ne doit pas l’appliquer les yeux fermés. L’idéal, c’est d’abord d’en discuter auparavant avec tous les partenaires et de réaliser le consensus et ensuite de voter la réforme. C’est ça qu’il disait. Et aujourd’hui, il fait la même chose avec le président de la République et les députés.

(…)

«Ismaïla Madior Fall m’a profondément déçu. Il a déçu beaucoup de Sénégalais. C’est un garçon pour qui j’avais beaucoup de respect, un garçon pour qui j’avais beaucoup d’admiration.»

Que pensez-vous du rapport entre Macky Sall et ses alliés qu’il cherche à disloquer?

Une fois qu’il a accédé à la magistrature suprême, dès ses premières mois de gouvernance, il a eu à faire une déclaration inquiétante, celle que son objectif c’est de réduire l’opposition à sa plus simple expression. Ce n’était pas encourageant, parce que l’opposition a son rôle à jouer dans le jeu démocratique. Pour ce qui est de ses relations avec ses alliés, ça, c’est mon point de vue, Macky Sall ne vit que pour cette préoccupation : être réélu dès le premier tour et par tous les moyens, y compris les moyens les plus illicites. Donc, il n’aime pas avoir, en face, des opposants crédibles qui sachent lui porter ombrage. C’est la raison pour laquelle il a tout fait, dès le départ, pour avoir avec ses alliés des relations normales. Mais en réalité, il les a muselés tous à force de leur donner des prébendes à eux et à leurs proches. Non seulement, il les a muselés, il les a pratiquement rendu inoffensifs, mais il a voulu en même temps tuer leur parti. Il y est arrivé. L’Afp, aujourd’hui, n’est que l’ombre d’elle-même, le Ps, également. Sa préoccupation, ce n’est pas que les partis de ses alliés fonctionnent bien mais d’être réélu. Il n’hésite même pas à piocher dans les partis de ses alliés. C’est la preuve que, vraiment, il prend ses alliés pour des moins que rien. Parce que si, vraiment, il les considérait comme des alliés, s’il avait du respect pour eux, il se serait gardé d’aller débaucher jusque dans leurs partis respectifs.

Il y a des opposants qui  essayent de tenir bon comme Idrissa Seck.  Que pensez-vous de lui?

Ce qu’on constate en tout cas, c’est que, des élections de 2007 à celles de 2012, son score a chuté. On constate également que, dans la région de Thiès où il régnait en maître, il perd de plus en plus des voix. Maintenant, il a déclaré sa candidature et il a commencé en fait sa campagne électorale. Il fait le tour du Sénégal, c’est très bien. Il appartient aux citoyens d’apprécier le programme qu’il va leur présenter et d’apprécier l’homme. S’ils lui font confiance, ils n’ont qu’à voter pour lui, autrement, ils votent pour un autre candidat. Mais pour être honnête, je ne lui donnerai pas mon suffrage, je ne le crois pas.

À côté d’Idrissa Seck, il y a Karim Wade qui envoie parfois des signaux.

Je m’étonne parfois, peut-être même je suis indigné parfois d’entendre les Sénégalais parler de la candidature de Karim Wade, du danger qu’il représenterait pour Macky Sall…On le présenterait même comme le candidat du peuple sénégalais. Quand j’entends ces déclarations, ça me fait mal. De mon point de vue, Karim Wade ne peut pas être le candidat du peuple. Il ne devrait même pas être candidat à l’élection présidentielle étant donné ses antécédents. Qu’on n’oublie pas que Karim est le fils de Me Abdoulaye Wade qui a dirigé le pays de 2000 à 2012, pendant 12 longues années de très mauvaise gouvernance. Et pendant ces 12 longues années, il a associé son fils activement. En un moment d’ailleurs, il l’a nommé ministre des Infrastructures, de la Coopération, etc. au point que les gens parlaient de Karim comme «ministre du ciel et de la terre».

Pensez-vous que Karim ne fera pas la rupture ?

Il ne peut pas faire la rupture. Son père n’a pas pu faire la rupture. Je ne le vois pas candidat à la présidentielle. Je crois même que le seul fait d’être le fils de son père, cela le disqualifie pour la candidature à l’élection  présidentielle de 2019.

Mais Karim est avant tout un citoyen avec des droits ?

Mais  lui, c’est mon point de vue, il n’a aucune chance de devenir président de la République du Sénégal. Et encore que je doute qu’il se présente parce qu’il ne faut pas qu’on oublie qu’il a été condamné même s’il a été gracié. La condamnation ferme est là. Et Macky Sall, je n’ai pas le sentiment qu’il le laissera faire et croisera les bras. Je ne crois pas que Karim Wade, pour plusieurs raisons, participe à l’élection présidentielle de 2019. Maintenant, pour être candidat à l’élection  présidentielle, avec la prochaine réforme du code électoral, il faudrait être d’abord électeur. C’est pourquoi probablement, il s’est empressé d’aller s’inscrire. Mais est-ce qu’il peut s’inscrire avec sa condamnation ?  C’est ça le problème. Est-ce que sa carte est valable ? Ça aussi, il faut se poser la question.

On sent un rapprochement entre vous et Ousmane Sonko. Pourquoi lui?

De 1962 à nos jours, nous sommes gouvernés par les mêmes qui se relaient pratiquement. C’est le même système de gouvernement qui est un déni de bonne gouvernance. Ils ont fait leurs preuves que ce ne sont pas de bons gouvernants.  Nous avons, quand même, le droit, après 58 ans, d’être dirigés enfin par des gens vertueux, par des gens qui mèneront une politique transparente, sobre et vertueuse comme disait l’autre. Nous avons le droit à des ruptures profondes du genre que celles que préconisaient les Assises nationales. Dans cette perspective, mon souhait serait que toute la classe politique qui a joué un rôle plus ou moins important de 1962 à nos jours dans ce système-là, soit balayée au profit d’autres hommes neufs. Et je pense, en toute sincérité, que le jeune Sonko pourrait faire partie de ces jeunes-là. C’est un homme jeune, compétent, bien structuré qui sait ce qu’il dit et qui le dit bien. C’est un inspecteur des Impôts de classe exceptionnelle.  Il connait l’administration, il connait la fiscalité et c’est déjà beaucoup. Et c’est un garçon honnête sur qui on peut compter.

Réalisé par Charles G. DIENE & Emile DASYLVA

One thought on “Macky, Ismaïla Madior, Idy, Karim : Mody NIANG largue des bombes (INTERVIEW)”

  1. Mr Niang est devenu un cas pathologique! Ce qui est plus grave est qu’il dénie aux sénégalais le droit de ne pas voir comme lui.
    Ce comportement a bien un nom. Je l’ai vu un soir sur un plateau de TV , il était minable, il n’a que ses certitudes et sa haine viscérale pour les Wade. Ce qui même en religion est interdit.. Son incontinence verbale n’a d’égale que sa courte vue, et son analyse dépourvue de probité intellectuelle. Il doit se soigner avant que ça devienne incurable.
    J’aimerais bien le voir face un représentant du PDS.

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