Mamadou NDOYE : «On est dans une affaire montée de toutes pièces contre un adversaire politique pour le discréditer et l’éliminer»»

Derrière l’affaire Ousmane Sonko-Adji Sarr, il y a la main de l’Etat. C’est tout le pouvoir, soutient Mamadou Ndoye, l’ex-secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld), qui est mobilisé pour éliminer «un adversaire politique». Soutenant la thèse du complot à plusieurs niveaux sur les ondes de Iradio, ce dernier laisse entendre que l’accusatrice de Sonko est manipulée par le pouvoir.

Le dossier «Sweet Beauty» dans lequel est impliqué le leader de Pastef est conspiré par le pouvoir. C’est la position de Mamadou Ndoye, ancien secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld). Fort de ce constat, ce dernier voit la main de la mouvance présidentielle derrière cette affaire. «Ce n’est pas une affaire privée. Et je ne la considère pas du tout comme une affaire privée comme je ne considérais pas l’affaire Khalifa Sall comme une simple affaire pénale. C’était une lutte pénale contre un leader politique. Et le cas d’Ousmane Sonko est aussi une lutte politique», analyse-t-il. Selon qui, cette affaire, à l’instar de celle Khalifa Sall, n’est rien d’autre qu’une tentative de liquidation politique d’un adversaire par le régime actuel. «C’est important de le dire parce que ça se joue de l’avenir de la démocratie dans notre pays. Est-ce que nous allons nous battre à partir de projets politiques ou de lutte d’idées ? Est-ce que nous allons nous battre à partir de basses manœuvres, de calomnies, de dénigrements ?», s’interroge Mamadou Ndoye.

Ce militant de la gauche qui était l’invité de l’émission soutient qu’on est en train «de manipuler une pauvre jeune fille perdue qui ne sait même pas où elle va». «Elle est manipulée par ceux qui sont au pouvoir», laisse entendre Mamadou Ndoye. Dans ses analyses, le Jallarbiste souligne qu’il s’agit d’un «faux viol» orchestré par le camp présidentiel. «C’est tout l’appareil d’État qui est mobilisé pour éliminer un adversaire politique», soutient-il. Pour appuyer la thèse du complot, Mamadou Ndoye évoque la célérité dont la gendarmerie et le parquet ont fait montre dans cette affaire. Pour lui, chaque jour il y a des plaintes pour «viol» dans ce pays qui n’ont jamais suscité autant d’énergie. «Vous avez vu la police nationale y compris celle occidentale avoir tant de célérité pour une affaire de viol ? Ça n’existe pas. On a accéléré la procédure policière. Et qui a cette possibilité ? Pour moi, c’est l’État», déplore-t-il. Non sans manquer d’évoquer la longue liste de dossiers sur la table du procureur de la République qui attendent. «Pourquoi il met en priorité un tel dossier ? Pour moi, encore une fois, la main de l’Etat est là pour accélérer cette procédure pour lever l’immunité parlementaire qui demande l’action du ministre de la Justice. Tout cela montre que la main de l’Etat est dans ce dossier», fait-il savoir. «C’est pourquoi, je parle de manipulation. C’est la mobilisation de tout l’appareil d’Etat autour de cette affaire, mobilisation de la police, du ministère de la Justice, du Procureur et aujourd’hui de l’Assemblée nationale. On est dans une affaire montée de toutes pièces contre un adversaire politique pour le discréditer et l’éliminer», révèle Mamadou Ndoye.

Mamadou Ndoye fait savoir que, dans cette affaire, c’est la démocratie et la question des droits de l’homme, au Sénégal, qui risquent d’en pâtir.  Sur le respect de la vie privée du leader de Pastef, Mamadou Ndoye pense, qu’en tant qu’homme politique, Sonko a le droit de se rendre dans un salon de massage. «Ce n’est pas une maison close. Ce n’est pas une maison de prostituées. S’il était allé dans une maison de prostituées, on aurait pu dire qu’il n’aurait pas dû y aller», décortique-t-il.

 

 

 

 

 

 

 

 

Salif KA

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