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Manifestants arrêtés : la police s’est-elle trompée de cibles ?

Les dépositions des prévenus en audience spéciale devant le tribunal des flagrants délits de Dakar laissent croire que les forces de défense et de sécurité s’étaient trompées de cibles. Cela dénote une confusion totale sur les profils des prévenus présentés, hier, à la barre. Plus de la moitié d’entre eux ont déclaré n’avoir pas pris part à la manifestation. Ils ont été interpelés, selon leurs déclarations, soit devant leurs domiciles, soit au marché ou dans leurs lieux de travail. C’est le cas du prévenu Mouhamadou Mbaye, vendeur de vaisselles au marché Sahm. «C’est au moment de ranger mes bagages dans un bâtiment que les policiers m’ont arrêté», soutient-il, balayant d’un revers de la main les accusations portées contre lui. Même son de cloche chez Serigne Cissé, laveur de voitures. Selon lui, c’est à son retour de travail, à la cité Barrique, qu’il a été interpellé. «Ils ont regardé mes mains et mes jambes avant de m’embarquer. Ils ont cru que je faisais partie des manifestants. J’ai tenté de les raisonner, en vain», déplore-t-il.

Le prévenu Moussa Diop, marchand de sacs et chaussures sur le Boulevard du Centenaire, a été interpellé, lui aussi, à son retour de travail. «C’est en cours de route que des gens m’ont arrêté avant de me ruer de coups», laisse-t-il entendre. Vendeur de poivres, d’oignons et d’autres condiments, Abdou Akim Dramé a été interpellé en même temps que trois autres dans un taxi clando et conduit à la police des Hlm. «Ils ont sorti leurs cartes pour nous dire qu’ils étaient des policiers. Ils nous ont dit qu’ils vont nous conduire au poste avant de nous libérer à la fin de la manifestation. Je venais juste de ranger mes bagages pour rentrer avant que la situation ne dégénère», soutient-il.

Tailleur de profession, Mamadou Aliou Diallo a été arrêté dans une cantine au marché Hlm. Il a été confondu avec des manifestants qui s’étaient re- tranchés dans cet endroit. A la barre, il déclare qu’il était en train de livrer une tenue traditionnelle à un client. «Je ne suis pas un manifestant. J’étais juste parti au marché Hlm pour acheter des garnitures pour la finition. Je devais livrer la tenue samedi matin», fait-il sa- voir. Idem pour Ndongo Gningue, apprenti taxi bagage. «Je suis apprenti taxi bagage. C’est une lacrymogène qu’ils ont balancée sur notre véhicule», renseigne-t-il. Ces mêmes déclarations ont été tenues par plusieurs prévenus : étudiants, élèves, vigiles, etc

Salif KA

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1 Comment

  1. Assane SAll says:

    J’ai pitié pour les policiers

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