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Mauritanie: le président Ghazouani limoge un homme-clé du système Aziz

Le président mauritanien, Mohamed Cheikh ould Ghazouani, a limogé hier, mercredi, le commandant en chef du Bataillon de Sécurité Présidentielle (BASEP), le colonel Mohamed Mahfoudh ould Mohamed Hadj. Ce limogeage intervient dans un contexte de divergences entre l’ancien et le nouveau président.

Le colonel Mahfoudh ould Mohamed Hadj a été limogé par le président Mohamed Cheikh ould Ghazouani de la tête du Bataillon de Sécurité Présidentielle (BASEP), une unité d’élite de l’armée mauritanienne, en charge de la sécurité du président de la République.

Celui-ci a été aussitôt remplacé par un autre colonel, du nom de Ahmed Mohamed ould Lemlih, qui aura désormais la charge de la sécurité présidentielle avec comme bras armé une autre unité d’élite de l’institution militaire.

Il faut dire que l’image renvoyée par cette unité d’élite qu’est le BASEP se confondait avec celle de Mohamed ould Abdel Aziz, qui en a assumé le commandement pendant les années 2000, à la fois sous les régimes de Maaouya ould Sid’Ahmed Taya et Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi, avec, à la clé, des putschs réussis contre ces deux présidents dont il était en charge de la sécurité.

Dans la foulée de cette décision présidentielle, qui est intervenue à la veille de la célébration de l’indépendance de la Mauritanie, une vingtaine de véhicules du BASEP, montés de mitrailleuses lourdes, ont quitté la ville d’Akjoujt (à 250 kilomètres au Nord de Nouakchott), qui doit abriter ce jeudi 28 novembre, les festivités du 59e anniversaire de l’indépendance nationale du mercredi 27 novembrei.

Ce réajustement dans la sécurité présidentielle intervient dans un contexte politique particulier, caractérisé par des divergences entre Mohamed ould Cheikh El Ghazouani et son prédécesseur, Mohamed ould Abdel Aziz, au sujet du contrôle de l’Union Pour la République (UPR), principal parti de la majorité.

A ce titre, après la rencontre entre l’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz et certains dirigeants de l’UPR et des membres du gouvernement, une «interdiction formelle» avait été faite aux hauts gradés de l’armée de rendre visite à l’ancien président de la République, selon un organe de la presse locale, citant une source anonyme.

Probablement instruit par cette expérience et un passé commun, le nouveau chef de l’Etat semble préférer les militaires de rang aux chefs de la garde prétorienne de son prédécesseur, qui étaient uniquement désignés sur la base du critère de loyauté vis-à-vis de l’ancien président.

Commentant la crise politique entre le président Mohamed Cheikh ould Ghazouani et son compagnon depuis une quarantaine d’années, Mohamed ould Abdel Aziz, un haut responsable de l’opposition alerte l’opinion publique sur les réseaux sociaux par ces termes: «le peuple, les forces démocratiques, ne peuvent assister en spectateurs au grand duel dont l’enjeu n’est rien moins que notre droit de disposer de nous mêmes, comme peuple et comme citoyens. Il faut oser lutter et oser vaincre».
Le360.afrique

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