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REDUCTION DE LA LIGNE TELEPHONIQUE, SUSPENSION D’ACHATS DE VEHICULES… Ces deux mesures de Macky qui donnent raison à Sonko

Au rythme où vont les choses, l’histoire risque de donner raison à Ousmane Sonko sur le pouvoir. Rien qu’avec les deux décisions prises par le président de la République, Macky Sall dans un intervalle de moins de 6 mois, on peut déduire que le régime a bien appris des dénonciations du leader de Pastef/Les Patriotes. Il avait évoqué, depuis bientôt quatre ans, les sujets de la ligne téléphonique et du parc automobile de l’administration.

La conscientisation des masses du leader de Paftef/Les Patriotes, en l’occurrence Ousmane Sonko commence à porter ses fruits. Son discours qui était adressé à l’opinion publique et tenu depuis bientôt quatre ans, semble être bien perçu par le régime. Même si Macky Sall et ses collaborateurs refusent de reconnaître la clairvoyance de ses dénonciations sur la mauvaise gestion des affaires de la République, ces deux décisions prises en moins de 7 mois, en Conseil des ministres, donnent raison à Ousmane Sonko. De par ces nouvelles décisions saluées par l’opinion, on peut en déduire une sorte de prise de conscience du pouvoir. Il s’agit de celle prise avant-hier par Macky Sall de suspendre les achats de véhicules administratifs jusqu’à nouvel ordre. La deuxième concerne la réduction du coût de la ligne téléphonique des agents de l’Etat. C’était lors du lancement du Programme d’appui à la modernisation de l’Etat présidé par Macky Sall, le 5 août 2019, au Cicad.

En effet, si on suit l’évolution des choses, l’histoire est en passe de donner raison à cette «bête noire» du régime en place. En public aussi bien dans ses écrits, notamment son ouvrage intitulé «Solutions pour un Sénégal nouveau» paru en 2018, ce candidat malheureux à l’élection présidentielle du 27 février 2019 n’a de cesse de rappeler aux citoyens que le confort et le manque de priorités dans les programmes de l’Etat sont à l’origine de leurs souffrances. Et cela, depuis sa radiation de la Fonction publique. «Les Sénégalais sont plus que lassés de ses simulacres d’indignations présidentielles jamais suivies d’effet tout simplement parce qu’il s’agit de juteux marchés impliquant les proches, amis et collaborateurs ainsi enrichis sans cause», s’est désolé Ousmane Sonko sur sa page Facebook. Dans ce petit texte intitulé, «Macky Sall et le cirque de la gouvernance sobre et vertueuse», il renvoie le pouvoir à la page 134 de son livre publié en Septembre 2018. Dans cette page citée en sus, Ousmane Sonko, outre les «scandales à répétitions» qui secouent la gestion de la mouvance présidentielle, s’offusque contre ce qu’il qualifie de «gaspillage». Lequel gaspillage, écrit-il, constitue «l’autre moyen de dilapidation des ressources. Les dépenses politiques fantaisistes avec la démultiplication de ministères, la création tous azimuts d’institutions politiques et d’agences, uniquement pour caser une clientèle politique de partisans et d’alliés, véritables parasites étatiques ; ce qui provoque une hausse énorme et irrationnelle de la masse salariale et des dépenses de fonctionnement». Dans la même veine, Sonko s’en prend, dans ses écrits, à «la forme de commandes en matériels administratifs répondant à aucune nécessité, pour enrichir des entrepreneurs choisis qui, à leur tour, ristournent une part à ces mêmes autorités».

Dans son livre, le leader de Pastef/Les Patriotes fait état du volume du parc automobile de l’État pour se rendre compte que «certaines autorités sont dotées de deux, trois voire plus de véhicules allant des berlines de luxe aux grosses cylindrées 4X4». «Partout dans les rues de Dakar gisent des véhicules de l’État qui, faute d’entretien, deviennent des épaves et finissent à la ferraille. Ce sont des centaines de milliards qui sont gaspillées ainsi d’année en année, dans l’indifférence totale», lit-on. Et pourtant, il n’avait pas été pris au sérieux. Certains leaders du pouvoir qualifiaient ses dénonciations de «cirque» allant même jusqu’à le traiter de «rancunier». «Quand j’étais fonctionnaire, ce qui me choquait beaucoup c’était le rythme auquel le mobilier et le matériel de bureau étaient renouvelés alors que l’existant était encore intact. Et il n’était pas rare de retrouver du matériel de qualité délaissé dans la cour et détérioré progressivement par l’exposition au soleil et à la pluie. Et encore, on ne parle pas ici des énormes budgets engloutis par les consommations d’électricité au-delà même des heures de travail ni de carburant», écrit Ousmane Sonko à  la page 134 de «Solutions pour un Sénégal nouveau».

Salif KA

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