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RELATIONS AVEC LES PARTIS DE L’OPPOSITION : Sonko pas dans une logique d’alliance à tout prix

Le leader du Pastef-Les patriotes ne semble pas être dans une dynamique de coaliser avec les partis de l’opposition qui incarnent le système qu’il combat. Des partis qui ont été avec Senghor, Diouf, Wade et aujourd’hui avec Macky Sall.  Sur le Dialogue national, il affirme qu’il est créé pour brouiller les positions.

Le président du parti Pastef/ les patriotes, Ousmane Sonko a estimé qu’il n’est dans aucune alliance avec Idrissa Seck, Khalifa Sall et Abdoulaye Wade. C’est ce qu’il a émis, dans un entretien accordé à Rfi«Actuellement, chacun a son organisation politique et la gère», dit-il. «Nous avons un cadre, un front, pour aborder ensemble un certain nombre de questions. (…) J’ai entendu que le Pds a quitté l’organisation… Nous avons ce front. Au-delà, nous, nous ne sommes en coalition avec aucun des acteurs politiques que vous avez cités. Mais nous gardons des relations courtoises et nous restons ouverts, pour certains en tout cas, à envisager ces possibilités-là», ajoute Sonko. Pourtant récemment, lors de sa rencontre avec le leader de Taxawu Sénégal, l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, il a évoqué une possible alliance entre les deux partis mais sur la base de convictions communes et de programme. «Pastef est tout a fait ouvert de voir des perspectives ensemble, trouver qu’est-ce qu’on peut faire ensemble pour ce pays. Une chose est facile de se réunir pour faire une coalition sans base programmatique, juste se réunir pour combattre le régime en place. Pastef dit non, car c’est un éternel recommencement. Ceux qui étaient ensemble en 2000, en 2003 ils se sont séparés. Donc sachez que Pastef ne s’ouvre pas à tout le monde. Notre alliance se base sur la vérité. Mais sur la base de discussions, une alliance entre les deux partis est probablement envisageable pour ce pays», disait-il. Seulement à en croire Ousmane Sonko, il veut incarner l’opposition radicale qui doit apporter une véritable rupture avec le système actuel de gouvernance du pays. «On est nés dans la radicalité. Nous, nous venons pour nous opposer et nous opposer fermement. Non pas à un homme, mais à un problème de système. Et c’est pourquoi vous avez des gens qui ont travaillé avec le Président Senghor, qui ont travaillé avec le Président Diouf, qui ont travaillé avec le Président Wade, qui aujourd’hui sont encore responsabilisés par le Président, alors qu’ils sont d’idéologies totalement différentes. Notre classement volontaire dans cette rubrique d’opposition radicale, ce n’est pas par rapport à Macky Sall. Tant qu’on focalisera le débat sur un homme, on va faire des alternances, mais on ne fera pas dans l’alternative», a laissé entendre, le candidat arrivé à la troisième position lors de la précédente présidentielle.

Sur un autre registre le leader du Pastef a été interpellé sur le dialogue national. Il estime que malgré la discussion des thèmes qui lui tiennent à cœur comme la gestion des ressources naturelles ou la gouvernance, ce dialogue n’a aucune pertinence. «Le dialogue peut brouiller nos positions. Quelle est la pertinence d’organiser un dialogue national au Sénégal C’est un pays paisible. Pourquoi éprouver le besoin de convoquer une sorte de conférence nationale dans un pays comme ça, qui est sorti d’une élection il y a un peu moins d’un an ? Cela va aboutir à une distribution du gâteau, au gouvernement d’union nationale, etc. Nous ne sommes pas preneurs», soutient-il.

Le responsable de PastefLes Patriotes est revenu sur les six ans d’existence de son parti. «Nous sommes un parti qui est né du néant politique, contrairement à ce qu’on avait l’habitude de connaître, où les gens font leurs classes politiques dans de grands appareils. Nous allons continuer ce travail, mais nous allons aussi beaucoup travailler à structurer ce parti pour nous doter d’un appareil politique et d’une machine électorale», dit-il.

Sur le plan sécuritaire en Afrique, il note un échec de la Cedeao et des pays du G5 Sahel dans la lutte contre le terrorisme. «Ce qui se passe traduit notre échec total. Dans ces pays, il y a des zones entières qui ont été totalement délaissées. Donc c’est un échec africain, un échec de la Cedeao. Si ces pays considèrent qu’ils n’ont pas la capacité de le faire et qu’ils font appel à la France, cela relève de leur souveraineté, mais la France, aussi, doit respecter les opinions publiques nationales (…)», estime le leader du Pastef-Les patriotes.

Mamadou GACKO

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