SENELEC : les délires népotiques de Khalifa DIA

 Dérapage incontrôlé du président du Conseil d’administration de Senelec. Lors d’une réunion politique, il y a quelques temps, avec ses militants dans son fief de Guéoul, Khalifa Dia a sorti de sa bouche des choses extrêmement graves dans la gouvernance du pays.

 

S’étant complètement fourvoyé, l’homme devrait, à travers cette sortie de piste indécente, jeter un profond malaise dans cette entreprise publique et indisposer le directeur de Senelec Papa Mademba Bitèye, lui que d’aucuns accusent de trop intervenir dans la gestion de son directeur général. En effet, par cette boutade, il montre publiquement qu’il rêve du poste chaque matin en rasant, lui qui clame urbi et orbi que le président de la République aurait promis de le nommer à la place de M. Bitèye qui a remplacé Mouhamadou Makhtar Cissé, promu ministre, n’eut été leur défaite électorale en 2019.

 

Malaise dans l’entreprise

«Macky Sall m’avait promis qu’après les élections, il me nommerait Directeur général de la Senelec, mais malheureusement nous avons perdu notre commune. Macky Sall, comme il est mon ami, m’a juste nommé Président du Conseil d’Administration. Je préfère ce poste, mais j’aurais aimé aussi être Directeur général pour vous faire bénéficier des avantages que cela procure. Parce qu’en effet, le Directeur général actuel (Bitèye), chaque année, embauche plus de 300 personnes qui sont ses amis et proches. L’ancien Dg (Makhtar Cissé) en trois ans, a embauché plus de 1 300 proches», a-t-il soutenu dans des propos retranscrits par Dakaractu. Des accusations complètement fausses puisqu’on se souvient qu’au temps de Makhtar Cissé chez l’électricien national la presse avait fait état de la régularisation de ces nombreux contractuels qui avaient capitalisés 5 ans au moins dans la boite. Makhtar Cissé avait ainsi régularisé 493 contractuels arrêtés par son prédécesseur, Pape Dieng, suivant un protocole d’accord avec la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) de Mody Guiro qui l’avait saisi pour faire plaider ces cas. C’est ainsi qu’un concours juste de classement avait été organisé pour les recruter suivant ce classement et par vague sur 3 ans. Une cérémonie de Sargal avait par la suite été organisée par cette centrale syndicale au Grand Théâtre national pour le remercier. Un second concours de 700 personnes a été organisé par la suite par l’Ecole supérieur polytechnique (Esp) sous la supervision d’un huissier et d’un cabinet d’intérim. A l’issue de cette sélection, 186 candidats ont été retenus. Ce, en plus d’une vingtaine de prestataires du Programme d’appui au secteur de l’électricité (Pase) qui ont été reversés au commercial de Senelec.

 

Requiem pour l’entreprise publique

Mais le clou de l’affaire c’est lorsqu’il affirme : «Si vous aviez voté pour Benno, je serai à l’heure actuelle Directeur général de Senelec, chaque année j’aurai embauché 200 fils de Ngoumba Guéoul.  (…)  Avec un salaire moyen de 500 000 francs ce serait plus de 100 000 000 de francs injectés indirectement à Ngoumba». D’aucuns ont failli s’arracher les cheveux en entendant un président de Conseil d’administration avouer publiquement que la finalité de la nomination d’un directeur d’une entreprise publique serait de faire des recrutements fantaisistes, du népotisme. Et sans doute non pour la développer.

Avec cela, on comprend mieux pourquoi les entreprises publiques sénégalaises sont presque toutes à l’agonie. Que ce soit La Poste, le Port…le Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), elles sont toutes des boites à haute intensité de mains d’œuvre politiciennes. Espérons que pour la dernière cité, le nouveau Dg n’a pas mis fin à tous les contrats à durée déterminés de son prédécesseur pour les faire remplacer par des militants de Malicounda.

 

 

 

 Seyni DIOP

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