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Serigne Mbacké NDIAYE et ceux de son acabit : des «cas sociaux» dont … (Par Madi Waké TOURE)

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Parler d’un homme me révulse surtout quand il s’agit de dire des choses qui ne vont pas plaire. Mais bon, il arrive des moments où se taire n’est pas la posture la plus indiquée au vu des défis et enjeux qui se profilent à l’horizon. Et un adage bien de chez nous qu’aime répéter un célèbre chroniqueur de nous rappeler cette vérité qui défie le temps : «So artuwul di nga até». Autrement dit : qui ne sonne pas l’alerte à temps pour avertir des dangers qui se profilent à l’horizon, sera obligé d’arbitrer quand il y a conflit. Et ce sera peut-être trop tard !

 

Fort de cette vérité, je me suis dit qu’il ne fallait pas laisser Serigne Mbacké Ndiaye (SMN) et son machin, RAPPEL (Rassemblement pour la pérennisation du libéralisme) nous entraîner dans des impasses préjudiciables, à la paix à la sécurité et à la bonne marche du pays.

 

Ceci étant dit, le cas SMN m’a toujours posé problème. Et comme tel, je ne peux m’empêcher de chercher à comprendre. Et dans cette optique, j’ai réfléchi pendant des jours pour trouver le qualificatif approprié pour camper le personnage, SMN. Enfin, j’ai fini d’accoler à son nom le mot, cas social. Certains puristes pourraient trouver à redire mais bon…

 

Avant d’aller plus loin, il serait important que je jette un faisceau de lumière sur le concept, cas social. Pour ce faire, je n’irai pas loin pour trouver la bonne définition. Pour docteur Momar Kane (MK)- je précise qu’il m’a enseigné à l’ENTSS-, diplômé des universités canadiennes et l’un des meilleurs spécialistes des questions sociales- mes collègues ne me démentiront pas -, un cas social renvoie à la situation d’un individu qui vit des difficultés de toutes sortes et qui peuvent être d’ordre moral, social, psychologique, matériel, financier, susceptibles d’affecter son bien-être.

 

La définition de mon ami et professeur, MK campe admirablement la réalité du concept. Mais comme un concept n’est jamais fermé, il est toujours donné au chercheur quelques possibilités pour son extension. Je vais donc m’engouffrer dans cette brèche sans attendre et c’est pour dire que le cas social, c’est celui qui, confronté à des difficultés existentielles, se démène à la recherche de la pitance. Et certaines façons de faire pour attirer l’attention et taper dans l’œil du président, distributeur de prébendes et autres sucettes, ne sont pas très éloignées de certains comportements observables chez certaines personnes que nous appelons dans notre jargon de travailleurs sociaux, cas social.

 

La démarche de certains de nos politiciens professionnels relève de stratégies de survie assez «intelligentes» pour ne pas attirer l’attention du grand public. Ici, c’est une autre manière de quémander mais on quémande intelligemment. Ici, on ne vient pas directement faire une requête pour une aide, mais on envoie des «signaux de détresse» qui se déclinent généralement en des propositions hors du temps, mais qui ont le mérite de contenter le prince. Sacrés politiciens sénégalais ! Et avec la pauvreté ambiante, les stratégies de survie peuvent revêtir plusieurs formes. Et comme nos entrepreneurs politiques sont très forts quand il s’agit de trouver le bon filon pour plaire au prince ou entrer dans ses bonnes grâces, ils n’hésitent pas à concocter un machin du genre, groupe de réflexion, mouvement de soutien, à dénicher une formule-choc ou un schéma à même de conforter les désirs et désidérata du prince.

 

Figurez-vous qu’un pays comme le Sénégal se retrouve avec 300 partis politiques. C’est sérieux ça ! Et les 95 % de ces formations politiques ne disposent même pas de sièges. Ici, on crée un parti politique tout juste pour pouvoir négocier des faveurs auprès du prince ou des membres du clan. La politique est devenue une niche à partir de laquelle on peut s’enrichir. Et malheureusement, c’est cette façon de voir qui s’est imposée dans les esprits et détermine le plus souvent les prises de position. Quand un pays fonctionne du sommet à la base sur ce registre, que peut-on attendre d’un tel pays ? Pas grand-chose ! Alors ressaisissons-nous avant qu’il ne soit trop tard !

 

Au demeurant, le cas social- politicien dans sa volonté de réussir à tout prix quitte à vendre son âme et sa dignité -, se signale aussi par des comportements faits de frasques et de déclarations intempestives qui peuvent mettre la vie de la cité en danger. Autrement dit, son discours fait d’irresponsabilité et de légèreté peut faire basculer la société dans des convulsions graves.

Après le focus fait sur le terme, cas social, il serait intéressant voire important d’illustrer un peu nos dires en convoquant des faits et gestes signés SMN.

 

Les Sénégalais se souviennent de cette déclaration qui à l’époque, avait suscité un tollé général dans tout le pays. «Si nous perdons le pouvoir, nous allons tous en prison !» Cette déclaration qui, à première vue, peut faire sourire, doit faire réfléchir. Il renseigne quelque part sur la mentalité et la personnalité de l’homme, SMN. Il a goûté aux délices du pouvoir ; lesquels délices l’ont totalement enivré. De fait, l’idée même de la perte du pouvoir constitue un traumatisme pour lui.

Apres cet épisode qui a suscité moult commentaires et réactions, on pensait que l’homme allait s’assagir mais que non ! L’obsession de la prison continuait à hanter ses nuits. De fait il n’était pas question pour le Pds de perdre les élections en 2012. Et revoilà encore, SMN, fidèle à son habitude pour annoncer à grande pompe la victoire de Wade au premier tour. Pour eux, – je me répète – il n’était pas question de perdre le pouvoir. Ce serait alors… la déchéance. Surtout qu’au cours des douze années de Wade, la fiesta et le gaspillage sans précédent des ressources publiques, ont atteint leur point culminant mais c’était sans compter avec nos «amis»  de l’Apr, champions toutes catégories en mal gouvernance. Triste Sénégal : le pays est mal barré !

Pour revenir à SMN, je disais qu’il aimait le pouvoir et ses attributs mais aussi avait une peur bleue de la prison. Et la preuve par quatre de ce que je dis : sa fameuse conférence de presse au cours de laquelle, il déclare péremptoire que Wade a gagné les élections au premier tour avec 55 % des suffrages. Le Conseil constitutionnel habilité à donner les résultats ne s’était même encore pas prononcé, mais notre gaffeur national avait hâte de plier les élections en un seul tour pour continuer aux côtés de son candidat à faire dans la bamboula. Nous savons tous ce qui est advenu des chiffres qui portent la signature de SMN. Et jusqu’à présent, des Sénégalais comme moi se posent la question de savoir : d’où SMN a tiré ses chiffres à lui. Dans ses mémoires, il éclairera peut-être la lanterne des Sénégalais sur cette affaire qui pouvait mettre le pays à feu et à sang du fait que du côté de l’opposition comme du pouvoir, les nerfs étaient à fleur de peau.

Après la défaite cuisante de Wade, notre SMN national va chercher à se caser. Il va multiplier les clins d’œil à l’endroit du nouveau pouvoir en place en défendant mordicus l’idée d’un grand rassemblement des libéraux. Cette idée n’a pas encore trouvé sa matérialisation, mais l’homme a des idées et il faut les vendre à tout prix. Il trouve dans sa boîte à idées décidément riche en propositions des plus farfelues aux plus irresponsables une nouvelle trouvaille. Et la nouvelle trouvaille, c’est la non limitation des mandats présidentiels !

Cette déclaration qui surfe dans l’inconscience n’a pas laissé Alioune Tine, indifférent. L’homme, Tine, connu pour son sens de la mesure et pour son discours policé, est sorti de ses gonds pour fusiller en des termes très durs l’homme de la non limitation des mandats. «Les mêmes personnes qui ont poussé le Président Wade dans l’impasse et l’incertain puis l’ont trahi pour servir leur intérêt égoïste ne mérite guère attention. Le travestissement du système politique et démocratique les fait vivre comme des virus du sida».

 

Au fait, Alioune Tine a parlé pour l’écrasante majorité des Sénégalais. Il suffit d’aller sur le net pour se rendre compte de la désapprobation totale des Sénégalais par rapport à cette offre estampillée SMN. Une offre qui a été même rejetée par un membre de la mouvance présidentielle en l’occurrence, Benoît Sambou. Dans un langage diplomatique, il assène : «C’est gênant !» Un bout de phrase qui en dit long sur ses véritables sentiments. Mais cela suffira-t-il à arrêter cet encombrant allié qui fait feu de tout bois pour se faire une place au soleil ? Rien n’est moins sûr, surtout que dans sa folle entreprise, il bénéficie du soutien de son machin appelé Rappel (Rassemblement pour la pérennisation du libéralisme). On lit sous la plume d’un monsieur qui en sait beaucoup sur la drogue et qui flingue avec une certaine férocité, Alioune Tine pour avoir remis à sa place SMN : «Vous avez été méchant et inélégant». Je ne le pense pas monsieur : Alioune a parlé pour les quinze millions de Sénégalais ! Des Sénégalais qui veulent être gouvernés autrement pour que : «Le Sénégal soit le seul grand projet que nous sommes tenus de réaliser ensemble». Bien dit monsieur mais commençons d’abord par nous tenir le langage de la vérité mais aussi et surtout qu’on se garde de poser des actes qui contribuent à déconsolider les fondements de notre démocratie. Le monde bouge et le Sénégal ne peut être en reste. Notre démocratie doit avancer mais elle ne doit pas reculer.

Oui, monsieur, là aussi je suis tout à fait en phase avec vous : «Le terrain de la politique est celui des idées, des choix et des arguments. Et non celui des dogmes et du fanatisme». Soit !

Mais vous devriez ajouter monsieur que le terrain de la politique pour des pays comme les nôtres doit être aussi adossé aux valeurs et principes qui aident un pays à grandir. Une démocratie doit tendre en permanence vers la perfection et non emprunter le chemin de la régression. Une réforme quelle qu’elle soit, quand elle déconstruit, n’a pas sa place dans une architecture institutionnelle qui se veut porteuse de progrès.

Un peu plus de sérieux dans l’argumentaire. Les principes démocratiques liés à la gouvernance de la cité n’appartiennent à aucun continent, ni à aucune nation. C’est un patrimoine qui appartient à l’humanité entière !

Je conclus : nos pays ne s’en sortiront un jour que si l’élite politique, intellectuelle ; religieuse acceptent de vivre pour un temps assez long une diète ; laquelle se conjugue avec un genre de vie qui fait dans la sobriété. A vouloir toujours être au-devant de la scène et se sucrer en permanence, on risque d’y perdre sa personnalité : «té nak, beugue dund gu néex rek, diarul yéne yi surtout k  bariwul, kuy dund lu passé téméri att ;kone lu ko fi fiar» (ce monde-là, il n’est pas éternel et rares sont ceux ou celles qui vivront au-delà de 100 ans. De fait cet empressement et ce besoin irrépressible de vouloir se servir, n’en valent pas la peine).

 

 

 

Madi Waké TOURE,

Conseiller en Travail Social

tmaditoure70@yahoo.fr

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