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SITUATION DE L’ECONOMIE SENEGALAISE : 96,4 % des emplois sont informels

Contrairement aux chiffres brandis par le gouvernement, 94,4 % des emplois au Sénégal sont informels. C’est ce que révèle une enquête régionale intégrée sur l’Emploi et le secteur Informel (Eri-Esi), rendue publique, hier. Mieux, le document fait ressortir que 66,1 % des personnes ont un emploi vulnérable.

Au Sénégal, le marché de l’emploi est principalement dominé par des emplois informels. En effet parmi eux, 96,4 % des emplois de l’économie sénégalaise sont informels. En outre, si près de 5 % des emplois du secteur non agricole sont formels, dans le secteur agricole tous les emplois sont quasiment informels. C’est ce que révèle une enquête régionale intégrée sur l’Emploi et le secteur Informel (Eri-Esi) rendue publique, hier. Ce document souligne qu’en 2017, quel que soit le secteur institutionnel, hormis le secteur public, plus de 97 % des emplois sont informels. Pis, il fait constater que l’emploi informel est plus important dans le secteur privé plus particulièrement dans les activités agricoles. En effet, plus de 99 % des emplois agricoles du secteur privé ou de celui des ménages sont informels. «Dans les activités non agricoles, les proportions d’emplois informels sont estimées à 97,3 % et 99,6 % respectivement dans le secteur privé et celui des ménages. L’emploi formel est principalement noté dans le secteur public. Dans ce secteur, 33,2 % des emplois sont formels contre 66,8 % informels», relève le document. Qui ajoute que les chômeurs au sens du Bureau international du travail (Bit) ne représentent que 2,4 % des actifs. Et ils sont plus importants en milieu urbain en particulier à Dakar où ils représentent 4 % de la population active. S’agissant des demandeurs d’emploi non disponibles, ils représentent moins de 2 % des actifs, quel que soit le milieu de résidence. Dans les régions de Kédougou (90,5 %), Thiès (89,4 %), Diourbel (81,7 %), Dakar (80,9 %) et Fatick (80,7 %), les actifs occupés représentent plus de 80 % de la main d’œuvre élargie avec des proportions supérieures à celles obtenues au niveau national.

Comparativement à ces régions, poursuit le document des proportions d’actifs occupés dans la main d’œuvre élargie inférieurs à 70 % sont notées dans les régions de Matam (67,4 %) et Kaolack (69,5 %). Selon le rapport, c’est dans les régions de Kolda (19,9 %), Matam (19,6 %) et Saint-Louis (17,1 %) que les proportions de demandeurs potentiels d’emploi disponibles sont plus importantes, alors que les régions de Kaolack (19,1 %) et Sédhiou (18,3 %) sont celles où les parts de personnes potentielles voulant travailler sont plus importantes. Les proportions d’actifs chômeurs les plus importantes sont notées dans les régions de Dakar (4,0 %) et Kolda (4,5 %)

66,1 % des personnes ont un emploi vulnérable

L’analyse de la situation par rapport à l’emploi montre que 45 % de la population sénégalaise âgés de 15 ans ou plus ont un emploi. Parmi elle, 66,1 % ont un emploi vulnérable, 27,8 % sont dans la précarité et 8,7 % ont au moins deux emplois. L’analyse selon le sexe montre que comparativement aux femmes (36,4 %), le niveau d’emploi des hommes (55,6 %) est plus élevé. Par rapport au niveau d’instruction, informe le rapport le taux d’emploi est plus important chez les personnes qui ont au plus le niveau primaire. En effet, 48,3 % des personnes qui n’ont aucun niveau et 50,9 % des gens qui ont le niveau primaire sont dans l’emploi. Pour les personnes qui ont les niveaux secondaire et supérieur, les taux d’emploi sont estimés respectivement à 31,9 % et 44,9 %. «Le niveau de l’emploi augmente aussi avec la tranche d’âges. Les taux d’emploi les plus élevés sont notés dans les tranches d’âges 35-64 ans (63,7 %) et 25-34 ans (52,6 %). Pour les jeunes (15-24 ans), le taux d’emploi est de 23 % », indique le document.

En outre, selon le milieu de résidence, le niveau de l’emploi est plus élevé en zone urbaine avec des taux de 51,6 % et 43,5 % respectivement à Dakar urbain et dans les autres milieux urbains. Par contre en milieu rural, l’emploi concerne 42,2 % des personnes âgées de 15 ans et plus avec un taux de 75,7 %, l’emploi vulnérable affecte plus les femmes que les hommes. Contrairement à l’emploi vulnérable, l’emploi précaire est plus présent chez les hommes avec un taux de 30,2 % contre 24,3 % pour les femmes. Globalement, la vulnérabilité et la précarité dans l’emploi diminuent avec le niveau d’instruction. En effet, 78,0 % et 23,5 % des personnes en emploi qui n’ont aucun niveau d’instruction sont respectivement dans la vulnérabilité et la précarité. Pour les personnes en emploi qui ont le niveau supérieur, les taux d’emploi vulnérable et précaire sont estimés respectivement à17,9 % et 16,9 %.

Cependant, l’emploi précaire affecte ceux qui ont les niveaux primaire (35,5 %) et secondaire (32,6 %) que les personnes qui n’ont aucun niveau d’instruction (23,5 %). Les taux d’emplois vulnérable et précaire sont estimés respectivement à 82,1 % et 18 % en milieu rural, 59,5 % et 33 % dans les autres milieux urbains et 47,6 % et 37,3 % à Dakar urbain.

Les taux d’emplois les plus élevés sont observés dans les régions de Kédougou (67,6 %), Dakar (51,6 %), Thiès (51,5 %) et Louga (50,0 %) où plus de la moitié des personnes en âge de travailler sont en emploi. Les niveaux d’emploi les plus faibles sont obtenus dans les régions de Ziguinchor (34,8 %), Matam (25,1 %), Sédhiou (25,4 %). Excepté Dakar (48,1 %) et Ziguinchor (58,8 %), dans les autres régions, plus 66 % des personnes en emploi sont dans la vulnérabilité. L’emploi précaire est plus accentué à Dakar (37,3 %) et Ziguinchor (30,9 %) où plus de trois emplois sur dix sont précaires.

«Cette situation affecte 51 % des femmes et 29 % des hommes de la même tranche d’âges. Elle concerne davantage les personnes qui n’ont aucun niveau d’instruction. Pour ces dernières, 57 % de la tranche d’âges 15-34 ans ne sont ni dans l’emploi ni dans le système éducatif. Pour les personnes qui ont les niveaux primaire, secondaire et supérieur, ce problème concerne respectivement 39,7 %, 22,0 % et 18,1 %», lit-on dans le document.

Samba BARRY

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