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Tour du monde en 80 jours de Jules Verne

Ne voyageais-je pas lorsque j’entrepris la lecture du Tour du monde en 80 jours de Jules Verne, auteur d’une gamme de romans d’aventures, plus palpitantes les unes que les autres ? Oh que si ! Ces recoupements spatio-temporels, ces superpositions saugrenues de la réalité et du fictif, m’enchantent particulièrement !

Et je rêve d’aller dans les coins les plus éloignés du monde, de voir l’Asie et l’Océanie, de fouler le sol mythique des Yankees, et de vagabonder dans ces villes fourmillantes de l’Amérique du Sud ! C’est un de mes plus grands souhaits ! Et je voudrais voir l’Afrique, nue et étalée, et j’aimerais m’attarder sur toutes ses courbes. Mais ici n’est pas le moment de parler de cela…

Le Tour du monde en 80 jours est comme une invitation à l’aventure, un petit ballon dans lequel vous montez, et qui vous emporte à travers le monde.

Phileas Fogg, flegme, posé, toujours tranquille, imperturbable à toute épreuve, plus précis qu’une horloge atomique, bref, un homme de marbre, qui fait toujours les mêmes choses à la même seconde, lui, Phileas Fogg, avait lu sur le journal du soir qu’il fut possible de faire le tour du monde en 80 jours. Mais ses amis du Reform Club, riches gens du pays, ne le crurent point !

– Cela est simplement impossible, chahutèrent-ils. Fut-ce le Dieu du temps à vouloir l’accomplir ! Les journalistes exagèrent toujours… C’est simplement absurde ! Insensé ! Exagéré!

Mais Phileas Fogg croyait fermement en la viabilité de l’entreprise. Ainsi les échanges redoublèrent, et bientôt le pari fut conclu. 20 000 livres sur la table ! Si le sieur Fogg réussissait à revenir à Londres avant la date indiquée, naviguant le globe via Suez, Bombay, Calcutta, Hong-Kong, Yokohoma, San Francisco et puis New York!

Phileas Fogg, sans exsuder aucune émotion, partit le même soir. Accompagné de son domestique : J. Passepartout, français à peine embauché qui rêvait de calme et de quiétude.

Et le périple, qui pour Fogg était une question d’honneur de gentleman, débuta aussitôt. Le train de Londres siffla, emplissant l’air d’une volute sombre de fumée. Les milles, les villes et les paysages, défilèrent rapidement. Puis les pays se succédèrent. Et avec eux, comme si la malchance les suivît de son œil lugubre, arrivèrent en masse les obstacles. Rails inachevés. Tempêtes et mauvais temps. Retards déroutants. Et, risque terrible, cet inspecteur de police, le monsieur Fix, qui les filait sans les lâcher une seconde.

Il faut dire ici, que le soir où Phileas Fogg partit pour son voyage, une grosse somme de 55 000 livres avait été dérobée à la Banque d’Angleterre. Dès lors, le signalement du voleur correspondant fort bien aux traits de Fogg, Fix qui était l’agent le plus perspicace, n’avait que peu peiné pour se voir accorder un mandat d’arrêt. Ce mandat cependant, envoyé depuis Londres, n’arrivait jamais à temps que Fogg s’embarquait déjà pour le port suivant. Et Fix dut le suivre partout, voyageant avec lui en paquebot sur les mers de l’Inde, en train encore, en traineau, en goélette. Car le raisonnement de Fix était assez simple : Fogg était un voleur coquin ! Ce tour du monde en 80 jours n’était qu’une mascarade qui prendrait fin en Amérique où ce dernier s’arrêterait inévitablement. » 

Or Fix dut bientôt, par le concours de nombres d’incidents, faire société avec le monsieur Fogg et son Passepartout.

Il vit alors Phileas Fogg, Passepartout toujours à ses côtés, risquer à maintes reprises son projet. Il le vit se comporter, en toute chose, d’une façon bien différente de ce à quoi il n’aurait jamais pu s’attendre. Fogg démontra à force occasions être un honnête homme, un des plus respectables. Comme cette fois où Fix le vit se détourner du pari pour sauver une charmante dame du bûcher, où la mort de son mari l’entrainait. Cette dame d’ailleurs, Mrs Aouda, magnifique, tirée des griffes des fanatiques du Dieu Kali, les suivra hors d’Asie…

Puis l’inspecteur fut secoué de voir que Fogg ne semblait pas, contrairement à ses attentes, vouloir s’arrêter au pays de l’Union. Mais rentrer en Angleterre, et au plus vite! Hélas, tout cela ne convainquit point Fix. C’est un coquin, se répétait-il.

Et l’on s’imagine combien il s’acharna pour se mettre en travers du projet de Fogg. Et l’on s’imagine comment à la trame simple – que dis-je?, à la trame déjà si pleine de rebondissements, de cultures à découvrir, de villes sublimes et nouvelles, où foisonnent des personnages de tous genres, au défi déjà si ardu à relever, avec son lot d’imprévus et de troubles, s’ajoutait une autre intrigue des plus passionnantes. Comme celle qui voyait l’inspecteur Javert courir derrière le preux j. Valjean dans les Misérables.

Et le temps s’écoulait. Courses contre la montre ! Le mandat d’arrêt tant guetté… le délai du voyage à respecter… la fortune de Fogg qui se perdait en lambeaux… la fugue de la charmante dame… les tribulations de Passepartout… Puis la descente, le rush final, l’excitation qui vous monte à la tête, les appréhensions, l’émotion vive qui vous pénètre, et la fin arrive comme un condensé lumineux ! Qui vous foudroie, étonne, surprend et répond à tous les mystères, à toutes ces questions que les personnages du roman se posent, toutes ces crises qui les persécutent. Tous ces doutes et toutes ces hésitations à en perdre le sens du monde. Oui, le rush final fait avec un style des plus simples, mais très bien articulés, faisant des sauts dans le temps et dans l’espace, et assurant le suspense sous toutes ses formes ! 

Oui, le Tour du monde en 80 jours est un très bon livre. Un livre singulier qui vous parle de vertus et de valeurs sans que vous ne vous en rendiez compte. Qui parle de Bonheur si l’on y pense. Si l’on bute sur ses dernières lignes… Un livre qui vous transporte loin de la routine misérable et ne vous laisse sans doute pas indifférent. A moins que vous ne vous appeliez Phileas Fogg!

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