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TRIBUNE : L’Asp a-t-elle failli à sa mission ? (Par Boubacar SADIO, Ancien Directeur des opérations de l’ASP)

Dans la logique d’une politique de rupture dans tous les domaines d’activités et dans de nombreux secteurs, notamment au niveau de la sécurité des personnes et des biens, monsieur le Président de la République, inspiré en cela par les constats faits sur le terrain pendant sa campagne électorale et très attentif aux doléances des populations, a souhaité donner une nouvelle orientation dans la prise en charge des besoins sécuritaires. C’est ainsi qu’a été initiée « La gouvernance sécuritaire de proximité » conçue comme une nouvelle vision de la sécurité publique. L’Agence d’assistance à la Sécurité de Proximité (ASP) sera mise en place comme instrument de portage, l’outil opérationnel de mise en œuvre.

QUID DE LA GOUVERNANCE SECURITAIRE DE PROXIMITE ?

L’une des missions essentielles de l’Etat est d’assurer et de garantir, sur l’ensemble du territoire national, le respect des règles de droit, la protection des libertés publiques et la tranquillité des citoyens. Cette volonté de prise en charge adéquate de la sécurité des personnes et des biens a de tout temps été une préoccupation majeure des autorités sénégalaises. Cette option politique forte et constante, a pour fondement la Constitution qui pose le principe de la sacralité et de l’inviolabilité de la personne humaine.

Dans l’accomplissement de cette mission régalienne, l’Etat s’appuie sur les autorités administratives et judiciaires, mais également sur les forces de défense et de sécurité.

Au plan opérationnel, la sécurité est assurée, à titre principal, par la Police Nationale et la Gendarmerie Nationale investies, par les lois et règlements qui les régissent, des missions prioritaires suivantes :

  • Assurer la sécurité des personnes et des biens
  • Lutter contre la criminalité organisée, la grande délinquance, la cybercriminalité et le trafic de drogue
  • Protéger le pays contre la menace extérieure et le terrorisme
  • Maintenir l’ordre public

Ces missions assignées aux forces de sécurité, assorties de moyens humains et matériels mis a leur disposition, constituent une des réponses de l’Etat face au phénomène de la délinquance qui revêt des formes multiples, diverses et variées.

Les mutations de la délinquance enregistrées ces dernières années ont logiquement élevé le niveau d’attente des populations de plus en plus en proie à un sentiment d’insécurité.

Les nouvelles formes de délinquance ne cessent de se développer tandis que les plus anciennes résistent toujours à la politique de répression de l’Etat, pourtant sans concession. Ainsi le vol de bétails qui continue de ruiner l’économie rurale, les cambriolages, les vols à main armée, les agressions, l’exploitation des enfants, la prostitution des jeunes, les incivilités, les occupations sauvages du domaine public et toutes les autres formes d’atteintes à l’intégrité physique des personnes, ont du mal à être contenus par la politique sécuritaire de l’Etat.

Il apparaît dès lors, de manière indubitable, qu’au Sénégal, l’action des seuls acteurs étatiques traditionnels ne suffira pas à elle seule à prévenir la délinquance, inciter au civisme et faire régner l’ordre auquel aspire la société.

L’une des solutions est de développer de nouveaux paradigmes sécuritaires s’appuyant sur la pluralité des intervenants et leur proximité avec les personnes et les biens à protéger.

Le concept de gouvernance de la sécurité reflète la prise de conscience par les criminologues, les politologues, les sociologues et les décideurs politiques ainsi que les acteurs de première ligne que sont les forces de sécurité que la production de sécurité dans les sociétés modernes ne relève pas de la responsabilité exclusive de l’Etat, mais qu’elle résulte au contraire d’une prolifération d’acteurs publics, privés et hybrides  qui y contribuent de manière significative. Les recherches menées à partir des années 1970 ont en effet démontré à quel  point  le rôle joué par la sécurité privée avait été jusque là négligé et dans quelle mesure la notion classique d’un monopole étatique en matière de production de sécurité manifestait un fétichisme institutionnel qui ne reflétait plus une réalité très complexe

Une illustration de la nécessité de ce changement de paradigme est le fait que depuis l’intégration de la Police Municipale, qui était une police de proximité, dans la Police Nationale, les maires peinent à exercer leurs pouvoirs normatifs de Police Générale (le bon ordre, la salubrité, la tranquillité etc…).

Cependant l’expression la plus révélatrice de cette nécessité est le développement parallèlement à la Police et à la Gendarmerie Nationales, d’une forte offre privée de sécurité, incarnée par les sociétés de gardiennage et les groupes de vigilance de quartiers.

Ces derniers de par leur prolifération anarchique, risquent de constituer des sources de dangers pour les libertés individuelles et collectives des citoyens, parce qu’intervenant la plupart du temps en dehors des limites fixées par les lois et règlements.

Ainsi compte tenu des mutations socio-politiques et économiques ayant des impacts notables sur la criminalité et la délinquance. Il est apparu nécessaire pour l’Etat de mettre en place une nouvelle approche originale, intégrée et participative susceptible de mieux répondre aux besoins sécuritaires de populations conformément à une forte volonté politique.

Cette volonté politique non équivoque d’assoir « une gouvernance sécuritaire de proximité » exprimée pour la première fois le 07 juin 2012 lors du Conseil des Ministres tenu à Saint Louis, a été réaffirmée le 14 Juin 2012 à Kaolack et le 22 Novembre 2012 à Dakar.

Dans ses communications aux réunions des Conseils des ministres précitées, le Président de la République prescrivait la mise en place d’un cadre réglementaire pour les contrats locaux de sécurité entre les collectivités locales, les forces de sécurité et les autorités territoriales. Il a également mis l’accent sur la nécessité de mettre sur pied des comités départementaux, de prévention et de lutte contre la délinquance.

Ainsi est apparu ce que l’on pourrait qualifier de nouvelle vision sécuritaire, c’est-à-dire la projection d’un idéal dans le domaine de la sécurité.

Un idéal sécuritaire qui, tout en se référant au passé,  prend racine dans la situation factuelle du présent pour se prolonger en perspective dans le futur, en somme un nouveau mode de gestion qui transcende la temporalité séquentielle d’un seul moment pour embrasser un champ de perspective plus large et plus globalisant.

La gouvernance sécuritaire de proximité, c’est aussi une nouvelle philosophie dans la prise en charge de la sécurité des personnes et des biens. Une philosophie, en ce sens qu’elle investit le champ conceptuel de la pensée et de la réflexion tout en intégrant de nouveaux modes d’action et de gestion dans la praxis sécuritaire. En restant toujours dans le champ sémantique de la philosophie, l’on pourrait dire que la gouvernance sécuritaire de proximité engendre ce que les philosophes appellent « Une coupure épistémologique ». En somme un bon qualitatif dans la conceptualisation. Et en langage simple, il s’agit tout simplement d’une rupture paradigmatique pour une meilleure qualité dans la gestion du phénomène sécuritaire.

Il faudrait qu’au niveau de l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité, l’on s’oriente vers une réflexion en profondeur pour mettre en exergue la spécificité et l’originalité de la nouvelle démarche. Car en fait en tenant compte de la mise en place de différentes politiques publiques de sécurité, et dans une perception brute et large de prime abord l’on pourrait constater l’existence d’expériences similaires à travers le monde. Aussi faudrait-il éviter que « La Gouvernance Sécuritaire de Proximité » ne soit interprétée comme une reformulation lexicale d’une réalité déjà existante.aspp

La gouvernance sécuritaire de proximité, considérée comme une réorientation stratégique, est un nouveau paradigme et comme tel s’identifie  à la définition de tout paradigme. C’est-à-dire un type de relations logiques extrêmement fortes entre des notions maîtresses, des notions clés, des principes clés. Cette relation et ses principes vont commander tous les propos qui obéissent inconsciemment à son emprise. Ici, les notions maitresses ainsi que les principes clés  se résument dans le triptyque suivant : « GOUVERNANCE – SECURITE – PROXIMITE ». La gouvernance traduit le mode d’action, la sécurité constitue la matrice d’activités et la proximité définit l’approche tactique.

La Gouvernance : on pourrait la définir comme « des mesures, des règles, des organes de décision, d’informations et de surveillances qui permettent d’assurer le bon fonctionnement et le contrôle d’un Etat, d’une institution ou d’une organisation qu’elle soit publique ou privée, régionale, nationale ou internationale ».

La gouvernance a pour but de fournir l’orientation stratégique de s’assurer que les objectifs sont atteints, que les risques sont gérés comme il faut et que les ressources sont utilisées dans un esprit responsable. Elle veille en priorité aux intérêts des ayants droits (citoyens, pouvoirs publics, partenaires) et en faire en sorte que leurs voix soit entendues dans la conduite des affaires.

Comme il est aisé de le constater, on peut simplement définir la gouvernance comme un mode de gestion inclusif et participatif. On peut ainsi dire que la gouvernance est pluraliste et que la pluralité des acteurs ou parties prenantes constitue sa force. Aussi, la particularité, la singularité et l’exclusivité, toutes choses constituant des facteurs dirimants à une bonne gouvernance sont-elles rejetées.

La Sécurité : la notion de sécurité dont il est question dans la gouvernance sécuritaire de proximité se rapporte à la « sécurité intérieure ».

Cette sécurité intérieure que Maurice CUSSON définit comme « l’ensemble des moyens qui ont pour but d’assurer la protection des personnes, des biens et des institutions contre les menaces de la société elle-même. »

C’est une activité déployée par des professionnels de première ligne en vue de protéger les citoyens contre les dangers associés à la vie en société.

Nous pouvons valablement et légitimement nous approprier la définition Française de la sécurité telle que présenter dans la Loi d’orientation et de programmation pour la sécurité, dite LOPS du 21 Janvier 1995 modifiée en 2001 et 2003.

« La sécurité est un droit fondamental et l’une des conditions de l’exercice des libertés individuelles  et collectives. L’Etat a le devoir d’assurer la sécurité en veillant, sur l’ensemble du territoire de la République, à la défense des institutions et des intérêts nationaux, au respect des lois, au maintien de la paix et de l’ordre public, à la protection des personnes et des biens.

Il associe à la politique de sécurité dans le cadre de dispositifs locaux dont la structure est définie par décret, les collectivités territoriales et les Etablissements publics de coopération intercommunale, ainsi que les représentants des professions, des services et des associations confrontés aux manifestation de la délinquance ou œuvrant dans les domaines de la prévention, de la médiation, de la lutte contre l’exclusion ou l’aide des victimes »

La Proximité : la notion de proximité est le troisième élément du triptyque qui compose la gouvernance sécuritaire de proximité.

La proximité s’articule autour de deux dimensions, une dimension spatiale et une autre d’essence non spatiale.

La dimension spatiale est relative à la proximité géographique et quant à la dimension non spatiale elle est relative à la proximité organisée et institutionnelle.

Les deux dimensions se retrouvent dans la proximité géographique et quant à la dimension non spatiale elle est relative à la proximité évoquée dans la gouvernance sécuritaire, proximité de tous les acteurs dans le même espace géographique d’évolution et d’activités. Les services de Police traduisent cette proximité géographique par la densification du maillage territorial, par la multiplication des commissariats et postes de police.

Par proximité organisationnelle ou organisée on entend la capacité qui offre une organisation de faire interagir ses différentes composantes, ses différents membres. On peut citer le cas des comités départementaux de prévention et de lutte contre la délinquance. Les membres du comité départemental sont proches les uns des autres parce qu’ils interagissent et que leurs interactions sont facilitées par les règles qu’ils établissent et dont ils s’imposent le respect. Cette proximité organisée favorise le partage d’un même système de représentation.

Dans le cas des comités départementaux tous les segments de la population sont représentés et la proximité permet l’établissement, rétablissement et la consolidation du liant et des liens sociaux.

La mise en œuvre de la gouvernance sécuritaire de proximité se fera sur la base de trois axes qui en constituent le référentiel pratique : les comités départementaux de prévention et de lutte contre la délinquance (CDPLD), les contrats locaux de sécurité de proximité et l’Agence d’Assistance à la sécurité de Proximité (ASP).

Les comités départementaux constituent les instances de coordination. Le Comité départemental est présidé par le Préfet et composé de différentes autorités siégeant dans le département. Il est élargi à la société civile.

Le comité départemental est chargé de la réflexion, de la conception sur les options de mise en œuvre de la gouvernance locale et de la coordination des activités à mener.

Les contrats locaux de sécurité, c’est le cadre conventionnel d’application de la gouvernance sécuritaire de proximité au niveau local. C’est le lieu de formulation des engagements des parties prenantes à la sécurité de proximité au niveau local. Les principaux signataires en sont le Préfet, le Maire et le Procureur de la République. D’autres autorités pourront y être conviées.

Concernant le vocable contrat, il ne s’agit pas d’en avoir une compréhension juridique stricto-sensu. C’est-à-dire le contrat tel que défini par le droit positif ; « une convention formelle entre deux parties ou davantage ayant pour objet l’établissement d’obligation à la charge ou au bénéfice de chacune des parties ». Dans le contrat local de sécurité, il s’agit d’un contrat morale avec certes des conséquences pratiques. C’est plutôt un engagement pris par chacune des parties prenantes à l’établissement du contrat local de sécurité. Le contrat n’est pas opposable entre les parties au point d’entrainer des conséquences juridiques.

L’Agence d’assistance à la sécurité de proximité : C’est l’outil opérationnel de la gouvernance sécuritaire de proximité. Elle mène les actions de terrain, elle impulse aussi la réflexion théorique sur la base d’expériences pratiques, elle organise les activités de sécurité et le déploiement des agents.

En résumé, l’introduction de la notion de gouvernance sécuritaire de proximité ou de sécurité de proximité procède d’une démarche novatrice visant à impulser, comme modalité d’infléchissement du sentiment d’insécurité, une étroite coopération entre l’Etat à travers les forces de sécurité, les collectivités locales, le tissu associatif et tous les acteurs de la vie sociale, invités tous à mener ensemble des politiques de prévention concertées. Cette nouvelle vision est fondatrice de l’expression « Co-production de la sécurité » entendue au sens d’un partenariat actif, au plan local, entre tous ceux qui sont concernés par le phénomène de la délinquance.

En clair, avec cette nouvelle politique, la sécurité est considérée comme l’affaire de tous.

L’AGENCE D’ASSISTANCE A LA SECURITE DE PROXIMITEagents-sécurité

C’est lors du Conseil des Ministres du 15 Février 2013 que le chef de l’Etat à annoncé la création d’une agence nationale de la sécurité de proximité au sein du Ministère de l’Intérieur chargé de répondre aux besoins sécuritaires des communautés de base tout en étant une action significative de lutte contre le chômage des jeunes.

C’est ainsi que le ministère de l’Intérieur a organisé les 15 et 16 Mars 2013, à l’hôtel Terrou-Bi un atelier d’orientation de 72 heures pour aboutir à une vision partagée sur cette nouvelle démarche sécuritaire en présence de hauts représentants des forces de défense et de sécurité, de l’Assemblée Nationale, de l’Union des Associations des élus locaux et d’organisations de la société civile.

Cet atelier a permis une conceptualisation de la notion de gouvernance sécuritaire de proximité et de fixer le cadre institutionnel de portage de cette nouvelle politique ainsi que les dispositifs territoriaux d’accompagnement.

Et en application des orientations de Monsieur le Président de la République a été pris le décret N°2013.1063 du 05 Aout 2013 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP). Ainsi vient de naître une nouvelle structure institutionnelle dans la sphère sécuritaire.

L’article 3 du décret Stipule : « L’agence participe, en relation avec les autorités de police et les forces de sécurités (Police et Gendarmerie) à la mise en œuvre d’une politique sécuritaire de proximité bâtie autour de la prévention et du partenariat actif entre l’Etat, les collectivités locales et les acteurs de la vie sociale.

A ce titre, elle est chargée de :

  • Participer à l’élaboration et à la mise en œuvre, en rapport avec les différents acteurs, du plan national de prévention et de lutte contre la délinquance ;
  • Participer à la mise en place de contrats locaux de sécurité en relation avec les comités départementaux de prévention et de lutte contre la délinquance ;
  • Assurer le recrutement, la gestion des assistants de la sécurité de proximité (ASP) et leur déploiement pour emploi au niveau de la Police et de la Gendarmerie et dans les autres structures publiques.
  • Elaborer les règles de déontologie, d’éthique et de discipline dans le domaine de la prévention pour les assistants ;
  • Préparer et promouvoir toute étude et réflexion relatives au développement des activités de sécurité de proximité notamment dans le domaine de la prévention.

L’Agence d’assistance à la Sécurité de Proximité (ASP) est une personne morale de droit public dotée de l’autonomie financière et placée sous la double tutelle technique du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique du Ministère de l’économie et des finances. Les organes dirigeants de l’agence se composent d’un conseil de surveillance comprenant neuf membres et d’une direction générale assistée d’un secrétariat général.

Dès sa création et la nomination de son directeur général l’agence a déroulé un certain nombre d’activités.

L’Agence à débuté ses activités par une cérémonie de lancement qui a eu lieu le 05 Septembre 2013 à l’Hôtel SAVANA de Dakar, en présence de hautes personnalités dont l’expertise dans le domaine de la sécurité est reconnue. On peut citer entre autres : le président du Conseil de Surveillance Hamidou MBOH, les anciens ministres de l’Intérieur, les Généraux Lamine CISSE et Mamadou NIANG, les Généraux Mansour NIANG et Cheikh SENE de la Gendarmerie, le Commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle Boubacar SADIO.

Des comités régionaux de développement ont par la suite, été organisés. Ils ont débuté par la région de THIES le 03 octobre pour s’achever à Kaolack le 10 Octobre 2013.

LE RECRUTEMENT

Sur la base d’un appel public à candidature, il a été procédé au recrutement de 10.000 jeunes sur les 19.000 demandes reçues. Il faut signaler que dans les dossiers à fournir, était exigé le certificat d’études primaires. Il fallait exiger un minimum de niveau d’étude pour des agents appelés à rédiger des rapports et des comptes rendus. C’est par la suite que cette référence docimologique a été supprimée du simple fait qu’il a été constaté que dans une localité ou résidait une autorité haut placée, il y’avait peu de postulants éligibles faute de pouvoir exciper de ce diplôme basique.

Le recrutement a été marqué par des immixtions politiques intempestives. Heureusement que le directeur général a su résister à certaines pressions mais pas à toutes.

LA FORMATION

La formation a permis de dispenser le strict minimum aux ASP. Une formation initiale qui leur a permis de disposer d’un minimum de savoir, de savoir faire et de savoir être. J’étais chargé de cette formation et présidais le comité pédagogique composé d’éminentes personnalités dont le professeur Mady BOIRE. Seulement le temps prévu n’a pas été respecté. La formation a duré 24 jours au lieu des 30 prévus. En effet, suite à des informations reçues, le Premier Ministre de l’époque, Madame Aminata TOURE d’après les dires du DG, avait demandé à ce que les camps de formation fussent évacués à partir de vendredi, grignotant ainsi sur le quantum horaire. Ces informations faisaient état des conditions de salubrité et d’hygiène qui pourraient provoquer des épidémies.

LE DEPLOIEMENTcasse-la-main

Au terme de la formation, les ASP ont été déployés sur toute l’étendue du territoire. Initialement la Direction de l’automatisation et du fichier (DAF) était chargée, compte tenu de son expérience, de son implication dès le début du processus, de son expertise technique et de sa maitrise du terrain, de procéder aux affectations. Elle avait commencé un travail remarquable. Mais pour des raisons propres au Directeur Général de l’Agence, le travail lui a été retiré pour être confié à un cadre de l’ASP. Donc une seule personne était chargée de déployer 10.000 agents ce qui a rendu le déploiement très difficile avec des dysfonctionnements quasi insurmontables. La situation s’est améliorée avec une plus grande implication de la Direction des Ressources Humaines et pendant plus d’un an, le déploiement des ASP a constitué un véritable casse tête pour la Direction Générale. Il a fallu beaucoup de missions terrain et le recrutement de chefs d’unité départementale pour réussir la stabilisation

QUEL BILAN ?

Après trois années d’existence quel bilan peut-on et doit-on tirer des activités de l’agence d’assistance à la sécurité ?

Si l’on réfère aux cinq missions à elle assignées par le décret N°2013.1063 du 05 Avril 2013. On peut sans se tromper dire quel le bilan est mitigé pour utiliser un vocable qui relève de l’euphémisme.

Aucun contrat local de sécurité n’a été signé, aucun comité départemental de prévention et de lutte contre la délinquance n’a été mis en place. Jusqu’à aujourd’hui le Sénégal ne dispose pas d’un plan national de prévention et de lutte contre la délinquance. Ce sont les trois premières missions assignées à l’agence qui, il faut le reconnaitre, devait intervenir dans le cadre d’une synergie d’action avec les forces de sécurité, la Police et la Gendarmerie.

La cinquième mission n’a pas été une réussite, dans la mesure ou la direction générale ou plus exactement le directeur général n’a pas favorisé la réflexion collective sur la gouvernance sécuritaire de proximité. De jeunes cadres de l’ASP avaient mis sur pied une structure de réflexion dans ce sens. Il faut tout simplement signaler que le DG avait un projet personnel dans la même veine, il s’agissait de « son livre » sur la gouvernance sécuritaire de proximité. J’ai toujours défendu que la littérature dans ce domaine était très pauvre et qu’il fallait donner de la substance au concept d’autant que le directeur général souhaitait que fût accordée une validation scientifique au concept de gouvernance sécuritaire de proximité.

Finalement, il n’y a que la quatrième mission que l’ASP a pu réaliser.

Il est vrai que grâce au travail collectif de tous les personnels, des officiers supérieurs, d’éminents hommes de presse et surtout des agents d’assistance à la sécurité de proximité, l’agence est devenue une réalité. Concernant les officiers supérieurs, il s’agit des Colonels, Balla BEYE de la Gendarmerie qui fut commandant de la légion centre, Omar Baïla KANE ancien chef d’Etat Major de la Marine Nationale et Tamsir Amadou DIOUF ancien chef du Groupement Mobile d’Intervention (GMI). Suivra plus tard le commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle Boubacar SADIO ancien directeur général adjoint de la Police Nationale. Tous ont démontré leurs compétences tant au niveau national qu’International et ils ont tous étaient virés par le docteur Pape Khaly NIANG pour insuffisance de résultats et incompétence notoire. Avec l’actuelle DG de l’agence le ridicule ne tue point. Voudrait-il dire que l’Etat a été léger en confiant de si hautes responsabilités à des incompétents qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Et pour les mêmes motifs un éminent et grand journaliste KASSE a été remercié.

Mais s’il est vrai que l’agence est devenue une réalité, c’est-à-dire un fait concret, l’est elle par rapport aux missions qui lui ont été confiées ? L’est-elle par rapport au niveau d’attente des populations quant à leur sécurité quotidienne ?

Deux questions fondamentales s’imposent.

  1. Quels apports et quels résultats dans la lutte contre la délinquance ou contre l’insécurité de manière générale ?
  2. Quels apports et quels résultats sur la prégnance du sentiment d’insécurité des populations ?

Et s’impose en toute logique une troisième question induite par les deux précédentes.

  1. Quel impact sur la qualité de vie des populations ?

A vrai dire sous tous ces rapports l’agence d’assistance n’a apporté aucune plus value, aucune réponse significative, aucun résultat probant.

Les agressions et les actes de délinquance s’amplifient et sont d’une récurrence alarmante. Le vol de bétails prend de plus des proportions inquiétantes et angoissantes. Les populations doutent de plus en plus de la capacité de l’Etat à prendre correctement en charge leurs préoccupations et besoins sécuritaires. L’agence doit réorienter ses actions et ses activités pour se conformer au cahier de charge fixé par les autorités.

L’agence a davantage fait de la proximité institutionnelle, notamment auprès des structures administratives tant au niveau central et déconcentré qu’au niveau local. Les ASP font office de chauffeurs, de secrétaires, d’agents administratifs et quelquefois de plantons. Ils assument la garde statique, en terme profane du gardiennage. Il est vrai que cela permet à ces structures d’améliorer la qualité du service public, mais ce n’est pas la vocation originelle de l’agence qui ne doit point s’ériger en société d’intérim. Les ASP ont été recrutés pour faire essentiellement de la sécurité de proximité dans le cadre d’une synergie d’actions avec les populations. Il n’est pas étonnant d’avoir des satisfécits de la part de structures dont les problèmes ponctuels des personnels sont réglés par les ASP. Mais a-t-on réellement procédé à une véritable enquête de satisfaction auprès des populations pour évaluer et apprécier l’apport de l’ASP dans le domaine sécuritaire globale du pays ?

Le directeur général de l’ASP doit s’orienter davantage vers la proximité communautaire. Pour ce faire, il s’agit d’aller vers les populations, de s’ouvrir à elles et de prendre en compte leurs préoccupations sécuritaires. Le concept de « Quartier sûrs » n’est pas mauvais en soi ; mais sa concrétisation demande une réflexion plus profonde et une nouvelle doctrine opérationnelle. Aujourd’hui il n’y a que les quartiers des citoyens nantis qui sont concernés à l’exclusion des quartiers pauvres. Ce n’est pas çà l’esprit et la volonté du chef de l’Etat.

Pour bénéficier des prestations de l’agence pour le programme « Quartiers sûrs », il faut débourser 60.000 Frs par ASP mis à disposition. Pour avoir 20 ASP, il faudra donc débourser 1.200.000 Frs. Sont donc systématiquement exclus des services et des prestations de l’ASP les citoyens, les populations des quartiers populeux et populaires tels Pikine, Guinaw Rail, Sam Sam, Guédiawaye ; c’est-à-dire là où la délinquance sévit avec acuité. Il faut éviter que l’offre de sécurité de proximité soit discriminatoire, censitaire et réservée aux seuls riches ; une offre de sécurité qui exclue les pauvres alors qu’ils payent des impôts qui servent à constituer le budget de l’ASP, à habiller les ASP et à assurer leurs pécules. La production de la sécurité doit être inclusive et participative et sa distribution démocratique. En mettant en place une telle politique marquée du sceau de la vénalité, l’agence favorise la création d’enclaves sécurisées cohabitant avec des zones déshéritées et livrées à des marginaux et à des délinquants de tout acabit. Une telle option est contraire aux dispositions de la Constitution qui ne reconnait qu’une seule catégorie de citoyens devant bénéficier équitablement de la protection des pouvoirs publics. L’ASP est une structure dédiée au service public.

Il faut également noter que sur un autre plan, celui de la citoyenneté l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité a beaucoup péché. Le socle de la sécurité est dans la citoyenneté elle-même, ensemble indissociable de droits et de devoirs. On ne peut pas mettre un policier derrière chaque sénégalais. La Police ne peut se substituer au lien social. D’où l’importance de l’éducation à la citoyenneté, en amont de tout effort de prévention. Et à cet égard l’ASP n’a mené aucune action de grande envergure, aucune campagne nationale de sensibilisation, d’information et d’éducation pour une véritable promotion de la citoyenneté et d’un développement du sens civique des populations.

Lors du dernier conseil des Ministres, le Président de la République à demander à ce que soit revue la gouvernance des agences d’exécution et que soient données davantage de prérogatives aux ministères de tutelle pour un plus grand droit de regard et de contrôle sur les agences. L’agence d’assistance à la sécurité de proximité est certes autonome mais pas du tout indépendante. Son action et ses activités doivent s’inscrire en droite ligne des orientations stratégiques nationales définies par l’Etat et dont le ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique est chargé de la mise en œuvre. Des agences qui doivent produire un plan stratégique. L’ASP vient d’organiser à Saly un séminaire de partage de son plan stratégique. J’ai eu l’honneur de présider la commission chargé d’élaborer le cadre stratégique. C’est-à-dire que pendant trois ans de fonctionnement et d’activité l’ASP a évolué sans stratégie. Et sans stratégie il n’est pas possible de mettre en place et en œuvre  des schémas tactiques. Et sans schémas tactiques bien élaborés, bien conçus les opérationnels se meuvent dans le flou, dans le pilotage à vue avec pour conséquences des actes sans rationalité et des actions sans visibilité ni lisibilité. C’est ce qui explique tout le tâtonnement observé pendant ces trois ans au niveau de l’agence.

Pour diriger l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité, il faut un véritable professionnalisme, une expertise avérée dans le domaine de la sécurité et du haut commandement. Dix mille jeunes c’est dix bataillons. Ce n’est point une affaire de criminologie ou de barreau ; il faut s’y connaitre et connaitre la sphère sécuritaire et surtout de l’avoir vécu de l’intérieur.

Je ne parle pas de connaissance de livresque. Aujourd’hui il suffit de surfer sur internet pour pouvoir faire des exposés sur le terrorisme et se réclamer expert en la matière.

La sécurité ne s’improvise pas. Il faut être un véritable professionnel. Un professionnel, c’est quelqu’un qui peut simultanément exercer son métier, sa pratique, sa profession et réfléchir sur sa praxis Cela s’appelle la pratique distanciée. Quand je dis avoir une expérience, c’est à un niveau très élevé de pratique de terrain et de conception stratégique.

En résumé voici quelques facteurs qui expliquent les résultats peu probants de l’agence d’assistance à la sécurité de proximité :

  • Une structuration fonctionnelle erratique
  • Une inflation d’initiatives et de projets mal conçus et jamais concrétisés tant au niveau national qu’international
  • Une ambition inexplicable de vouloir se positionner comme la première structure de sécurité du pays par une quête effrénée de titres et de distinctions.
  • Des objectifs dévoyés, déroutés et détournés par rapport au cahier de charge et au projet originel et initial de s’investir exclusivement pour la sécurité des personnes et des biens par le billet de la prévention
  • Des missions mal comprises et par conséquent mal accomplies
  • Une logique concurrentielle insensée avec les forces régaliennes
  • Une posture frictionnelle voire conflictuelle avec la tutelle
  • Une absence totale d synergie d’action et de collaboration avec les populations et les relais sociaux
  • Les fonctions d’interface mal assumées et mal assurées entre les populations et les forces de sécurité
  • Aucune situation de référence actée pouvant tenir lieu de model pédagogique tant sur le plan national qu’a l’international
  • Une inversion des priorités.

Aujourd’hui se dégage la désagréable impression que l’Agence d’Assistance à la sécurité de proximité est devenue une agence de formation et de réinsertion des jeunes. Cette nouvelle orientation qui est une fausse piste et source d’une grande illusion qui va rapidement se transformer en désillusion, impactera négativement sur la capacité de l’ASP à se consacrer à sa mission principale d’assistance aux forces de sécurité dans la lutte contre l’insécurité à travers la prévention. Les cibles prioritaires de l’ASP sont les populations plus que les ASP. C’est là où réside l’inversion des priorités.pass

Le deuxième aspect de la nouvelle orientation proposée par le Directeur Général est l’obligation pour toute structure utilisatrice d’ASP de s’acquitter d’une contrepartie financière de 60.000 Frs par agent mobilisé. Une telle idée est concevable sur le principe. Seulement à vouloir l’imposer à la Police et à la Gendarmerie me parait absurde d’autant qu’une telle exigence financière serait en totale contradiction avec les dispositions de l’article 3 di décret N°2013-1063 du 05 Août 2013. Cela semble traduire une méconnaissance des textes.

Le Directeur Général de l’ASP doit comprendre une bonne fois pour toute, que la présence de l’ASP est fortement tributaire de l’existence des Forces de défense et de sécurité qui sont d’émanation populaire parce que régis par des lois et que l’agence peut disparaitre par un décret du Président de la République. La vie de l’agence est précaire et révocable à tout moment. On ne peut exiger une contrepartie à sa tutelle technique.

Aujourd’hui l’actualité est dominée par ce que d’aucuns qualifient de menaces hybrides dont essentiellement la menace terroriste. A ce niveau une réflexion en profondeur devrait être menée pour voir dans quelle mesure le potentiel de l’ASP pourrait être mis à contribution. Les autorités n’ont de cesse d’appeler les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité. Même le Chef de l’Etat s’y était mis lors de la célébration de notre accession à la souveraineté nationale. Il s’agit maintenant de mettre en place les dispositifs nécessaires et adéquats pour une bonne articulation de la collaboration et de la synergie d’action entre les forces de défense et de sécurité, l’ASP et les populations. Il y’a une réflexion à mener pour impliquer davantage l’ASP dans le renseignement humain. L’Agence d’assistance à la sécurité de proximité présente 5 atouts majeurs exploitables par les autorités :

  1. L’ordre de grandeur de ses effectifs
  2. La jeunesse et l’engagement de ses agents
  3. L’immersion sociale et sociétale de ses agents
  4. Un maillage complet du territoire national
  5. Une matrice d’activité dans la prévention et la proximité

Je ne saurais terminer sans demander avec insistance au Président de la République de revoir à la hausse le pécule des ASP. Ils ont déjà donné deux années de leur précieuse et belle jeunesse au profit de la Nation. Je pense honnêtement qu’ils méritent, quelles que soient par ailleurs les appréciations portées sur l’ASP, la reconnaissance de l’Etat qui doit nécessairement se concrétiser par une légère amélioration de leurs émoluments. Il leur reste deux autres années à accomplir il est fort souhaitable qu’ils le fassent dans de très bonnes dispositions psychologiques, c’est-à-dire avec le sentiment que leurs efforts sont reconnus et apprécié ne serait ce que par les autorités en attendant le satisfecit populaire.

Il faut en finir avec les incantations et les vœux pieux pour s’engager résolument dans la réalisation effective des objectifs qui constitue la raison d’être des ASP à savoir, par des actions, des activités et des politiques de prévention efficace :

  • Participer à la réduction de la délinquance et de l’insécurité de manière générale
  • Contribuer à infléchir de manière très significative le sentiment d’insécurité des populations
  • Améliorer le cadre de vie dans la cité et la qualité de vie des populations.

Toute autre voie, toute autre direction, toute autre orientation constituerait un détournement d’objectif en total porte à faux avec les missions officielles assignées à l’agence.

Vivement que l’agence d’assistance à la sécurité de proximité se consacre entièrement à son cœur de métier au bénéfice et au profit exclusifs des populations.

 

Dakar le 05 Août 2016

Boubacar SADIO

Commissaire de Police Divisionnaire

de Classe Exceptionnelle à la Retraite

Ancien Directeur Général Adjoint

de la Police Nationale

Ancien Directeur des opérations de l’ASP

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