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 Le rapport du Baromètre des médias africains relève les velléités des politiques et des lobbies de toutes sortes pour restreindre la liberté d’expression au Sénégal. La fondation Friedrich Ebert a présenté, samedi lors d’un débat, le ‘Baromètre des médias africains, Sénégal 2013’.

Le document de 124 pages révèle globalement une liberté d’expression bien consacrée mais exercée parfois avec craintes. Dans son rapport 2013, le «Baromètre des médias africains» note qu’au Sénégal la liberté d’expression est effectivement consacrée pour les citoyens et en particulier pour les journalistes. Ceci, souligne-t-on, au regard des nombreuses émissions interactives produites et diffusées en direct par les stations radios où les citoyens s’expriment librement. Mais, révèle le document, la liberté d’expression au Sénégal ne s’exerce pas sans crainte. Et pour cause, fait-on savoir, «il y a tellement de fossoyeurs et d’agresseurs de cette liberté». Dans sa lecture, le rapporteur de l’étude, le directeur général de West African Democracy Radio (Ward), Souleymane Niang, évoque notamment les velléités des politiques et des lobbies de toutes sortes, de restreindre cette liberté. Elle relève surtout précise-t-on, de la volonté personnelle, car les politiques jouent sur la conscience collective. Se voulant plus précis, l’étude donne l’exemple d’un frère de l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, qui aurait appelé un journaliste pour l’abreuver d’injures, pour la simple raison que ce dernier avait parlé de lui dans un article en des termes qui ne lui convenaient pas. Concernant les secrets d’Etat et les délits de presse, le rapport du «Baromètre des médias africains, Sénégal 2013», indique la batterie de dispositions éparpillées dans divers cadres juridiques et règlementaires du pays qui limitent la liberté d’expression de certaines catégories de citoyens. C’est, le cas des dispositions de la Loi portant statut des fonctionnaires de l’Etat et faisant peser sur ceux-ci le devoir de réserve. Pour améliorer le cadre médiatique au Sénégal, le rapport 2013, préconise de mener un plaidoyer et un lobbying intense en vue de l’adoption et de la promulgation du projet de loi portant sur le Code de la presse par l’Assemblée nationale. Les experts du Baromètre des médias africains suggèrent de renforcer la spécialisation des journalistes et de les mettre en réseau sur les thématiques de développement telles que l’érosion côtière, les changements climatiques… Devant le public composé en majorité d’étudiants du Cesti, les modalités et critères d’appréciation ont été expliqués. Le document est une description en profondeur et une évaluation compréhensive de l’environnement médiatique sur le continent africain. A la différence d’autres enquêtes de presse ou de médias, les initiateurs soulignent que le baromètre est un exercice d’auto-évaluation effectué par des Africains et selon des critères et déclarations africaines comme la Déclaration des principes de liberté d’expression en Afrique, de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. L’objectif, selon le directeur de la fondation, Friedrich Kramme-Stermose, est d’améliorer la situation des médias à travers le continent. Ainsi, tous les trois ans, une commission de 10 à 12 experts se réunit pour évaluer la situation des médias dans leur pays respectif. Le panel est composé à part égale des représentants des médias et de la société civile au sens large. C’est dans ce contexte que pendant un jour et demi, ils discutent de l’environnement médiatique de leur pays à l’aide de 39 indicateurs prédéterminés.