ABDOURAHMANE DIOUF «Le traitement sélectif des dossiers par la Crei n’a rien d’éthique»

Il faudrait que, dans ce pays, les gens reviennent à la raison pour comprendre que les Sénégalais sont suffisamment mûrs pour avoir été à l’origine de deux alternances, et ils ne travaillent que pour ceux qui défendent leurs intérêts. Telle est la conviction du porte-parole du mouvement national des jeunes de Rewmi, Dr Abdourahmane Diouf.

 

(Correspondance) – Le porte-parole du mouvement national des jeunes de Rewmi, le docteur Abdourahmane Diouf, a jeté samedi, dernier à Thiès, un regard assez critique sur le fonctionnement de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Pour ce dernier, qui animait au cyber-campus une conférence sur «l’éthique et la politique», le traitement très sélectif des dossiers que la Crei a en instance ne semble reposer sur aucune base éthique et morale. «On nous avait annoncé vingt-cinq dossiers incriminant des personnes qui se seraient illicitement enrichies, et au bout de trois années de mandat de l’actuel régime, il n’y a qu’un seul de ces dossiers qui a été jugé et une seulement condamnation prononcée», fait-il constater. Et le porte-parole de poursuivre en posant le débat : «Si on peut mettre en place une institution de la République pour juste régler des comptes avec un membre d’une famille et laisser libre cours à tous ceux qui ont été épinglés par les corps de contrôle de l’Etat ; sans compter ces autres qui se sont enrichis et qui ne peuvent pas expliquer l’origine licite de leurs biens, il y a de quoi s’inquiéter».

Pour dire, selon lui, que nous sommes dans un gouvernement qui pratique une politique de vengeance (Féyonto), qui est porteuse de dangers pour notre pays. Car, c’est la première fois au Sénégal qu’on voit des tenants du pouvoir pourchasser ceux qui étaient, hier, au pouvoir. «Qu’adviendrait-il de ce pays quand ceux qui viendront demain s’inscrivent dans la même logique ? », se demande M. Diouf. Avant de se dire d’avis qu’il faudrait que, dans ce pays, les gens reviennent à la raison pour comprendre que les Sénégalais sont suffisamment mûrs pour avoir été à l’origine de deux alternances, et ils ne travaillent que pour ceux qui défendent leurs intérêts. Par conséquent, on peut user de toutes les subterfuges politiques possibles et imaginables, y compris la transhumance, les populations, à l’heure des choix, ne mettront en avant que les critères d’éthique et de morale. «Des critères dont, dit-il, notre parti, le Rewmi, est porteur».

Et à ce titre d’ailleurs, fait-il remarquer, le non-respect des engagements et de la parole donnée, le «Wax Waxète» ne font pas partie de ces valeurs éthiques et morales dont le sénégalais a besoin. «Un président de la République en a fait les frais, un autre est venu et semble n’avoir pas encore compris, mais la population se chargera de le lui faire comprendre», soutient le conférencier. Car, explique-t-il, la Constitution, c’est une loi certes, mais la parole donnée par un président de la République avant même d’être élu est un élément de l’engagement que les populations ont pris pour le porter à la magistrature suprême de leur pays. Or, selon le porte-parole du mouvement national des jeunes de Rewmi, Dr Abdourahmane Diouf, les indices notés dernièrement incitent à penser qu’il y a des velléités de reniement quant à l’engagement que  le président Macky Sall avait  pris de réduire son mandat à cinq ans.

Un reniement, estime-t-il, que rien ne saurait expliquer quand on sait qu’il n’y a, du moins pour l’heure, rien dans les textes qui s’oppose à la révision de la Constitution ; tout comme il n’ y a aucun argument ni politique ni économique, ni technique encore moins juridique qui pourrait empêcher au président Macky Sall de respecter sa parole. Pour Abdourahmane Diouf, ce qui se passe c’est simplement qu’à quelque dix-huit mois des élections, à part le centre de Diameniadio, il n’y a aucun bilan à présenter. «Il y a de la panique de l’autre bord. Ils sont en train de se demander quel discours, ils vont servir aux Sénégalais pour pouvoir espérer être réélus. Alors il y en a qui paniquent et qui pensent qu’en se donnant encore deux ans de plus, ils vont pouvoir faire quelques réalisations», note-t-il. Mais, poursuit-il, la population n’y croit pas trop, puisqu’ayant fini de déchanter face à des gens qui considèrent que la promesse est devenue un principe argumentatif et qu’il suffit tout simplement d’énoncer une promesse pour qu’elle se réalise.

 

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