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AFFAIRE DES 94 MILLIARDS : L’avocat de Mamour Diallo pris à partie par Frapp/France Dégage

Me El Hadj Diouf, avocat de l’ex directeur des Domaines, a passé, hier, un sale quart d’heure devant le Palais de justice de Dakar. Avant de délivrer son message aux journalistes, il a été invectivé, insulté, traité de tous les noms d’oiseaux par les activistes de Frapp/France Dégage.

Me El Hadj Diouf l’a échappé belle. Après avoir déposé sa plainte contre Ousmane Sonko, il a voulu s’adresser à la presse. Mais c’était sans compter sur une délégation du Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (FRAPP/France dégage) avec à sa tête l’activiste Guy Marius Sagna. Ils ne lui ont pas laissé de répit parce qu’ils l’ont pris à partie avec des slogans de bas étage. Insulté, invectivé, ils l’ont traité de tous les noms d’oiseaux l’empêchant ainsi de délivrer son message. C’est de guerre lasse qu’il finira par délivrer son message. Occasion qu’il saisira pour se prêter à son jeu favori : celui de dénigrer le chef de file de Pastef /Les Patriotes, Ousmane Sonko. Pour lui, ces jeunes de ladite plateforme citoyenne sont à la solde de Ousmane Sonko. Faisant dans la réplique, il souligne : «Ces jeunes sont morts de honte. Personne ne peut ni m’impressionner, ni m’intimider. Ils sont venus pour saboter notre plainte parce qu’ils n’ont pas d’arguments. On demandera leur arrestation et l’emprisonnement d’Ousmane Sonko».

Sonko visé par les délits d’injures publiques, diffamation…

Un peu avant cet incident, les conseils de Mamour Diallo sont parvenus à déposer la plainte de leur client contre Ousmane Sonko. Ils ont effectué le dépôt au niveau du parquet. Dans le document dont WalfQuotidien détient une copie, les conseils ont expliqué que Sonko a accusé leur client d’avoir commis du faux pour commettre un détournement de deniers publics. Aussi, ils reprochent au leader de Pastef /Les Patriotes d’avoir tenu des propos constitutifs d’injures publiques. «Il a régulièrement réitéré ses propos à l’encontre de l’exposant, en public au cours de meetings et conférences de presse largement reprises et diffusées aussi bien dans la presse locale que dans la presse internationale jusqu’à la date du 12 octobre 2019… Les propos tenus par le mis en cause sont tellement nombreux qu’il est pratiquement impossible de les citer tous dans une plainte. Il a commis des faux dans un acte d’acquiescement, dans le but de soustraire 94 milliards des deniers publics», exposent les avocats de l’ex Directeur des Domaines dans leur plainte.

Toujours dans le document de dénonciation, Me El Hadj Diouf et Cie ont également déclaré: «Qu’en tant qu’agent public, il a utilisé les textes pour faire sortir de l’argent public afin d’en faire bénéficier un particulier. Le mis en cause a par ailleurs déclaré en public que: Mamadou Mamour Diallo est un voleur, un escroc. Ces propos comportent des imputations diffamatoires en ce qu’ils sont radicalement faux et portent atteinte à la dignité, à la réputation, à l’honorabilité et à l’intégrité morale de l’exposant». Selon les conseils de Mamour Diallo, l’intention de nuire est d’autant plus manifeste que le mis en cause n’a ciblé que leur client à propos d’une opération menée par une pluralité de participants. Ces faits, estiment-ils dans leur plainte, «sont indiscutablement constitutifs du délit de diffamation publique prévu et réprimé par les articles 248, 258, 261, 270, 271, 272 et suivants du Code Pénal». «Dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, les expressions outrageantes « voleur, escroc, corrompu, faussaire » revêtent un caractère injurieux et constituent des injures publiques en ce que le public a ressenti les termes proférés comme outrageants.  L’ensemble de ces faits sont constitutifs des délits de diffamation et d’injures publiques, prévus et réprimés par l’article 258 du code pénal qui dispose: Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation», signalent Me El Hadj Diouf et Cie, dans leur plainte.

Magib GAYE

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