AMSATOU FALL, DIRECTEUR EXECUTIF DE LA LIGUE PRO «Nous avons assisté à un championnat insolite et inédit»

Les rideaux sont tombés dimanche dernier sur le championnat national de la Ligue 1, qui a vu le sacre de l’As Douanes. C’est alors l’heure du bilan. Et le Directeur exécutif de la Ligue pro, Amsatou Fall avance que ce bilan est largement positif. Ceci, même s’il y a encore la finale de la coupe de la Ligue à jouer samedi prochain, au stade Demba Diop, où Dakar-Sacré-cœur va se frotter à l’As Douanes. Dans cet entretien, Amsatou Fall se dit satisfait de la parfaite maîtrise du calendrier, de la qualité du jeu et du bon niveau des différents championnats. Un bon niveau qui va attirer, se convainc-t-il, les années à venir, beaucoup de sponsors. Entretien…

Wal Fadjri : Le monde du football sénégalais a assisté à une dernière journée palpitante et pleine de suspense de la Ligue 1. Une journée à l’issue de laquelle l’As Douanes a été sacrée championne du Sénégal. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?

Amsatou FALL : Je pense que la Ligue a baissé les rideaux après une journée époustouflante et palpitante. Une journée où toutes les équipes ont joué à la même heure, dimanche dernier, sauf les deux matches qui ont été joués samedi et qui n’avaient pas d’enjeu de positionnement vers le haut ni à la descente. Sinon, tous les cinq autres matches ont livré leur verdict, dimanche. Ce qui nous a valu une journée palpitante tant en émotion qu’en interrogation. Une journée qui a vu le sacre mérité de l’As Douanes.

L’As Douanes a coiffé au poteau Ngb qui était plus proche du titre. Comment expliquez-vous ce retournement de situation ?

L’As Douanes a coiffé au poteau Ngb qui malheureusement s’est buté sur une équipe très solide du Port. Les Portuaires ont fait une prestation énorme, même s’il est vrai qu’ils étaient déjà relégués en Ligue 2.

Exergue : «Nous ne sommes pas loin d’avoir dans les années à venir, un bon championnat qui va attirer beaucoup de sponsors et nous verrons un bon championnat».

C’est l’équipe du Port qui a joué ce mauvais tour à Ngb, comme elle l’avait réussi l’année dernière contre le Jaraaf.

Je pense plutôt qu’il faut féliciter le Port pour avoir joué le jeu jusqu’au bout. C’était le cas pour l’Association sportive des forces ramées (Asfa) au niveau de la Ligue 2. C’est l’Asfa qui a notamment empêché à l’Us Gorée d’être championne de la Ligue 2. Il faut aussi saluer le comportement de l’As Pikine. Laquelle équipe, malgré la descente en 2e division, a dû prendre le meilleur sur Diambars, qui aurait dû être sur le podium. C’était pareil pour Mbour Petite côte, il y a deux journées. Sa prestation et le match nul à Demba Diop avaient empêché à Niary Tally d’être champion avant la lettre. Ça a été également le cas lors de la rencontre entre le Jaraaf-Mpc. Le même cas s’est produit à Diourbel, où la Suneor a fait une bonne partie pour prendre la 3e place et être sur le podium.

On a tout de même assisté à un beau duel à distance entre Ngb et As Douanes. Quelle analyse faites-vous ?

J’ai juste envie de dire bravo à l’As Douanes et surtout à Ngb avec un grand président, Djibril Wade qui a montré toute la voie pour l’humilité et la sagesse. C’est le moment aussi de féliciter tous les présidents de clubs qui ont fait un énorme investissement par rapport au championnat. J’en profite aussi, au nom de la Ligue pro, pour féliciter les entraîneurs et les joueurs. Je félicite aussi le champion, Karim Séga Diouf qui est un passionné du football. Lamine Dieng qui a tenu le coup jusqu’à la dernière seconde, n’a pas démérité. Il s’est satisfait de la deuxième place, mais il méritait bien ce sacre. Il faut aussi féliciter Dominique Coly qui a ravi la vedette à Diambars pour prendre la 3e place. Les deux équipes qui descendent en Ligue 2, le Port et l’As Pikine, ont montré du caractère. Je pense que c’est une descente mais pas une punition. C’est juste un recul pour mieux sauter afin de revenir rapidement en première division. Comme l’a fait Guédiawaye à l’époque. Comme l’a aussi fait l’As Douanes qui vient de remporter ce championnat. Disons que nous avons fait un beau championnat. Un championnat énorme, au point de vue d’émotion et au point de vue de la régularité, en attraction…

Certains observateurs ont parlé de nivellement des valeurs dans ce championnat. Partagez-vous cette analyse ?

Aujourd’hui, le football sénégalais est en train de se niveler vers le haut. Si vous prenez Génération foot qui monte en Ligue 2, sur le plan sportif, on n’est pas encore sur les critères économiques, cette équipe va jouer une demi-finale en Coupe du Sénégal contre le Jaraaf. Quand vous prenez Dakar-sacré-cœur qui joue la finale de la coupe de la Ligue, et une demi-finale de la coupe Sénégal contre Casa sports, cela montre un nivellement des valeurs. C’est ce qu’on appelle dans le jargon footballistique : l’équilibre compétitif quand on parle de rivalité. Si cet équilibre compétitif existe dans un championnat, forcément les équipes se tiennent de très près. Et quand il y a cette situation, on assiste au maintien du suspense, cela amène à la longue, les supporters au stade.

Ceci est tout à fait bénéfique pour l’évolution de la Ligue pro, qui en est à sa septième année. N’est-ce pas ?

Je prends l’exemple de la France. Il y a 5 ou 6 ans, Lyon dominait, de la tête au pied, le championnat. Mais depuis ces 5 dernières années, le titre se joue entre Lyon, Psg et Lille. Donc, s’il y a équilibre compétitif dans un championnat, la rivalité est très profonde et nous pouvons que nous en féliciter. C’est cette rivalité compétitive qui va amener le suspense et les supporters aiment les suspenses. Quand ces derniers viennent, les sponsors suivront. Nous ne sommes pas loin d’avoir dans les années à venir, un bon championnat qui va attirer beaucoup de sponsors et nous verrons un bon championnat.

Descente de l’As Pikine en Ligue 2 constitue un réel paradoxe. Comment analysez-vous le parcours de ce champion en titre qui se retrouve en Ligue 2 ?

C’est un championnat insolite et inédit, c’est un paradoxe sportif. Je ne dirai même pas un paradoxe, mais une exception sénégalaise, parce que les occupants des deux premières places ont le même nombre de points. Ils sont départagés par le goal différence particulier. A l’aller, Ngb s’est imposé sur la marque de 4-3. Au retour, l’As Douanes a étrillé Niary Tally par 3-0. Sur les autres critères ; à savoir le nombre de points et la différence de buts, ces deux équipes étaient à égalité.

Un réel suspense qui a tenu en haleine tout le monde.

Cela fait longtemps que je n’ai pas vu ce cas de figure dans le championnat sénégalais. Le champion, l’As Douanes, qui est un promu, était championne de la Ligue 2 la saison passée. Elle monte cette année pour rafler la mise, ravir la vedette aux ténors connus de la Ligue 1.

A votre avis, qu’est-ce qui fait la particularité de cette équipe de l’As Douanes ?

Quand on regarde bien l’équipe de l’As Douanes avec son entraîneur Karim Séga Diouf, on n’est pas surpris de ce résultat. L’As Douanes est une équipe qui a l’habitude de jouer les titres. Ce n’est pas la première fois. Avant même l’avènement de la Ligue pro, elle faisait souvent partie des sérieux prétendants au sacre. Karim Séga, le coach de l’équipe, fait aussi partie des techniciens les plus titrés au Sénégal. Son expérience a participé à la bonne performance de l’équipe. Le paradoxe vient du champion en titre qui a été relégué en division inférieure.

Comment expliquez-vous cette descente de l’As Pikine ?

Le fait que véritablement un club qui a gagné la coupe du Sénégal et le championnat qui se retrouve l’année suivante en Ligue 2 ça c’est un paradoxe qui est dû à beaucoup de choses. Le premier, c’est un facteur environnemental. Ce sont des problèmes internes, parce que, quand j’entends Modou Fall, président de l’équipe, dans une interview, parler de l’organisation interne, on se pose des questions. Quand le coach jette l’éponge en cours de saison, c’est également un signe. Quand l’outil fondamental d’une équipe, le stade, n’est plus à la disposition du club, parce qu’il ne répond plus aux normes, les joueurs n’ont plus les mêmes repères. En un moment donné du championnat, les joueurs couraient derrière des retards de salaires de deux mois. Tout cela a entraîné une instabilité fonctionnelle de l’équipe qui l’a certainement conduite en Ligue 2.

Exergue : «S’il y a équilibre compétitif dans un championnat, la rivalité est très profonde et nous pouvons que nous en féliciter».

Il y a eu, par ailleurs, un problème lié au texte posé par les journalistes au cours de la dernière journée. Qu’est-ce qui expliquerait, selon vous, ce paradoxe ?

Paradoxalement, l’incompréhension des textes est venu des journalistes. On a changé les textes deux ans après l’avènement du football professionnel. Depuis lors, ce sont les mêmes textes qui régissent le football sénégalais. Maintenant, il appartient aux journalistes de faire de l’investigation pour savoir ce que disent les textes dans des cas similaires qui ont marqué la fin de la saison. Les présidents de clubs n’ont pas cette incompréhension, parce que très tôt Djibril Wade, le président de Ngb, a félicité l’équipe de l’As Douanes. Il n’y a aucun acteur direct du football qui a des problèmes par rapport aux textes, parce qu’ils ont été distribués depuis longtemps aux clubs. Et ce sont ces textes qui leur permettent de jouer le championnat. Le règlement qui définit le cumule de cartons, les suspensions etc, sont dans ces textes. Donc, le problème est ailleurs et non dans les textes. On ne peut pas jouer un championnat sans pour autant savoir ce que disent les textes. Malheureusement la polémique s’était installée. Mais on a pu régler cela avant que cela ne crée d’autres problèmes.

Exergue : «On ne peut pas jouer un championnat sans pour autant savoir ce que disent les textes. Malheureusement la polémique s’était installée. Mais on a pu régler cela avant que cela ne crée d’autres problèmes».

Pouvez-vous revenir sur la programmation des matches ?

Contrairement à ce que certains gens disent, la programmation a été bien faite. Il y a certaines critiques qui ont été émises, mais c’était pour des intérêts partisans. Les équipes ont le souhait d’avoir la meilleure programmation possible. Ce qui n’est pas possible. D’une manière générale, on sait qu’on a eu une programmation bien maîtrisée. On a eu deux trêves, notamment lors de la Coupe d’Afrique des nations (Can) des seniors et celle des moins de 20 ans. Malgré ces deux compétitions, on termine le 26 juillet. C’est énorme. On a maîtrisé le calendrier et la programmation a été bien faite.

Propos recueillis par Ousmane DICKO        

 

6 Commentaires

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