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Chapitre 17 : Médine, le départ

CHRONIQUE DE SIDI

Ils ne s’étaient pas donné un autre choix. Il fallait attenter à la vie Mouhamed (PSL), et mettre ainsi un terme définitif aux nombreux soucis que son appel à l’Islam avait causés. Une trop grande responsabilité qui ne pouvait incomber à une seule famille, clan ou tribu. D’un commun accord, les notables mecquois avaient décidé d’un meurtre collectif. Une mission qui leur semblait d’autant plus facile à réaliser que les quelques partisans de Mouhamed (PSL) s’étaient éparpillés. Ceux qui étaient partis en Abyssinie n’avaient pas rejoint les musulmans dont les rangs ne cessaient de s’allonger à Médine. C’était décidé, il fallait l’exécuter.

Presque seul et alors qu’il s’apprêtait à rejoindre, à leur demande, ses nombreux fidèles à Médine, le prophète Mouhamed (PSL) fut informé du complot de ses nombreux et puissants ennemis qui s’apprêtaient à agir. Après avoir reçu la bénédiction du Seigneur, il se résolut à partir sans plus attendre. Mais avant de le faire, il alla retrouver son ami Abu Bakr pour l’informer de son périple. Ce dernier semblait attendre ce moment depuis des lustres. Il avait pressenti qu’il allait bien finir par arriver vu la tournure des événements.  En conséquence, il avait acheté deux chameaux et s’occupait d’eux, en attendant la suite. Le prophète lui proposa de racheter le sien. Une bonne transition pour Abu Bakr qui demanda à prendre part au voyage. La réponse positive de Mouhamed (PSL) l’avait tellement agréé qu’Abu Bakr en versa de chaudes larmes. Ils convinrent du moment de départ et se séparèrent chacun allant faire ses préparatifs. Le Prophète alla également rencontrer son cousin Ali non pas pour l’informer mais pour le charger d’une mission qu’il lui expliqua dans les détails. Sans hésiter, Ali accepta de dormir la nuit à sa place, dans son lit. Les risques étaient énormes. Pris pour le Prophète, il pouvait être tué. Ali ne chercha guère à se les figurer. Les assurances de Mouhamed (PSL) lui suffisaient.

Et comme le prophète (PSL) le lui avait dit, rien n’arriva à Ali. Ceux qui étaient envoyés pour l’exécution avaient été pris par un sommeil les empêchant d’agir. Jusqu’au départ de Mouhamed (PSL), ils dormaient. Le Prophète mit du sable sur la tête de chacun d’entre eux, comme pour leur dire qu’ils auraient tous pu être tués durant leur sommeil. Mouhamed (PSL) rejoignit Abu Bakr et, tous deux, ils partirent vers le Sud, bien que Médine soit située au Nord de la Mecque. A leur réveil, les préposés au meurtre du Prophète furent grandement surpris par leur sommeil si profond. Ils se précipitèrent dans la chambre de celui-ci pour s’assurer qu’ils ne rêvaient pas. Dans le lit du Prophète, ils trouvèrent Ali en train de dormir. La surprise ne les empêcha pas de faire trois constats effrayants. Mouhamed (PSL) s’était échappé. Ali était prêt à mourir à la place du Prophète. Celui qui a mis le sable sur leur tête aurait pu les décapiter. Des remarques pertinentes qui auraient pu dissuader les esprits les plus ténébreux. Mais, ils décidèrent de se mettre à la poursuite de Mouhamed (PSL). Une récompense de cent chameaux fut promise à quiconque le ramènerait, mort ou vif. Accompagnés par des pisteurs chevronnés, assassins et chasseurs de primes se lancèrent dans le désert, décidés à le coincer.

 

Le Prophète était averti des agissements de ses ennemis. Il savait que ceux-ci allaient se mettre à sa poursuite. C’est pourquoi, il prit ses dispositions. Ainsi, après avoir quitté la Mecque, Mouhamed (PSL) et Abu Bakr ne s’engagèrent pas dans le désert. Ils se dirigèrent tout droit vers une caverne. Ils demandèrent au guide qui leur facilitait le déplacement dans les labyrinthes du désert de partir avec les chameaux. Ils restèrent quelques jours dans cette grotte où Asma, fille d’Abu Bakr, les trouvait pour les ravitailler. Les trois premiers jours, les recherches bien qu’actives ne donnèrent aucun résultat. Aucune trace de Mouhamed (PSL). Un jour, les poursuivants qui cherchaient dans le Sud s’étaient approchés de très près de la caverne. Ils étaient si près qu’il aurait suffi qu’ils se penchassent pour tomber nez à nez sur eux. Seulement, à la devanture de la caverne, une araignée avait tissé une toile qui avait fini par recouvrir l’entrée. En outre, il y avait un nid d’oiseau. Autant d’indices qui leur faisaient croire que personne ne pouvait se trouver dans la caverne.

Entre Mouhamed (PSL) et ses ennemis, il n’y avait plus qu’une toile d’araignée et un nid d’oiseau.

 

 

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Par Sidi Lamine NIASS

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