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Chapitre 23 : paix et guerre

CHRONIQUE DE SIDI

La première communauté musulmane s’était solidement implantée à Yathrib (Médine). Dans une parfaite unité, les musulmans, sous la houlette du Prophète Mouhamed (PSL), appréhendaient l’unicité de Dieu et consacraient la naissance de cet Etat islamique, le premier du genre.  La première mosquée avait été érigée, le premier muezzin fut désigné et de nombreuses règles édictées. Tout était fait en fonction de l’intérêt de la communauté et non selon les convenances de particuliers. Ceux qui devraient se regarder en chien de faïence entretenaient les meilleures relations possibles. Les tribus jadis ennemies,  se réconcilièrent jusqu’à oublier leurs moindres divergences. «Il a uni leurs cœurs (par la foi). Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur terre, tu n’aurais pu unir leurs cœurs; mais c’est Allah qui les a unis, car Il est Puissant et Sage » (Sourate 8 – verset 63).  Ainsi, la mosquée les rassemblait, le muezzin noir annihilait leurs classes sociales, le jeûne mettait à l’épreuve leur foi que la zakat participait grandement à raffermir.

La mission du Prophète Mouhamed (PSL) prenait de plus en plus forme. Loin d’un prêcheur arcbouté sur des principes et dogmes à vulgariser, le Messager ne s’était pas contenté de montrer du doigt la véritable voie tout en jetant l’opprobre sur les croyances ancestrales trouvées à la Mecque. Ses premières années d’exil furent entièrement consacrées à la mise en place des fondements et à leur consolidation. Faire des Médinois une communauté n’était qu’une étape. De Yathrib, le commencement, l’Islam se devait d’embrasser le monde entier. Pour y arriver, le Seigneur avait recommandé au Prophète Mouhamed (PSL) ce qu’Il n’avait demandé à aucun autre de Ses Envoyés. Si le Seigneur s’était, en effet, jusque-là, chargé de punir ceux qui se détournaient de la voie des Prophètes, avec Mouhamed (PSL) il en fut autrement. «Et si jamais tu crains vraiment une trahison de la part d’un peuple, dénonce alors le pacte (que tu as conclu avec), d’une façon franche et loyale car Allah n’aime pas les traîtres. Que les mécréants ne pensent pas qu’ils Nous ont échappé. Non, ils ne pourront jamais Nous empêcher (de les rattraper à n’importe quel moment). Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier d’Allah vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés » (Sourate 8 – versets 58-59- 60).  Ainsi, il n’était guère écarté de faire usage des armes pour se prémunir contre les mécréants ou les châtier.

En effet, à Son dernier Prophète, Allah recommanda ce qu’Il n’avait demandé à aucun autre Messager. Le prophète Daouda(PSL), qui vainquit Goliath dans un combat singulier, ne fit d’autre victime que son redoutable adversaire. Le Prophète Souleymane (PSL) avait l’un des plus grands et puissants empires mais ne livra pas bataille avec la reine de Saaba qu’il a conquise autrement que par les armes. Même le prophète Insa (PSL), qui fit face à une redoutable adversité des Romains, ne reçut pas l’onction de mobiliser des hommes et de prendre les armes. Au Prophète Mouhamed (PSL), le Seigneur demanda de faire face. Si lui avait souffert durant sa vie, en perdant notamment des êtres chers, ses fidèles et adeptes n’étaient pas autant éprouvés, en dehors de la persécution que certains d’entre eux avaient vécue à la Mecque. «Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n’avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu’à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés: «Quand viendra le secours d’Allah?» – Quoi! Le secours d’Allah est sûrement proche » (Sourate 2 – verset 214).

Pourquoi une communauté, qui fait de l’amour et de la paix des chevaux de bataille, devrait prôner la guerre?

 

 

A lire chaque vendredi

Par Sidi Lamine NIASS

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