Dérives dans l’affaire SONKO : La cohésion nationale sous menace

Le Sénégal commence à flirter avec la ligne rouge. Les révélations sur des gendarmes et un policier qui seraient soupçonnés d’être des taupes d’Ousmane Sonko ont fait siffler quelques oreilles au sein de l’opinion. Car, si des forces de l’ordre sont accusés d’adresser de sérieux clins d’œil au leader de Pastef, c’est un sacré coup de canif à notre commun vouloir de vie commune.

 

Gros coup de canif sur la cohésion nationale. Cette chose extraordinaire que beaucoup nous envient, notamment à travers le cousinage à plaisanterie, est en train d’être saquée. En effet, à cause de cette histoire d’accusation de «viol» dont fait l’objet le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko, de nombreux sénégalais sont en train de franchir la ligne rouge.

Dans son édition d’hier, nos confrères du journal LeQuotidien nous apprennent que dans la vague d’arrestations des partisans du leader de Pastef/Les Patriotes, accusé de «viol» par mademoiselle Adji Sarr, des forces de l’ordre auraient été alpaguées. Le journal révèle qu’un policier et un gendarme, soupçonnés de fournir des informations et des renseignements à Ousmane Sonko, ont été arrêtés la semaine dernière et remis à la brigade prévôtale. Ce qui est un précédent dangereux pour notre démocratie. Car, de tels actes semblent prouver une querelle d’allégeance jusque dans les forces de l’ordre, après les épisodes des hommes de tenues avec des guides religieux, en plus de révéler que le pays est complètement divisé. Ce sur quoi les «Assises nationales», à l’époque nous mettaient en garde il y a presque dix ans. Mais aujourd’hui que ces principaux animateurs sont au banquet, toutes ces bonnes idées sont jetées à la poubelle.

Vrai ou faux, ces arrestations «dans les rangs» semblent démontrer la raison pour laquelle les Procès verbaux d’audition de l’enquête sont sur la place publique. Et nul ne connaît encore le niveau d’une telle conspiration qui risque de mettre l’Etat sur plusieurs fronts en même temps, à savoir le couvre-feu, les vaccins, les sympathisants de Sonko dans le système, les «infiltrés» ou «retournés», etc…Et ces développements montrent que la peur s’est installé chez certains ou a changé de camps.

Aujourd’hui, cette affaire de «viol» est allée trop loin avec les arrestations. Le saccage à Rufisque du domicile du président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale, Seydou Diouf le démontre suffisamment. Puisque la frousse doit s’emparer de nombreuses pontes du régime ayant joué un rôle dans cette affaire ou ayant tenté d’enfoncer le mis en cause dans les médias. Et même dans la Diaspora où Monsieur Sonko est très populaire et où étudient les enfants de certains barrons du système.

Il suffit de voir comment l’Etat a mis les forces de sécurité en alerte maximum, pour une simple histoire de viol, pour savoir que ce n’est pas que ça. Bientôt, on va encore arrêter à nouveau des journalistes pour leur demander leurs sources.

Quoi qu’il en soit, nous ne devons pas jouer avec le feu. Il faudrait que les plus hautes autorités essayent de calmer les esprits, de part et d’autre, pour sortir le Sénégal de cette turbulence. Car, force est de reconnaître qu’on a été excessif des deux côtés. Tout le monde a vu le pouvoir accélérer les procédures en fast-track dans le but ultime de liquider politiquement Monsieur Sonko qui est une terreur pour le pouvoir, lui qui a révélé de très gros scandales, même au sein de l’Assemblée nationale. Pourtant, des accusations pareilles, on en voit tous les jours dans les pays. Chez nos cousins gaulois, on a récemment vu des célébrités comme le journaliste Patrick Poivre d’Arvor (Ppda) être accusé de «viol» par Florence Porcel, de même que le politologue Olivier Duhamel, accusé de «viols et agressions sexuelles» sur son beau fils. Idem pour l’acteur, chanteur, réalisateur, producteur de cinéma, Gérard Depardieu. Des accusations niées par certains mais les enquêtes suivent leurs cours. Sans la moindre immixtion de l’Etat ou que des proches de Macron ne soient cités ou aient eu à y jouer une quelconque rôle.

Du côté du mis en cause aussi, l’on utilise la Casamance comme épouvantail dans cette sordide affaire. Le Sénégal est au dessus de toutes ces personnes. Et pour rien au monde, nous devons sacrifier ce commun bon vouloir de vie commune que Léopold Sédar Senghor nous a légués.

 

 

 

 

 

 

Seyni DIOP

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