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Donald, la grande tromperie des Etats-Unis

CHRONIQUE DE WATHIE

Les tirs sont devenus saccadés. Il ne se passe plus un mois, sans qu’une célébrité américaine ne présente celui que les Américains ont installé dans le bureau ovale de la maison blanche comme un « irascible », « un fou furieux ». Entre livres, tribunes et articles de presse, l’intelligentsia de chez l’Oncle Sam fracasse Donald Trump mais, se détache surtout d’un « instable » pouvant prendre la plus catastrophique des décisions. Et, la dernière fois que les Américains ont traité leur président « d’idiot et d’inculte », leurs bombes ont disloqué des Etats et dévasté des territoires.

 

Foulant du pied les règles les plus élémentaires du journalisme, le grand « New York Times » a émerveillé le monde en publiant au début de ce mois une tribune anonyme qui dézingue le président américain, Donald Trump. Reprise par les médias, la satire, qui n’est signée par personne, a fait le tour du monde, peignant la Maison blanche sous les traits d’un asile où les collaborateurs du maitre des lieux sont préoccupés à ne pas laisser la valise de commande nucléaire trop proche du président. Selon le « New York Times », l’auteur de la tribune, qui peut être n’importe qui, serait « un collaborateur au sein du pouvoir qui explique comment il s’efforce de lutter de l’intérieur contre les ‘pires penchants’ du président américain » qui est décrit comme un « irascible » psychologiquement dérangé. Avant cette surprenante et explosive tribune, c’est un immense journaliste, une référence dans de nombreuses universités américaines, qui se rappelait du beau vieux temps. Avec son livre « fear », dont 750 000 exemplaires ont été vendus en une seule journée, selon Le Figaro, Bob Woodward, puisqu’il s’agit de lui, rivalise avec un autre journaliste, Michael Wolff. Ce dernier, auteur de « ‎Fire and Fury : Inside the Trump White House », avait battu tous les records de vente en écoulant un million d’exemplaires en une semaine. Et comme l’indique le titre de leurs ouvrages, avec Donald Trump, il est question de « feu ».

 

Pourtant, ce Donald Trump qui polarise les inquiétudes et suscite l’indignation n’est pas une découverte pour l’Amérique. Bien avant son élection, le bonhomme débitait des insanités qui ont assis sa popularité. « Les Etats-Unis ont un problème : ce sont les musulmans (…) Il va falloir observer et étudier les mosquées parce que beaucoup de choses s’y disent (…) Je détesterais le faire mais c’est quelque chose qu’il va falloir sérieusement envisager (leur fermeture). Il y a une haine absolue qui provient de ces endroits. Cette haine est plus grande que ce que tout le monde imagine », disait Trump, alors candidat républicain pour l’élection présidentielle de 2016. Considérant l’Islam incompatible avec les valeurs américaines, Donald Trump ne se montre pas plus futé en parlant du voisin mexicain. « Quand le Mexique nous envoie ses gens, il n’envoie pas les meilleurs éléments. Ils envoient ceux qui posent problèmes. Ils apportent avec eux la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs », affirmait-il.

Nonobstant ces sorties virulentes, qui semblent pourtant ne lui avoir pas coûté l’électorat des musulmans et des Mexicains naturalisés, Donald Trump a été élu président des Etats-Unis. Une élection toute somme prévisible. Dans une chronique, ici-même, à plusieurs mois de la présidentielle américaine, nous vous indiquions pourquoi l’Amérique allait élire Trump. Après que Barack Obama a souri pendant huit ans au monde entier, les Etats-Unis envisagent de rebattre les cartes. Une mission périlleuse que seul un « fou furieux », sobriquet qui avait déjà collé à Georges Bush, peut dérouler.

Faut-il avoir peur pour le monde ?

Donald Trump fait revivre l’industrie du livre aux Etats-Unis. Et si les pages le présentant comme un « malade » se multiplient, c’est pour, d’une part, justifier ses actions de défiance et, d’autre part, détacher les Américains des actes qu’il pose en leur nom.

En effet, en deux ans, Trump a presque reconquis le territoire « perdu » par les Etats-Unis et leurs alliés. 6 décembre 2017, reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, puis, le 14 mai 2018 transfert effectif de l’ambassade des USA en Israël à Jérusalem. Et, dernièrement, annulation des aides américaines destinées aux Palestiniens et fermeture de la délégation générale de la Palestine à Washington. Avant de frapper si rudement les Palestiniens, Donald Trump, qui s’est rendu en Arabie Saoudite en mai 2017, a semé les germes de la division au sein des Etats musulmans. Coïncidence ou coup fomenté, quelques jours après sa visite, l’Arabie Saoudite, qui pilonne à longueur de journées le Yémen, est partie en croisade contre le Qatar. Donald Trump, comme il l’avait annoncé avant de se faire élire, va également s’en prendre aux Mexicains. Sous la bénédiction de son administration, plus de 2000 enfants ont été séparés de leurs parents et reconduits manu militari à la frontière avec le Mexique. Ce, après avoir, dans le cadre d’une politique dite de tolérance zéro, sommé plusieurs pays, dont le Sénégal, de « récupérer » leurs citoyens résidant illégalement sur leur territoire. Pendant ce temps, la Corée du Nord fait l’objet de la plus grande délicatesse. Malgré les essais nucléaires que Kim Jong-Un se plait à multiplier, l’Amérique lui attache une considération toute soudaine qui pousse Donald Trump dans les bras du leader nord-coréen.

« Personne n’a jamais fait ce que nous avons fait en deux ans et vous me dites qu’une source anonyme de mon administration aurait dit tout cela. C’est probablement pour de mauvaises raisons. Le New York Times fait encore preuve de faiblesse. Et quand je ne serais plus président, dans six ans et demi je l’espère, le New York Times ne sera plus là ». Cette réponse de Donald Trump à la tribune anonyme qui l’accable montre un président qui ne craint guère d’être débarqué. Avec un bilan que la majorité des Américains approuvent, Donald Trump, comme Georges Bush, pose des actes qui peuvent être honnis ailleurs mais qui arrangent bien ses concitoyens. S’il faut avoir peur, c’est pour le reste du monde. Car, le «fou furieux », qui a déjà annoncé la couleur, est susceptible de déclencher la prochaine grande guerre. « NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT », a écrit sur Twitter Donald Trump, s’adressant à son homologue iranien.

Pour les Américains, il coexiste un président qui enchaine les « conneries » d’une part un peuple démocratique qui n’a rien à voir avec ses actes d’autre part.

 

 

Mame Birame WATHIE

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