Elections de représentativité syndicale : un scrutin émaillé de couacs

Au building communal de Dakar, deux hommes désorientés cherchent des bureaux de vote. Ousmane Ndiaye et Malick Diop sont des enseignants. Ils viennent de la mairie de Dakar où ils devraient voter, comme l’indiquent leurs délégués syndicaux. Malheureusement, ils ont constaté que leurs noms ne figurent pas dans les listes. Ils ont presque fait le tour de ce centre de vote pour espérer retrouver leurs noms dans un bureau de vote. En vain. Le chef de centre de la mairie de Dakar les oriente au building communal. «Je suis déboussolé. Je devais sacrifier à ce vote au niveau de la mairie de Dakar. Maintenant, on nous fait valser de gauche à droite», peste M. Ndiaye. Frustré, son collègue, Malick Diop, souligne qu’il s’est résigné à voter. «Cela ne veut plus la peine de voter. Je n’ai jamais vue une élection aussi mal organisée. Aucune communication n’a été faite par les organisateurs. Les électeurs sont laissés à eux-mêmes», peste-t-il.

Au centre de vote de la mairie de Dakar, c’est le même constat. Ici, ce n’est pas l’ambiance des jours de vote qui y règne. Le public est maigre. Dans la cour, on a trouvé des électeurs en colère. On vient de leur signifier leur omission sur les listes électorales. Modou Diagne, la cinquantaine révolue, est furax. «Comme d’habitude, je vote dans ce centre au bureau 4. Malheureusement, mon nom ne figure pas sur la liste. Je suis obligé maintenant d’aller au building communal puisque, souvent ce sont les électeurs de ce centre qui y seront ventilés. L’organisation a été très mal faite. Personne ne maîtrise le processus de vote», peste-t-il.

Recours du Saes  

Des impairs, il y en a à foison dans ces élections qui mobilisent plus de 248 mille travailleurs pour départager les 14 centrales en lice. D’ailleurs, ces manquements ont mis le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes) dans tous ses états. Son secrétaire général, Malick Fall, qui a constaté que beaucoup d’enseignants sont omis, affirme qu’il va saisir la Justice par le biais d’un recours. «Ce qui ce passe est anormal. Nous allons prendre un huissier de justice et un avocat pour faire constater ce manquement afin de traduire en justice l’organisateur, le ministère du Travail et du Dialogue social. On a constaté que 75 % des enseignants ne sont pas sur les listes électorales, alors que l’Ucad compte environ 1 500 enseignants, 1 300 personnels administratifs et techniques ainsi que des services (Pats) et des personnels de sécurité», fulmine M. Fall. Qui ajoute : «Nous sommes en train de vivre non pas des élections de représentativité, mais une véritable mascarade électorale», a-t-il fustigé.

En outre, le successeur de Khalifa Ababacar Ndiaye à la tête du Saes affirme que toutes les procédures pour que ses collègues votent ont été faites à leur niveau.  

En dehors des omissions, beaucoup d’électeurs n’ont pu voter. Parce qu’ils ne sont pas munis de leur bulletin de salaires. Pour ces élections de représentativité, des centrales syndicales comme la Cnts, l’Unsas, la Csa et la Cnts/Fc doivent confirmer leur leadership. Cette année, chaque centrale doit obtenir au moins 10 % des suffrages valables exprimés pour espérer négocier avec le gouvernement, contrairement à l’élection de 2011 où on devait avoir, du point de vue de la domination, la hiérarchie des centrales syndicales.

 

 

Walf Quotidien

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