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Grâce présidentielle accordée à Karim WADE : FAIT DE L’ANNEE 2016

 36% des internautes de www.walfnet.com, qui ont réagi à notre sondage, désignent la grâce présidentielle accordée à Karim WADE  comme le fait de l’année 2016.

 

RETOUR SUR UNE AFFAIRE POLITICO-JUDICIAIRE QUI A TENU EN HALEINE LES SENEGALAIS PENDANT PRESQUE QUATRE ANS.

 

Dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juin, le fils d’Abdoulaye WADE, président du Sénégal de 2000 à 2012, sort libre de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss à Dakar. Il venait de boucler 3 ans de détention, la moitié de sa peine de six ans prononcée le 23 mars 2015 par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).  

Le président de la République, Macky SALL accorde une grâce à Karim WADE. Le document est daté au 24 juin 2016.

 

Le magazine jeune Afrique raconte sa sortie de prison

« Jeudi 23 juin 2016. Dans sa cellule de la prison de Rebeuss, à Dakar, Karim Wade est déjà couché quand le colonel Daouda Diop, directeur de l’administration pénitentiaire, et le directeur de la maison d’arrêt, Lamine Diop, font irruption, vers 22 heures. «Vous serez libéré cette nuit», lui annoncent les deux officiels. Depuis trois semaines, au Sénégal, les rumeurs vont bon train. Le 2 juin, interviewé par Rfi, Macky Sail a laissé entendre que la libération du prisonnier le plus célèbre du pays pourrait intervenir «d’ici à la fin de l’année». Le 16 juin, une première tentative avait tourné court.  Relayée prématurément par les médias, elle avait drainé vers le parking de la prison et vers son domicile du Point E une foule de «karimistes» pressés d’acclamer leur héros. Pour le régime, pas question de laisser la libération de l’ancien «ministre du Ciel et de la Terre», condamné à six ans de prison en mars 2015 pour «enrichissement illicite», virer au triomphe. Vers 23 heures, les deux hommes sont de retour dans la cellule, accompagnés d’un agent du ministère des Affaires étrangères équipé d’une valise métallique imposante. «Ils l’ont informé qu’ils avaient ordre de lui établir le soir même un passeport diplomatique», assure un proche de Karim Wade. Les photographies d’identité et la prise  d’empreintes digitales sont donc effectuées dans la prison de Rebeuss, à quelques dizaines de minutes de sa libération. «Ils ont fait de lui, en une nuit, leur ambassadeur au Qatar», ironise l’un de ses amis en évoquant ce passeport diplomatique inattendu – que Jeune Afrique a pu consulter. La suite est connue (voir JA nO 2894, du 26 juin au 2juillet).Vers1h30 du matin, soucieuses d’éviter un attroupement populaire et la curiosité des médias, les autorités sénégalaises lancent un leurre. Tandis qu’un 4 x4 aux vitres teintées s’engouffre à vive allure sur la corniche ouest, qui borde la prison de Rebeuss, c’est dans le véhicule du directeur de la maison d’arrêt que Karim Wade est discrètement exfiltré de son lieu de détention, via une porte dérobée. Empruntant les ruelles des quartiers populaires de Gueule-Tapée et de la médina, le véhicule gagne ensuite la route de Ouakam pour arriver finalement aux Almadies, chez l’avocat Madické Niang, ancien ministre et homme de confiance d’Abdoulaye Wade, très introduit à Touba, la capitale du mouridisme. Le temps de recevoir les bénédictions adressées, via son fils Serigne Moustapha Mbacké, par l’autorité religieuse la plus influente du pays, et Karim Wade reprend la route jusqu’au tarmac de l’aéroport, où l’attend un jet affrété par les autorités du Qatar. Il est accueilli par le procureur général de l’émirat, tandis que les autorités pénitentiaires sénégalaises l’escortent jusqu’à la passerelle, comme les videurs d’une boîte de nuit raccompagneraient un client indélicat. Fin du premier acte. Dès le lendemain matin, face à l’effervescence médiatique, le ministre de la Justice, Sidiki Kaba, donne une conférence de presse. Karim Wade est-il parti au Qatar de son plein gré? A-t-il fait escale à Paris, où résident ses parents et ses trois filles, orphelines de mère? «Une fois gracié,Karim Wade est libre d’aller où il veut, au Sénégal ou ailleurs. Si vous voulez savoir où il se trouve, allez lui poser la question», répond le garde des Sceaux aux journalistes. Cette fin de non-recevoir ne décourage pas les médias sénégalais, curieux de savoir quel accord a pu être- noué entre le Sénégal, le Qatar et l’entourage de Karim Wade ».

 

 

Pendant plus d’une quinzaine de jours, il n’est question que de la libération de l’ancien ministre.   

Coordonnateur du Forum Civil :

« Je crois qu’il n’y a pas de lisibilité. Comment replacer le PDS ? Parce qu’il me semble qu’il y a eu des discussions dans cette libération. WADE l’a dit. Ce n’est pas Idrissa SECK. Idy est dans son rôle d’opposant. Il subodore un deal et il le dénonce. C’est Abdoulaye WADE qui dit qu’il n’y a pas d’humanitaire et qu’il dira tout en son temps. Aujourd’hui, sur le dossier de Karim WADE, par rapport au droit à l’information du public, il n’y a que la voix d’Abdoulaye WADE, qu’on a défait pour installer Macky SALL. Macky doit aux Sénégalais des explications« , déclare

 

 

 

 

 

COULIBALY, Secrétaire-général du gouvernement

 

«Les gens qui ont connu tout le processus par lequel Karim WADE est sorti de prison le savent. Je le certifie sur l’honneur que sa sortie est voulue par le président de la République, mais assise sur la demande et la démarche d’abord de sa famille. Egalement, par la demande d’autres personnalités de ce pays » 

 

 

 

 

Amadou SALL, un des avocats de l’ancien ministre Etat

 » Karim WADE s’il le voulait demain il serait au Sénégal, il a la liberté de ses mouvements. Il ne le fait pour une seule raison. On lui a imposé des conditions, il a donné sa parole qu’il respectera un certain nombre de conditions. Karim WADE n’a absolument rien signé. Il y avait une insistance pour qu’il signe une demande de grâce, il a dit si je le fais je trahirai mon père »

 

 

 

 

 

Matador, rappeur 

« Je pense qu’on a menti au peuple. La vérité n’a jamais été dite dans cette histoire. Ceux qui l’ont fait ne respectent pas les Sénégalais. Le peuple a été bluffé. L’arrestation de Karim WADE, les enquêtes, l’argent investit dans ces enquêtes et ce procès, le temps perdu, tout cela n’a servi à rien du tout. Karim WADE a volé, il n’a pas volé ? Le débat est là. L’opinion a été manipulée et on continue de nous mentir. Cela devait être révolu »

 

 

 

Sadibou KEITA , ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS)

«Je n’ai rien contre lui, mais il était en prison avec des milliers d’autres Sénégalais(…) Nous avons des grands délinquants et on trouve des artifices pour les sortir de prison, amnistie ou grâce, ce n’est pas sérieux (…) C’est une oligarchie qui a ses réalités. C’est des gens d’une même famille. Ils vont faire tous les accords à leur convenance et c’est tout à fait normal qu’ils s’entendent sur quelque chose par rapport à Karim Wade. Le projet contient Karim Wade et l’avenir de toute cette catégorie de politiciens affairistes qui sont là tout simplement pour jouer de situations et d’événements afin de construire leur projet et se mettre toujours à nous gouverner. C’est un jeu d’une même famille qui se poursuit»

 

 

Si la libération de Karim WADE a déchainé toutes les passions, c’est que son procès et la procédure qui y a mené ont mobilisé toute la République pendant de nombreuses années. Le président Macky, la gestion sobre et vertueuse en bandoulière, a mobilisé les Sénégalais sur ce qui sera appelé « la traque aux biens mal acquis ».  A ce propos, Mandiaye GAYE, contributeur assez régulier, notait :

« En vérité, la libération de Karim Wade est l’expression achevée et la matérialisation parfaite d’une justice de classe. Elle prouve, à suffisance, que la lutte des classes est bien réelle et encore plus actuelle aujourd’hui que jamais, même si l’on tente de la masquer. Sinon, pourquoi Macky Sall n’a pas libéré, pour les mêmes raisons, les milliers de pauvres voleurs, prisonniers de droit commun, comme Karim, qui croupissent encore en prison et, dont les délits sont infiniment moins graves que celui d’un auteur de vol reconnu, de plusieurs milliards à notre pays. Si, c’est pour des raisons réellement humanitaires, pourquoi alors, les pauvres aussi n’en bénéficient pas ? Non, c’est loin de là ! C’est plutôt, pour retrouver les siens par solidarité de classe, dans le but de se partager le pouvoir, de continuer à exploiter les pauvres citoyens et gérer eux-mêmes le pays, pour eux seuls. Et, ce ne serait pas totalement faux de dire que cette libération rocambolesque de Karim Wade, en catimini et nuitamment, est bien une affaire de connaisseurs et de spécialistes bien rodés aux combines, comme savent le faire les opérateurs habitués aux coups fourrés.

Voilà pourquoi, nous appelons vivement à un sursaut national de dignité et de responsabilité les forces vives et de progrès de la nation, afin qu’elles apportent une riposte à la hauteur de celle du 23 juin 2011. Une riposte, tout à fait à la mesure de ce camouflet que Macky Sall nous a fait à travers cette libération rocambolesque de Karim Wade, dans l’irrespect et le reniement total de tous ses engagements pris le 25 mars 2012. Ainsi, pour commencer, nous avons, avec les prochaines échéances telles que les législatives de 2017 nous en donnent une belle occasion et opportunité, d’exprimer toute notre insatisfaction à Macky Sall. Une expression concrète, qui se traduirait par une sanction exemplaire contre sa gestion décevante et loin de nos attentes, comme elle le fut contre son mentor en 2012.

Par ailleurs, sur un autre plan, peut-être moral, il y a cette gifle scandaleuse qui frôle le mépris et que Karim a administrée à tous ceux qui se sont battus à cor et à cri pour sa libération. Tous ces gens qui ont tout donné et sacrifié comme par exemple leur temps, leur liberté et même leur vie, rien que pour la libération de Karim Wade. Tout le monde est témoin, que ces derniers n’ont même pas eu droit à un petit salut, après la sortie de leur champion, à plus forte raison une reconnaissance de sa part, par un geste de gratitude envers ceux-là. Et pourtant, ne voilà-t-il pas parti aussitôt après seulement quelques heures de sa libération, vers ceux-là qu’il considère réellement comme des personnes dignes et respectables ou plus exactement ses vrais égos, en lieu et place de simples fans et inconditionnels, fous de lui ? Surement, pour lui, toutes ces personnes qui s’agitent autour de lui et pour lui ici au Sénégal ne méritent pas sa considération, puisqu’elles ne cherchent, en fait, que des subsides auprès de lui, comme le salaire de leur soutien. Mais, logiquement et par respect, Karim n’aurait-il pas dû retarder son voyage de quelques heures seulement, voire 24 heures, pour dire un grand merci à tous ces gens qui s’étaient mobilisés pour le défendre, depuis le premier jour, même en l’absence de ses propres parents, tranquillement restés en France. C’est désolant que des gens responsables puissent s’abaisser devant quelqu’un qu’ils considèrent, à tout point de vue, comme supérieur à eux en tout.

Je suis convaincu que certains à ma place auraient dit, tout simplement, c’est bien fait pour eux ! Car, pour s’être conduits comme des dougourous et moins que rien devant Karim, ils n’ont que ce qu’ils méritent et bien voulu. Espérons, vivement en tout cas, que tous ces gens prendront date et conscience à partir de maintenant, pour abandonner à l’avenir un tel comportement à l’égard de n’importe qui d’ailleurs.

C’est vraiment une triste fin de l’un des épisodes les plus sombres de cette affaire de traque des biens mal acquis. Une affaire d’enrichissement illicite qui a été couverte de honte de bout en bout, en fin de compte, parce qu’elle fait l’objet depuis trois ans de tractations et deals au sommet de l’Etat. Et malheureusement, le tout, totalement au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation.  Nous constatons que notre trésor public est devenu une vache à lait en faveur d’une certaine catégorie de citoyens politiciens. Ces derniers, bien insérés dans les rouages du pouvoir passé comme présent, se considèrent, sans doute, au-dessus de nos lois. Et ce dénouement de la traque des biens mal acquis, signe d’une capitulation du pouvoir devant les puissances d’argent, ne fait que confirmer ainsi qu’au Sénégal, à l’ère des alternances, les riches, les bourgeois, les aristocrates et leurs complices en haut lieu, même voleurs reconnus, bénéficient, toujours et totalement,  de l’ impunité »

 

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